Périple à Dover

Crédit photo : Francois Richard

Je dois avouer que faire autant de route pour assister à une course de la coupe « Monster Energy » qui est finalement annulée à cause de la pluie est un peu frustrant. L’épreuve qui devait avoir lieu le dimanche à été reportée au lendemain. Mais bon, cela fait partie du risque et il faut vivre avec.

N’empêche que nous avons été quand même vraiment choyés les deux journées précédentes surtout celle du vendredi où nous étions en première ligne pour assister aux exploits du jeune Beauceron Raphaël Lessard.

Un long trajet…

Le circuit de Dover n’est pas à côté. À partir de Québec, on peut compter environ 5 heures de route pour aller à Loudon au New Hampshire, ajoutez-en 7 de plus pour aller à Dover au Delaware. J’ai eu l’occasion de rencontrer sur place plusieurs « trippeux » de NASCAR qui ont fait le voyage soit en autobus ou encore d’une seule « traite » en voiture. Certains sont partis dans la nuit de jeudi à vendredi parce qu’ils tenaient absolument à assister à la course de la « Gander Outdoors Truck Series ». Je pense dans l’ensemble qu’ils n’ont pas été déçus.

Nous avons donc pris la route vers 10 heures jeudi matin après avoir été récupérer notre véhicule de location. Une chance que la compagnie de location de voitures était en rupture de stock pour les berlines car sans le SUV que nous avons eu en échange, nous n’aurions pas été en mesure de placer tout l’équipement des photographes dans la valise de la bagnole. Si vous pensez que votre charmante épouse voyage avec beaucoup de valises, ne partez jamais en vacances avec des photographes. Leur valise ne contient pas beaucoup de vêtements comparativement à tout l’équipement pour prendre des photos qu’ils apportent avec eux. Quand on part quelques jours en vacances c’est aussi important des bas de rechange que de l’équipement photo selon moi.

Nous sommes donc arrivés vers l’hôtel au toit rouge vers 22 heures du soir. Nous avions ma foi une chambre avec très peu de commodités. Une chance que nous avions une grosse « Power bar » pour recharger la pléiade d’appareils électroniques que nous avions avec nous, sinon on aurait été dans le pétrin.

La première journée…

Après une courte nuit mais assez longue pour recharger nos batteries, nous nous sommes levés vers 6h30 pour prendre la route vers le Dover International Speedway. S’il est vrai que les photographes n’ont pas beaucoup de vêtements dans leur valise, il est aussi vrai que les chroniqueurs ont un long processus de préparation le matin en se levant. Il y a quand même une certaine routine à respecter et ce, que l’on soit à domicile ou sur la route.

Vers 9h15 nous avons pris possession de nos « Hot pass » ainsi que de nos accréditations médias. Après avoir trouvé par hasard le stationnement média qui n’en était pas vraiment un, nous nous sommes dirigés vers la porte d’entrée #12 pour l’inspection en règle nous permettant de prendre la passerelle accédant au centre du circuit. Contrairement à la grande majorité des pistes de NASCAR, il n’y a pas de tunnel pour aller au centre de la piste (s’il y en avait un, on ne l’a jamais trouvé).

L’emplacement du complexe est particulier, il est entouré de commerces, d’un casino, d’un hôtel et longe l’autoroute 1. C’est comme si à Québec nous aurions un piste de course juste à côté de place Laurier. Assez particulier de voir un complexe de la sorte en plein milieu d’un quartier commercial. Après avoir traversé la passerelle on se retrouve directement sur une piste de course de chevaux. Ce genre de configuration fait en sorte que l’aménagement au centre de la piste est un peu bizarre, pour ne pas dire « du gros n’importe quoi! »

On demande donc à un responsable de la sécurité de nous indiquer le chemin pour la salle de presse puis à un deuxième. On était un peu perdus car les deux ne nous donnaient pas le même chemin. Mais étant donné que nous étions sur un ovale nous étions pratiquement certains d’arriver à la bonne place car comme on dit tous les chemins mènent à Rome. On doit avoir passé deux fois devant sans avoir vu la fameuse salle, car celle-ci était plus basse que la piste de chevaux et on ne la voyait pas. Il était 9h56, il restait quatre minutes avant la réunion des photographes qui permettait d’obtenir le dossard pour avoir le droit de prendre des photos. Gare à toi photographe délinquant qui traîne trop d’appareils photos sans avoir le dossard!

