Léa-Jeanne Lauzière: consciente de la chance qu’elle a de conduire une voiture de course
Il va de soi que de commencer dans les petites ligues, ça peut nous aider, dans notre cheminement, d’atteindre les plus hauts sommets. Comme je le dis souvent, il n’y a pas de chemin tracé d’avance pour s’y rendre, mais disons que si vous mettez toutes les chances de votre côté, ça peut vous faciliter la tâche. Évidemment qu’en course automobile, il n’y a rien de facile parce que vous êtes plusieurs à vouloir vous rendre au sommet de la montagne. Les femmes sont de plus en plus présentes dans le monde du sport motorisé et elles sont de plus en plus performantes. Léa-Jeanne Lauzière fait partie du groupe!
Elle a connu beaucoup de succès en Slingshot et il était temps, pour elle, de passer à la vitesse supérieure. La venue d’une nouvelle catégorie, comme les Novices Sportsman, est d’une importance capitale pour le développement des pilotes. Elles ont la chance de se familiariser avec les pistes et elles ont un peu plus de marge de manœuvre quand vient le temps de peser sur l’accélérateur. On a vu Léa-Jeanne, à quelques reprises, y faire le saut l’année dernière et elle n’a aucunement besoin de cours de pilotage. Elle sait comment dépasser un adversaire sur la piste et n’a pas besoin non plus de se faire dire comment tourner à gauche. Une autre belle conversation de faite et une belle histoire que j’ai encore envie de vous partager. Let’s go, on part!
En étant inscrite dans deux catégories, la quantité d’informations qu’elle doit emmagasiner pour être performante doit être phénoménale. Au fil des tours, en s’assoyant dans ses deux voitures, rien ne semble l’effrayer. Quelques ennuis mécaniques pendant la saison ne l’ont pas empêché de connaître du succès. Raison de plus pour entrevoir l’été 2026 avec beaucoup d’optimisme: «Oui, ma saison s’est bien déroulée. Quelques petits pépins, mais contente de comment ça s’est passé. Beaucoup de beaux moments en famille. J’ai très hâte d’aller dans cette nouvelle catégorie temps plein avec de très bons mécanos. Une nouvelle aventure commence pour moi et j’espère que ça va être une belle année».
Je ne suis aucunement inquiet pour elle pour la suite des choses. Elle a beaucoup de gens autour d’elle prêts à l’appuyer pour l’aider à aller plus loin. Probablement qu’elle aura besoin de quelques courses en consolation pour apprivoiser sa nouvelle voiture, mais on devrait la voir dans le portrait assez rapidement.

Si l’objectif est de monter un jour dans la classe maître sur la terre battue chez les Modifiés, il est normal que la prochaine étape soit celle d’aller en Sportsman. Enfin, je crois! Je ne suis pas dans ses bottines pour savoir ce qu’elle mijote pour la prochaine saison, mais le petit hamster dans sa tête doit rouler sur un méchant temps. Comme le paternel a déjà tous les acquis pour qu’elle ait la transition le plus simple possible, le choix était plus que facile à faire quant à la prochaine étape: «J’ai décidé d’aller en Sportsman, car c’est une catégorie assez connue. Dans le sens que plusieurs personnes qui ont coursé en Slingshot vont en Sportsman car, par la suite, si on veut, on monte en 358. Aussi, mon père avait déjà plusieurs voitures et moteurs dans le garage. Alors, c’était plus facile d’aller courser dans cette catégorie car il s’y connaissait déjà».
Beaucoup de courses et beaucoup de voyages sont à prévoir pour le prochain été. Il est facile de voir qu’elle est guidée par les courses et que c’est dans son ADN. Je n’ai pas de doute dans mon esprit que l’on risque de la voir compléter des tours de piste à n’en plus finir. Je ne connais pas d’autres moyens pour devenir la meilleure de sa profession qu’en étant sur la piste à chaque fin de semaine.
