J’ai vraiment stressé, il fallait faire vite car le gaz coulait de partout…

Crédit photo : Daniel Mailhot

André Boissonneault pourrait écrire un livre sur ce qu’il a vécu aux courses.

  Aujourd’hui à 65 ans, M Boissonneault est à la tête d’une compagnie de service de remorquage Boissonneault, des plus prospères avec une flotte de 26 camions. 

  Le nom Boissonneault est associé à l’autodrome Granby depuis belle lurette. En réalité c’est depuis 1979 que M. Boissonneault est la personne toute désignée pour le service de remorquage lors des courses sur terre battue. Un début modeste avec un seul camion à l’époque où Marcel Guillemette était propriétaire du Rebel Speedway. 

  Son attachement pour les courses, il le doit à son père Jean l’amenant aux courses et ce, dès l’âge de 5 ans. À l’âge de 12 ans, André réussit à convaincre le pilote du bolide 397 Robert ‘Bob’ Gatien un ‘Top Runner’ de l’époque à devenir membre de son équipe afin d’entretenir sa voiture.

  À l’âge de 15 ans, M. Boissonneault a sa propre voiture de course lors d’un essai dans les rues avoisinantes. Ce dernier s’est retrouvé dans une drôle de position à côté de la route. Il se souvient que Robert Gatien lui avait dit à la blague, «Je pense que tu n’es pas fait pour courir André». Pendant 2 saisons c’est un autre pilote qui a conduit sa voiture en Gilles Marin un des mécanos dans l’équipe de Gatien.

  Peu de gens le savent, mais M. Boissonneault a aidé à bâtir la grande estrade que l’on retrouve aujourd’hui à l’autodrome Granby qui venait de la défunte piste de Mont-Laurier.

  La cause Mira

  C’est avec cœur et passion que M. Boissonneault a tenu à bout de bras l’événement Défi Mira pendant 32 ans déjà. Pour ce faire en 1987, il a dû convaincre le propriétaire du Granby Rebel Speedway sur la rue Cowie, Robert Gratien de la pertinence d’un tel événement. Pour ce faire, il a dû préparer des voitures sécuritaires pour l’occasion. Aujourd’hui, son fils Jean prend la relève afin d’avoir une quarantaine de voitures sur la piste qui en fait le plus gros événement jamais égalé dans le monde des courses soit de faire courir des aveugles. M. Boissonneault est fier de cet événement et pour cause, ça se veut son bébé!

  Saviez-vous que M. Boissonneault a déjà remporté 2 championnats de course pour aveugle à l’autodrome Rive Sud dont le propriétaire était Raymond Desilets, avant même que le défi vision Mira à l’autodrome Granby existe? M. Boissonneault agissait comme co-pilote pour Jean-Paul Guay à bord d’une Pinto rouge. Malheureusement l’année suivante suite à un incident sur la piste le championnat de course pour aveugle, cela a pris fin abruptement.

Son fils Jean prend maintenant les rênes avec brio de l’entreprise familiale.

Questions

  Les courses votre grande passion?

Lorsque que je vois mon petit-fils Benjamin 16 ans à bord d’un Slightshot et également Anthony 5 ans seulement qui fera ses début en Slightshot, cela me passionne.

Vous avez été témoin d’accidents spectaculaires?

  En 1997, un accident impliquant plusieurs pilotes de 3 étages. M. Boissonneault mentionne, «J’ai vraiment eu peur pour Robert Ranger, Mario Potvin, David Hébert pour ne nommer que ceux-ci. J’ai vraiment stressé, il fallait faire vite car le gaz coulait de partout».

«Le 4 juillet 2011 lors de l’accident du Sprintcar Américain qui est passé par-dessus la grande clôture de l’autodrome Granby pour atterrir sur ses 4 roues.

Il y a eu aussi de mémoire en 1970, le pilote Modifié Américain qui a passé tout droit pour se retrouver tout près de la rue Cowie, une voiture démolie. Il n’a pas eu le choix de la vendre à Jeannot Racine. Il y en a eu tellement, la liste serait longue.

L’incident Pierre Metivier et Bob Gatien, ce dernier est venu percuter le signaleur de l’époque, Bernard Bouffard.

La saison dernière lors de la série Big Block avec les Américains, un accident impliquant plusieurs voitures. Le pilote américain Ryan Godown est venu me remercier personnellement pour lui avoir manipulé sa voiture avec soins, il a pu reprendre la finale. Il y a tellement eu d’incidents et d’accidents que je pourrais t’en parler pendant longtemps»

Quel a été un des plus beaux duels?

Le duel Réal Ledoux à bord de Mach 1 et Guy Leclerc dans le 08 en Recent Model. Un duel organisé, ils étaient les deux seuls sur la piste, mais je ne me souviens plus qui avait gagné? En blaguant.

Le pilote le plus gentil?

Steve Poirier et Claude Brouillard même impliqué dans des accidents jamais il ne se plaint.

Les pilotes de l’époque?

J’ai aimé l’époque des Léo Bergeron, Bert Beaudoin, Jacques Lalancette, Renaud Gosselin et de Bob Gatien.

Pour vous c’est quoi être un bon pilote?

Être en mesure de transmettre comment la voiture se comporte sur la piste. Bob Gatien avait ce dont il savait ce qu’il faisait, il était l’un des meilleurs techniciens de l’époque.

M. Boissonneault n’a pas à rougir, bien au contraire, de sa qualité et de son efficacité. Son travail de remorquage fait l’envie de plusieurs pistes Nord-Américaines.   Je tiens à remercier M. Boissonneault de m’avoir accordé cette  courte entrevue!

M. Boissonneault a toujours le cœur à la bonne place.  À titre d’exemple, dernièrement pour remercier les employés du Centre hospitalier de Granby pour les services rendus à sa conjointe Diane en dialyse et dans le cadre de la lutte au Covid-19, une parade devant l’hôpital a été organisée comme en témoigne ce vidéo.

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Steve Brillant
Chroniqueur / Photographe
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