L’évolution du Stadiaume de St-Guillaume au gré du temps !

Crédit photo : Patleck

Cet endroit mythique était un lieu de rencontre après la messe du dimanche afin de voir évoluer les courses de chevaux. Aujourd’hui on y présente des courses de Stock car sur la terre battue.

Les citoyens de St-Guillaume sont fiers de leur joyau situé au centre du village qui accueille des visiteurs en provenance du Canada et des États-Unis. Même si le nom a changé pour le Super Speedway ‘The House of Dirt’, cela ne change en rien la grande ouverture d’esprit qu’ils ont puisée dans le meilleur de ces entités pour se forger une personnalité bien à eux.

Géographiquement parlant, la municipalité de St-Guillaume est située au centre du Québec à peu près à égale distance de Drummondville, Sorel-Tracy et St-Hyacinthe. On y compte un peu plus de 1 500 citoyens.

C’est en 1929 que les frères Ponton, Louis-Orient et Corand ont relocalisé la piste de chevaux au centre du village alors qu’elle se trouvait dans le secteur du Ruisseau-Sud à St-Guillaume. Les courses de chevaux étaient populaires et deux fois par année on organisait des courses sous harnais alors que les meilleurs pur-sang canadiens et américains étaient au programme. Victime de leur succès, les frères Ponton n’ont pas eu le choix de construire une estrade de 600 places avec l’inscription Stadiaume afin accommoder les amateurs.

Avant la deuxième guerre mondiale, cette piste de chevaux était l’attraction du village. On pouvait compter une soixantaine d’établissements commerciaux afin de répondre à ce flux de visiteurs.

En 1952, quatre associés, le docteur Lahaie de Drummondville, Edmond Morinde St-Marcel, Hector Doyon et Charles Lalancette achètent la piste et continuent de présenter des courses de chevaux.

En 1956, Charles Lalancette achète les parts des trois autres associés avec l’idée d’y présenter des courses de Stock car. Conscient qu’il était assis sur une mine d’or avec la qualité de la terre glaise et argileuse que l’on retrouve à St-Guillaume. Une terre idéale pour l’adhérence des voitures de course.

Le fils de Charles, le pilote Jacques Lalancette ‘Monsieur Spectaculaire’ se souvient, « Il y a tellement de glaise qu’un jour un ‘Bulldozer’ s’est englouti dans la glaise pendant trois jours et a nécessité deux ‘cranes’ pour pouvoir le sortir de là », dit-il.

Pour ce faire, ce visionnaire a fait élargir la piste donnant une meilleure inclinaison et en faire une piste d’un demi-mille. Lalancette déplace et solidifie l’estrade et améliore la place réservée aux officiels et à l’annonceur. Les puits se retrouvaient au centre de la piste. Pour l’occasion, Lalancette change le nom de la piste pour St-Guillaume Speedway.

Le fils de Charles Lalancette, Gilles se souvient qu’à l’époque certains essayaient leur voiture personnelle de l’année sur la piste, sans péril. Certains d’entre eux se retrouvaient dans de mauvaises positions, parfois sur le toit ou dans le fossé. Gilles se souvient des commentaires d’un jeune pilote à la suite d’un accident avec la voiture de l’année de son père, « C’est quoi mon père va dire! ».

L’aîné de la famille, Gilles parcourait une vingtaine de paroisses avoisinantes à bord d’une Chevrolet 1960 ornée de deux haut-parleurs pour annoncer la programmation le jour même des courses (Lucky Hell Drivers).

Gilles se rappelle que tous les moyens étaient bons pour attirer les amateurs.

« Mon père avait le sens des affaires, après les courses les pilotes devaient se rendre à son hôtel, aujourd’hui (Auberges des 3 pins) afin de recevoir leur bourse. Une fois sur place, ils en profitaient pour prendre une bière ».

Outre les courses d’automobile, Charles Lalancette avait un flair inné pour attirer et épater les foules. Alors que le Circle du Soleil n’était pas né, Lalancette faisait venir de grandes vedettes de show. À titre d’exemple Bobo Canup était à bord d’une voiture Ford Falcon qui était propulsée à une cinquante de pieds dans les airs par l’entremise d’un immense canon. Jean St-Germain, un parachutisme réputé, a atterri au centre de la piste. Plusieurs se souviennent de Léo Bergeron avec sa cascade en exécutant un saut périlleux au volant d’une Ford 1949, mais se blessant à peine.

En 1966, le promoteur Lalancette fait installer des lumières sur sa piste afin de présenter des courses le soir. Lalancette a opéré son complexe motorisé jusqu’en 1969.