Je présume que les premières courses à bord d’un Sportsman lui ont donné du fil à retordre. Raison de plus pour, à nouveau, faire le plein de millage pour pouvoir progresser. Avec un paternel dans les parages qui en connait beaucoup sur la course automobile, l’adaptation s’est faite beaucoup plus aisément: «J’ai trouvé que c’était un très gros changement, mais super le fun. La vitesse n’est pas du tout la même et la grosseur de l’auto non plus. Je n’ai pas pris énormément de temps à m’adapter. Les premières fois étaient plus difficiles car je ne savais pas comment l’auto fonctionnait mais maintenant, j’adore ça et je suis très à l’aise avec celle-ci».
Je fais un bref parallèle avec un nouveau sport que j’ai commencé, la course à pied. Ce que je commence de plus en plus à réaliser et à comprendre est d’avoir du plaisir à jogger. Le reste va suivre! Oui, les temps de course sont importants pour voir la progression mais, si je n’ai pas de «fun» à jogger, l’aventure risque de se terminer abruptement. Je vois en son parcours sensiblement la même philosophie. En plus d’être entourée de ses petites sœurs, rien ne va pouvoir freiner sa motivation.
Ça fait quelques fois que les pilotes concernés me font mentir quant à l’importance d’avoir une catégorie comme les Limited Sportsman pour les aider à faire le saut en Sportsman. Beaucoup de courses sont à prévoir pour Léa-Jeanne en 2026: «Je vais rester en Limited à Airborne Park Speedway ainsi que faire Sportsman régulier. Donc, je vais être dans les deux catégories. Et pour le Québec, à Granby, je ferai seulement les Sportsmans Futur. Et à Drummondville, je serai en Sportsman, alors je vais faire un peu des deux».

Fini le temps d’être sur le très petit circuit au centre de la grande piste. Il est temps pour elle de passer à la vitesse supérieure et d’aller en mettre plein la vue aux spectateurs. Non seulement les pilotes arrivent prêts à faire face à la musique, mais ils ou elles sont dans un bon état d’esprit quand ils affrontent des pilotes plus aguerris: «Pour moi, c’est important car je veux justement suivre la trace de tous les autres pilotes. Ils ont très bien a appris et évolué dans cette classe, alors c’est sûr que j’aimerais faire pareil. C’est sûr que pour les autres qui veulent graduer, je n’ai rien contre les autres classes, mais de mon côté, la classe des Sportsmans est la meilleure classe où aller, car le style de conduite se ressemble et ce n’est pas très compliqué à piloter une fois que tu sais comment».
Les courses de la dernière chance vont certainement être l’obstacle numéro 1 dans sa quête d’une participation à une finale. Une participation directe serait l’idéal, mais à elle de nous faire mentir et de démontrer tout son talent sur une piste de course.
Pour reprendre ses propos, le fait de partager la passion de la course automobile avec toute sa famille, à chaque fin de semaine, figure au sommet de la liste et c’est pourquoi elle est autant attirée envers les courses. Elle a un tout petit penchant pour ce qui roule et ce qui va vite et ça ne date pas d’hier: «En fait, lorsque j’étais jeune, mon père voulait vraiment que moi et mes sœurs coursions. Alors, il nous avait, à toutes, acheté une voiture. Sarah Ann a commencé la première et s’est lancée là-dedans. Il a donc gardé les autres voitures dans le garage, car il me voyait vraiment faire de la course automobile et voulait transmettre sa passion avec nous. Quelques années plus tard, énormément de personnes me disaient qu’elles me voyaient vraiment dans une voiture. Cela m’a donc crinquer et mon père était très content lorsque je lui ai dit que je voulais essayer. À ce temps, il avait donc loué la track pour que j’aille pratiquer et j’ai vraiment adoré cela. C’est à ce moment que j’ai commencé à faire de la course. C’est donc une très belle passion pour toute la famille, que l’on fait ensemble».
Les souvenirs qu’elle est en train de se créer valent tout l’or du monde. Comment ne pas trouver ça romantique.
