Jean-François Leblanc tire des leçons de 2025.

Crédit photo : Pierre Chamberland

Jean-François Leblanc tire des leçons de 2025 et relance son programme Mod-Lite 2026.

Avez-vous passé de belles fêtes ? Maintenant que l’année 2025 est derrière nous, les hostilités 2026 débuteront bientôt pour certains pilotes québécois. Parmi eux, le pilote Mod-Lite no 721, Jean-François Leblanc, mettra le cap sur les États-Unis dans quelques jours.

La saison 2025 restera longtemps gravée dans la mémoire de Jean-François Leblanc, pilote de Mod-Lite. Une année où les attentes étaient élevées, mais où les résultats n’ont jamais été à la hauteur des ambitions. Entre ennuis mécaniques, incompréhensions techniques et remises en question, le pilote n’hésite pas à qualifier cette campagne de véritable désastre. Pourtant, au cœur de cette tempête, Leblanc a trouvé les réponses nécessaires afin de rebondir.

Dès le début de la saison, les problèmes se sont accumulés. « Les quatre moteurs lors du départ de la saison ont fait extrêmement mal au portefeuille et à la confiance », mentionne Leblanc. Une situation d’autant plus frustrante que ces bris étaient évitables. Une modification personnelle au système de changement d’huile, ajoutant une hose hydraulique, provoquait une importante bulle d’air dans le moteur. Résultat : des moteurs sacrifiés et un moral sérieusement ébranlé. « Les quatre premiers moteurs, c’était 100 % ma faute », admet-il.

À ces ennuis s’est ajoutée une adaptation beaucoup plus complexe que prévu à un tout nouveau châssis. Totalement différente de ses anciens modèles, la voiture présentait d’importants défis au niveau des ajustements. Sur pistes sèches, notamment en Floride la saison dernière, le manque de traction persistait malgré de multiples essais. Le manufacturier utilisait une approche radicalement différente : absence de balances traditionnelles, des « stags », ajustements dynamiques à l’aide de chaînes limitées. « Honnêtement, on était complètement perdus dans les ajustements », explique Leblanc. Une voiture plus décentrée et une modification supplémentaire ont même causé un sautillage rendant le véhicule pratiquement incontrôlable. L’équipe était l’artisan de ses propres malheurs.

Pendant que Leblanc cherchait désespérément des solutions, un jeune pilote américain attirait son attention, Carson Hubbard, qui empilait les victoires aux États-Unis, terminant la saison avec plus de 18 victoires dans quatre États différents. Après plusieurs échanges infructueux par messages — « on ne parlait pas le même langage », indique-t-il — Leblanc a pris une décision majeure au courant de l’été : charger la voiture et se rendre directement en Ohio.

Soutenu par Superior Race Car et la famille Hubbard, un véritable tournant s’est opéré. Plus de 12 heures de travail ont été consacrées au véhicule, incluant de nouvelles pièces, une suspension repensée et surtout, une formation complète sur les ajustements. « Tout a changé, mon Mod-Lite était vraiment mieux, beaucoup mieux », raconte-t-il. De retour à la maison, les configurations ont été adaptées, copiées et peaufinées. Après quelques courses d’apprentissage, une victoire en fin de saison de Daniel Demers à Cornwall — BOOM… enfin ! — exprime-t-il. La famille Hubbard, tant en Floride qu’en Ohio, a joué un rôle clé. « Ils m’ont soutenu tout au long du processus, et là on peut enfin aller de l’avant. »

2026 s’annonce maintenant chargé et motivant. Leblanc amorcera sa saison sur la piste locale de Hendry County Motorsports dès janvier, avec un nouveau moteur et plusieurs améliorations au châssis. L’objectif : être fin prêt pour les nationales de février, un périple intense de 16 jours sur la route et 14 jours de compétition sur quatre pistes différentes, passant par la Géorgie, Hendry County, Ocala et le Bullring. Face à l’élite américaine, le pilote demeure réaliste mais confiant. « Je ne crois pas encore être au niveau des cinq meilleurs, mais me tenir dans le top 10 sur 60 pilotes, c’est très bien. J’ai terminé septième au cumulatif l’an passé, et on va essayer de faire mieux si les ennuis moteurs me laissent tranquille. » On lui souhaite !

Quoi qu’on en dise, Jean-François Leblanc a de grandes ambitions au Québec. Avec la conception des Superior Race Car, tant pour la trigonométrie de la suspension que pour l’espace intérieur, il a décidé d’en importer un autre au pays. Son objectif est clair : avoir trois voitures sur la piste. « Mon but n’est rien d’autre que d’avoir du plaisir et, si on est capable, monter sur le podium le plus souvent possible. » Désormais représentant officiel de Superior Race Car au Canada, Leblanc entend bien démontrer tout le potentiel de ses machines, en visant le championnat du Québec et quelques incursions aux États-Unis durant l’été.

Après une saison 2025 décevante, le pilote Mod-Lites #721 aborde la suite avec confiance.

Bonne chance à Jean-François et à toute l’équipe.

Chroniqueur / Photographe
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