NASCAR 2026 : la “Chase” est de retour

Crédit photo : David Jensen / GettyImages

Il y a des mots qui, en NASCAR, ne sont pas juste des mots. Ce sont des « game changer ». Daytona. Darlington. Talladega. Et depuis l’annonce qui a remis le feu aux poudres : la Chase.

En 2026, NASCAR fait officiellement marche arrière sur l’ère des éliminations et du championnat “tout sur une course”. Pas par nostalgie, pas pour flatter les souvenirs. Parce qu’à force de vouloir fabriquer du suspense au forceps, on a fini par fabriquer autre chose : de la frustration, du cynisme… et parfois un champion qui ressemblait plus à un scénario qu’à une saison.

Un format plus lisible et une victoire qui compte vraiment

Le changement majeur tient en une idée : la Chase est de retour, sans éliminations. Fin des rondes où tu peux disparaître trois semaines, te qualifier sur un miracle, puis redevenir intouchable parce que le règlement t’a offert un parachute. NASCAR veut que l’histoire se lise comme une course, pas comme un jeu télévisé.

Concrètement :

  • Top 16 aux points après 26 courses. Le “win-and-you’re-in” disparaît : si tu n’es pas dans le bon wagon au classement, tu restes sur le quai.
  • Une seule remise à niveau des points au début de la Chase. Ensuite, c’est dix courses, une addition, et pas d’issue de secours.
  • Pas d’éliminations : le titre va au pilote qui a le plus de points à la fin.

Et NASCAR enfonce le clou avec un autre levier : 55 points pour une victoire. On veut que gagner redevienne une obsession, pas un bonus décoratif qui sert à gonfler une bande-annonce.

NASCAR ne “revient” pas : NASCAR corrige

NASCAR insiste sur le fond : il fallait un format qui récompense la constance sur 36 courses, tout en gardant une portion de saison où la pression monte et où chaque point est important. Le but affiché : plus de mérite, et un système plus simple à expliquer.

Même l’analyse le concède : le passage à cette Chase modernisée vise à coller davantage aux performances sur la durée, tout en conservant de la tension jusqu’au dernier rendez-vous.

Les équipes 2026 : Quelques petits changements

La Cup 2026 arrive avec un paradoxe typiquement NASCAR : beaucoup de choses ont l’air identiques… jusqu’à ce que tu regardes qui a bougé, qui s’est allié, et surtout qui devra performer dans un format où un “coup” ne te sauve plus.

Trackhouse : nouveau visage, pression maximale

Le mouvement le plus symbolique : Connor Zilisch prend la place laissée par Daniel Suárez et récupère le No. 88. Et Trackhouse réorganise aussi ses numéros : Shane van Gisbergen passe au No. 97.

Spire Motorsports : Suárez débarque, le barème change

Daniel Suárez atterrit chez Spire dans la No. 7. Dans le nouveau monde, ce genre de transfert ne se juge plus au “coup d’éclat” : il se juge au classement, semaine après semaine.

Haas Factory Team & Rick Ware Racing : les changements discrets qui deviennent bruyants

Derrière les numéros et les communiqués, il y a les choix industriels : Haas Factory Team bascule vers Chevrolet avec une alliance annoncée avec Hendrick, et Rick Ware Racing repasse aussi chez Chevrolet. Dans une Chase sans éliminations, la technique n’est plus un détail : c’est un multiplicateur de points.

Ce que la Chase 2026 va changer le dimanche

D’abord, elle va tuer une habitude : celle de courir “en mode gestion” quand le règlement te protège. Ensuite, elle va redistribuer les cartes psychologiques. La pression ne disparaît pas; elle s’étire. La Chase ne t’élimine pas, mais elle te condamne à une chose que beaucoup détestent : être bon plus d’une fois.

RAM : le retour qui sent plus la salle de montre que l’atelier de course

Pendant que la Cup se donne des airs de “retour aux valeurs” avec la Chase, il y a un autre retour qui mérite qu’on y jette un coup d’oeil : RAM qui revient en NASCAR par la porte des camionnettes via la série « Craftsman ».

Sur papier, c’est propre : une marque de pick-up qui retrouve sa place “naturelle” dans la série des trucks. Dans les faits, le ton raconte déjà le vrai film. RAM ne revient pas en parlant d’abord de mise au point, de culture de course, de week-ends à se salir les mains. RAM revient en parlant de “coup”, de bruit, d’impact — comme si la piste était surtout un panneau d’affichage qui roule à 300 km/h.

Et là où ça devient très 2026, c’est que RAM ne revient pas seulement avec un camion : elle revient avec un concept. Partenariat vitrine, opération scénarisée, idée de “siège à gagner” comme si on lançait une série. C’est du sport, oui mais c’est aussi un casting. Le truck devient une scène, et le paddock une plateforme.

Est-ce que c’est mauvais? Pas forcément. NASCAR a toujours vécu dans cet entre-deux : compétition et show-business, garage et grand écran. Mais il faut appeler les choses par leur nom : Stellantis ne revient pas (encore) pour refaire la course “à l’ancienne”. Stellantis revient pour reconstruire une marque à travers la course.

La seule vraie question viendra après les communiqués et les jolies photos : une fois que la campagne de lancement sera passée, est-ce que RAM restera quand il faudra avaler les saisons ingrates, les week-ends anonymes, et les factures qui ne font pas de belles vidéos? Parce qu’en NASCAR, revenir, c’est facile. S’installer, c’est autre chose.

En conclusion

NASCAR fait un choix clair en 2026 : elle remet la compréhension, la constance et la valeur de la victoire au centre, en ressortant une Chase modernisée.

Pour ajouter aux plaisirs. 360Nitro.tv sera présent pour une seconde fois au Daytona 500, porté par la plume de François Richard et les photos de Sylvain Fournier. Parce que certaines courses ne se racontent pas à distance : elles se vivent, elles se respirent, et elles se rapportent avec de la poussière sur les souliers.

Que les dieux bénissent les rois de la course !

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