Après s’être installés dans la salle de presse, nous nous sommes déplacés vers les garages des camionnettes à la recherche de la remorque de Raphaël Lessard que nous n’avons malheureusement pas trouvée du premier coup (on a l’air perdu un peu je sais). Nous nous sommes donc dirigés vers la ligne des puits pour prendre quelques photos mais aussi pour assister à la qualification de la série « Gander Outdoors Truck ». Quel sentiment de fierté de voir un gars de chez nous offrir une telle performance en prenant le 7e rang sur la ligne de départ.

Dans l’après-midi nous avons finalement réussi à trouver la remorque de l’équipe #46 de Kyle Busch Motorsports. Même si la série de camionnettes est la troisième division de NASCAR, je peux vous garantir que l’argent investi est énorme. Nous avons eu la chance de discuter quelques instants avec Carol Lagacé ainsi qu’avec François le père de Raphael. Je dois sincèrement remercier Carol de nous avons permis d’entrer dans la remorque. Il faut l’avouer, le cours moment dans lequel nous avons été là nous a fait « tripper » solide. Chaque centimètre de la remorque est utilisé au maximum. L’équipe KBM avait quatre équipes en action avec chacune deux camionnettes à sa disposition. Nous avons vu d’un coup d’œil Raphael dans le salon au fond de la remorque en train de se reposer pour être prêt pour l’épreuve tenue en fin de journée.

Et la course maintenant…

Ce n’est pas vraiment évident d’être bien positionné au centre du circuit pour avoir une bonne vue d’ensemble car la piste de course de chevaux vient nuire énormément à la configuration du centre. Dover est à des années lumières de ce que Loudon peut offrir. Pour les médias, certains lieux d’observation étaient mis à notre disposition pour prendre des photos ou tout simplement avoir une meilleure vue. Mais même, encore là, impossible d’avoir une vue d’ensemble. Au début de la course, je me suis positionné à l’entrée du virage un pour avoir une vue spectaculaire sur le départ et les premiers tours. Ensuite je me suis dirigé vers l’entrée de la ligne des puits pour m’installer sur une butte tout juste derrière le « Pitstall » de l’équipe #46 de Raphaël Lessard. C’était impressionnant de voir les parents de Raphaël assister avec attention aux exploits de leur fils. Son père François semblait très nerveux. Il voulait tellement un top 10 pour son garçon. J’ai même vu Mario Gosselin venir saluer le père de Raphaël et rester pendant plusieurs tours non loin de moi à regarder la course. Vers la fin de l’épreuve, Lessard était dans le top 10 mais un jaune à la fin suivi d’une relance sur la ligne extérieure est venue gâcher la fête en laissant Lessard prendre la onzième position.

Dans les garages on pouvait sentir la déception de ne pas avoir été dans le top 10 surtout après avoir passé aussi proche. Raphaël est sorti de la remorque d’une réunion avec son chef d’équipe et il semblait plus que satisfait de sa performance surtout sur un circuit aussi difficile que Dover. D’ailleurs il a avoué qu’il s’en promettait toute une pour sa prochaine course à Bristol plus tard cette année.

Apres une longue journée forte en émotion nous avons repris la route vers notre hôtel au toit rouge situé à Christina à environ 40 minutes du Dover International Speedway.

Un samedi Xfinity

Après un copieux déjeuner à l’arche dorée, nous nous rendîmes d’un air certain dans le Fan Zone pour rencontrer quelques passionnés québécois, histoire de prendre quelques photos mais aussi d’entamer une bonne discussion entre hommes sur le NASCAR. J’ai rencontré Richard Durand un passionné du NASCAR qui avait beaucoup de choses à nous raconter, ajoutez à la conversion Sylvain Fournier, François Verville et Christian Bergeron et tous les ingrédients étaient réunis pour une conversation plus qu’intéressante.