Je suis une personne excessivement reconnaissante de la chance qui m’est offerte, à chaque week-end, d’être présent pour aller prendre des photos. Alors, j’en profite! Je m’immisce, en quelque sorte, dans votre univers pour le faire découvrir aux gens qui ne sont peut-être pas familiers avec les courses. Le maigre deux secondes, où elle se concentre avant d’aller sur la piste pour sa finale, est pour se dire qu’elle est très chanceuse de pouvoir pratiquer sa passion à chaque fin de semaine: « Il y a des fois où je suis plus calme que d’autres. Quand des personnes viennent me voir à la fausse grille et me parlent, ça me change les idées et me déstresse. Mais quand je suis seule, je suis très stressée à chaque fois. La chose à laquelle je pense est juste à quel point je suis chanceuse de courser. À chaque fois que je passe devant les estrades, je vois toutes les personnes qui sont là et je dis que j’ai une chance énorme d’être dans cette voiture, car probablement que la plupart des personnes dans les estrades voudraient être à ma place». J’adore ça quelqu’un qui n’essaie pas d’être quelqu’un d’autres qu’elle-même.
Elle est consciente de la chance qu’elle a de conduire une voiture de course et de voir les spectateurs l’applaudir à la fin de la soirée, la rend doublement fière d’être assise derrière le volant.
Elle est peut-être trop jeune pour avoir eu à faire face à des commentaires désobligeants à son endroit, mais comme on se doit de faire sa place pour éviter de se faire piler dessus, je me suis permis la question. Pour Léa-Jeanne, pas question de se laisser intimider et ainsi arrêter la course: «Non, je n’ai pas reçu ce genre de commentaires. Et si j’en recevais, je ferais juste les ignorer car ce n’est pas pour des gens comme ça que j’arrêterais ma passion». Elle semble avoir une très bonne carapace pour faire face à l’intimidation.
Les courses font partie de sa vie depuis plusieurs années. Comme elle passe la plupart de son temps sur une piste de course ou dans le garage à réparer sa voiture, je présume qu’il devient très facile d’apporter les courses à la maison et vice versa. Les courses lui apportent beaucoup plus que ce qu’elle avait imaginé: «Ça m’apporte plus que je le pensais. Parfois, il y a des situations où je suis moins contente, mais ça m’aide à mieux gérer mes émotions. Aussi, ça m’apporte beaucoup de beaux temps avec mon père et mes sœurs également». Je ne voudrais pas être celui ou celle qui bloque son chemin si Léa-Jeanne est dans de très bonnes dispositions derrière son volant. Elle voudra certainement avoir la ligne de course la plus claire possible pour se retrouver en avant du peloton.
Léa-Jeanne se retrouve sur la même ligne de départ que sa sœur Sarahann. Il y a de fortes chances qu’il y ait de l’animosité dans l’air certains soirs de course, mais selon les dires de Léa-Jeanne, elles forment la plus belle équipe au monde: «Ce n’est pas vraiment différent que lorsque tu courses contre des amis. Lorsque je passe à côté, ou elle passe à côté de moi, la dernière chose qu’on ne veut pas, c’est de s’accrocher entre nous. Car on sait que notre père ne sera pas content. Mais en fait, c’est un peu différent de courser contre sa sœur. Il n’y a pas énormément de filles dans le monde de la course alors le fait que l’on soit deux sœurs ensemble nous rend plus fières lorsqu’on a un beau résultat. Quand c’est elle, par exemple, qui termine première, je suis extrêmement fière d’elle et c’est comme si je venais de gagner moi aussi. Alors, on forme une belle équipe et j’en suis vraiment contente».
Je ne voudrais pas être entre les deux pour les séparer lorsqu’une chicane éclate. Cela dit, si elles se respectent le moindrement et que cela fait ressortir le meilleur des deux, quel spectacle nous auront droit sur la piste.
Et voilà! Une autre histoire de racontée. J’espère vous avoir fait découvrir la fille derrière la pilote. Je me sens privilégié à chaque occasion de vous jaser et de connaître votre histoire afin de la partager. Je romance un peu le tout pour que ça soit agréable à lire. Je suis persuadé que l’on va avoir le nom de Léa-Jeanne sur nos lèvres durant tout l’été. Elle risque d’accumuler les victoires chez les Limited Sportsmans et si ça se transporte dans la classe des Sportsmans, on pourrait la voir à l’avant pas mal plus souvent que l’on pense.
Bonne saison!