Un groupe d’investisseurs, Bernard et Lise Julien, Denis Joyal, Mario Lalancette, Richard Labonté et Fernand Blanchard se portent acquéreur en 1970 du St-Guillaume Speedway inc. On continue à y présenter des courses de Stock car mais durant cette période on y présente des courses de motoneige de haut niveau avec l’Association canadienne de Motoneige, du Promoteur J. Adélard Ratelle et son relationniste Yvon Larivée. Deux programmes comptant pour le championnat provincial accueillant les vedettes de l’époque les deux frères Villeneuve, Monsieur Spectaculaire Jacques Lalancette, Jean-Noël Julien, Alain Trottier Michel Levac et plusieurs autres…

Gilles Lalancette se rappelle que Gilles Villeneuve a été invité à s’exécuter sur cette piste pour se faire valoir pour ensuite conclure une entente avec Ski-Roule.

En 1977, le St-Guillaume Speedway inc a été vendu au Club Sportif de St-Guillaume. Un groupe d’hommes dont en autres Jean-Luc Arpin et Jean-Noël Julien ont aménagé sous les estrades un endroit pour tables de pool, télévisions et ont obtenu un permis de boisson. Des courses de motos, de Mini-Modifiés et du derby de démolition étaient au programme.

En 1980, pour des raisons administratives le Club Sportif de St-Guillaume change de nom et devient Stadiaume de St-Guillaume. En ce début de décennie, des courses de tous genres, du derby de démolition, des Enduros sur glace et sur terre battue ainsi que quelques courses de chevaux.

À l’automne 1984, Claude Julien devient le principal propriétaire du Stadiaume. Certaines activités ont eu lieu avec différents organisateurs et promoteurs.

L’année 1987, le complexe sportif était menacé de fermeture puisqu’un projet d’usine d’épuration avait en vue ce terrain. Heureusement, la Corporation du village s’est entendu avec M. Yvon Doyon afin mener à bien ce projet sur sa terre.

En 1990, Jean-Noël Julien devient le nouveau propriétaire du Stadiaume et reprend la vocation première, la présentation de courses. Un de ses programmes mémorables, la fin de semaine où Jacques Lalancette rend hommage à un de ses plus grands pilotes du Stock car que le Québec a connu.

En 1995, le propriétaire et promoteur du Stadiaume Jean-Noël modifie la configuration de la piste passant de 5/8 à 3/8 de mille.

En 1997, Jean-Noël organise des courses de terre battue incluant la classe Modifié. De grandes vedettes en provenance du Canada et des États Unis se sont exécutées sur cette piste. Outre les courses sur terre battue, on a modifié la piste en circuit routier. Durant la saison hivernale des courses sur glace prenaient place.

En 2008, le premier Race Rock Stock Car Week-end et on parle de réinstaller un système d’éclairage.

En novembre 2018, un groupe d’investisseurs composé de 4 personnes Mélanie Beaulieu, son conjoint Junior Pouliot, Bruno Ouellet et Robert Guy se portent acquéreurs du complexe motorisé du Stadiaume. Junior Pouliot est l’ancien propriétaire de la piste B.S.L de Sainte Eugène-de-Ladrière.

Des nominations à différents postes se succèdent, le directeur de courses Pierre-Michel Fortin, signaleur Gilles Cusson, directeur des inspections Christian Lupien, responsable à l’inscription des pilotes et statistiques, fonds de point Josée Larose, annonceurs Marc Tessier et Charles Guillemette co-animateur, gestion du staff et site Laurie Murray, responsable des puits Benoît Cabana, Pace Car et différentes tâches François Adam et Jonathan Houle responsable des marqueurs.

Le nom de la piste change pour Le St-Guillaume Super Speedway ‘The House of DIRT’. De plus plusieurs travaux ont été réalisés durant la saison hivernale afin d’améliorer la configuration de la piste ainsi que la sécurité avec l’ajout de blocs de béton et de câbles d’acier ornant la piste.

En février 2019 une première réunion officielle a eu lieu à l’Auberge des 3 Pins dont le propriétaire est M. Guy Lapolice. Une salle comble et surprenante de 73 personnes s’étaient donné rendez-vous.

En 2019, leur première programmation comporte dix soirées de courses avec 5 classes régulières, 358 Modifié, Sportsman, Pro-Stock Open, Semi-Pro et Mini-Stocks. De plus, plusieurs séries viennent se greffer à chacune des programmations telles que Lightning Sprints, Mini-Mods, Modlites, Speed STR, Slingshot et Pro-Stock Dirt.

Steve Brillant
Chroniqueur / Photographe
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