Par la suite, j’ai passé le restant de l’avant-midi à visiter les alentours du circuit histoire de tenter de découvrir quel est le mythe entourant ce fameux Dover International Speedway. Je dois avouer que la statue du monstre est vraiment impressionnante. Le fan zone est sur la coche. J’ai bien aimé la présence du musée Winston qui avait apporté avec lui quelques voitures antiques ayant marqué l’histoire du stock-car américain.

Ensuite direction milieu de la piste pour assister à l’avant-course de la série Xfinity. Le vendredi et le samedi nous en avons marché un méchant coup. Sérieusement, j’avais l’impression que le circuit était fait pour les amateurs et que les médias étaient laissés pour compte et c’est bien parfait ainsi.

Je me suis positionné à différents endroits à l’intérieur pour avoir des vues différentes de la course, qui soit dit en passant n’était pas très excitantes. Après l’épreuve, go dans la salle de presse pour rédiger mon article et le publier le plus rapidement possible histoire de prendre une petite soirée relaxe. Rendu dans la voiture, prêt à décoller, je m’exclame « Hey les gars, je le sais où on va aller souper …. au Hooter’s ». Alors direction le Hooter’s le plus près, le royaume des ailes de poulets obèses et des serveuses dont les attributs défient la loi de la gravité. Je vous jure, 10 ailes de poulets au Hooters équivaut facilement à 24 ailes d’une célèbre chaîne québécoise reconnue pour la présentation d’évènements sportifs. On nous a apporté le menu des bières exotiques, bon mettons que l’exotisme était plus ailleurs que dans le menu des bières. Quel est votre meilleur ami quand vous mangez des ailes de poulets aux Hooter’s? Le gros rouleau d’essuie-tout situé au bout de la table. Si vous n’avez pas ça, vous êtes foutus! J’ai aussi été très surpris de voir des petites familles sur place, mais bon j’imagine qu’il faut être de son temps.

Ensuite rendus à l’hôtel l’inquiétude nous gagna car la météo du lendemain n’était guère réjouissante.

Dimanche jour de pluie

J’avais prié les dieux de la course avant de me coucher samedi soir de bien gâter dame nature pour que celle-ci soit plus clémente le dimanche de la présentation de la course de la coupe « Monster Energy ». Eh bien les dieux n’ont pas exaucé mes vœux. Il a mouillée pratiquement toute la journée, lorsqu’un court répit se présentât en après-midi, NASCAR a rapidement asséché la piste. Vers 16h les voitures ont à peine fait quelques tours de formation avant que la pluie recommence et que la course soit finalement remise au lundi.

Durant la cérémonie d’avant-course j’étais à proximité de la légende vivante Richard Petty qui avait l’honneur d’annoncer le « Gentleman Start Your Engine ». Quel grand homme qui prenait plaisir à signer des autographes et à se faire prendre en photo avec les fans. J’en ai d’ailleurs profité pour prendre quelques clichés de Petty du mieux que j’ai pu.

Après l’annulation de la course, direction stationnement où nous attendait une longue file d’attente pour quitter le complexe motorisé. Direction le « Big Apple » en compagnie de mon amie « Ok Google » qui nous a conté de savoureuses blagues comme seule elle peut le faire. Nous en avons aussi profité pour écouter de grands succès québécois dont un de nos compagnons de voyage était trop jeune pour se rappeler. Il était malheureusement impossible pour nous de rester pour l’épreuve du lundi.

Finalement le lundi matin nous avons repris la route vers la belle province avec le sentiment du devoir accompli, mais aussi en ayant vécu une belle expérience. On a dépensé 75$ US juste en poste de péages, c’est vrai l’essence est moins chère là-bas, mais ils se reprennent ailleurs! J’en profite pour remercier 360nitro.tv de nous permettre de vivre de tels évènements mais aussi le compagnon Claude Prud’homme qui a travaillé très fort pour nous aider à obtenir nos accréditations. Merci aussi à Christian Bergeron pour le coup de main et salutations à toute l’équipe de Raphaël Lessard, des vrais de vrais!

Crédit photos : Francois Richard

Que les dieux bénissent les rois de la course!

Francois Richard
Chroniqueur
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