Drive to Survive – Saison 3

Crédit photo : Drive to Survive 3

La saison 2020 vue de l’intérieur

La saison 3 de la série «Drive to Survive» de Netflix est disponible depuis quelques semaines déjà et beaucoup d’amateurs ont déjà visionné tous les épisodes, certains en moins de 24 heures (dont moi!). Est-ce que la troisième édition de cette tradition annuelle en devenir est aussi bonne que les deux premières? C’est à cette question que je tenterai de répondre dans les prochains paragraphes.

Une recette gagnante

Combiner un des sports les plus médiatisés au monde et la plateforme de visionnement numérique la plus regardée au monde ne peut que faire des étincelles. En plus, lorsque le sport en question fait plus souvent parler de lui pour ce qui se passe en coulisses que par le spectacle en piste, ça donne un résultat plus qu’intéressant. C’est ce que nous propose Drive to Survive, avec un retour sur les coulisses de la saison 2020.

Les dix épisodes, d’un peu moins d’une heure chacun, s’attardent sur une ou deux histoires principales. On ne respecte pas nécessairement la chronologie de la saison et ça peut être un peu déroutant pour celles et ceux qui espèrent un documentaire plus traditionnel. Bien sûr, on débute par l’annulation du Grand Prix d’Australie à quelques heures d’intervalle, COVID oblige. Et le dernier épisode est bien sûr centré sur la dernière course de la saison. Mais, entre les deux, on se promène allègrement d’un Grand Prix à l’autre.

Si vous vous attendiez à ce que la pandémie prenne beaucoup de place dans la saison 3, vous serez heureux d’apprendre que sauf pour le premier épisode et les masques que tout le monde (ou presque) porte au cours de la saison, la COVID n’est absolument pas le personnage principal de la série. Et c’est tant mieux!

Relations tendues

Après deux saisons, on comprend que la série est à son meilleur lorsque les protagonistes ne vibrent pas au même diapason. Et, cette fois encore, on n’est pas déçus. La relation entre Vettel et Ferrari n’est certainement pas au beau fixe et Vettel ne se gêne pas pour le faire sentir, autant dans le paddock que lors des réunions d’équipe. Il était vraiment temps que la saison se termine pour les deux parties. Et ce n’est pas plus rose chez Renault, alors que Cyril Abiteboul, patron de l’écurie, ressent un fort sentiment de trahison lorsque Ricciardo annonce, dès le début de la saison, qu’il passera chez McLaren en 2021. Pour Abiteboul, c’est comme une peine d’amour à peine dissimulée, une incompréhension totale face à la décision du pilote australien. Et, c’est bien sûr, sans compter que l’ennemi #1 de Renault, pour une place au championnat, c’est McLaren et ce le sera jusqu’à la toute fin de la saison. Malgré tout, l’histoire ne se termine pas trop mal et une visite chez le tatoueur est de mise.

Les hommes en rose

Évidemment, la série ne passe pas sous silence non plus toute la saga Racing Point, rebaptisée Pink Mercedes par l’ensemble du paddock. On y voit un Lawrence Stroll influent, très tenace et sans aucune pitié. C’est clairement lui qui mène cette écurie et on comprend rapidement que le siège de Lance Stroll n’a probablement jamais été en danger au moment de décider qui on laisserait aller pour faire une place à Vettel en 2021. Aston Martin n’est pas là pour faire de la figuration et la famille Stroll est en F1 pour y rester.

Haas: les difficultés se poursuivent

Après avoir été une écurie fort respectable il y a quelques années, Haas est devenu en quelques saisons seulement une équipe sans budget et sans envergure. La saison 2 de la série nous avait montré une série d’incidents en piste, tous plus évitables les uns que les autres; et un patron colérique mais quand même sympathique en Gunther Steiner. En 2020, Haas n’a pas non plus été épargné, loin de là. Avec des problèmes importants de performance, des problèmes encore plus importants au niveau financier et deux pilotes fidèles mais démunis, difficile de faire pire. L’effroyable accident de Grosjean à Bahrein, en fin de saison, n’est venu que mettre un point d’exclamation à la difficile destinée de cette écurie.

Et on comprend pourquoi, malgré la lueur d’espoir appelée Mick Schumacher, cette écurie doit accepter un partenaire russe au pedigree discutable et un pilote russe encore moins intéressant pour la saison 2021. Survivre à cette saison en attendant les nouveaux règlements techniques de 2022, c’est la seule option pour Haas. Et la série porte très bien son nom pour l’écurie américaine.

Bien sûr, on s’attarde aussi à la détermination de Pierre Gasly et sa relation tendue avec Red Bull, au système DAS brillamment développé par Mercedes, à la résilience de Sergio Perez entre le moment où il se retrouve sans volant et celui où il est confirmé chez Red Bull et à la fabuleuse bataille pour la 3e place au championnat des écuries, qui fera rage jusque dans les derniers tours de la dernière course.

Oublis majeurs

Cependant, la série passe aussi à côté de plusieurs histoires très intéressantes de la saison 2021. Entre autres, on escamote complètement le remplacement de Lewis Hamilton par George Russell, alors que le pilote Williams a dominé les qualifications et une bonne partie de la course avant d’être victime d’un ennui mécanique à sa seule course chez Mercedes jusqu’à maintenant. On oublie aussi complètement les belles présences de Hulkenberg, qui a toujours bien fait en remplacement de pilotes d’expérience devant s’absenter pour une course ou deux.

On ne parle pas du tout de ce qui a probablement été le meilleur Grand Prix de la saison en Turquie, sous la pluie. Verstappen est lui aussi oublié dans cette série, sauf dans le dernier épisode qui se déroule à Bahrein. Il est pourtant un protagoniste important de la F1 et le deviendra encore plus dans les prochaines années. Finalement, on passe aussi sous silence (ou presque) tout ce qui a entouré le départ de Honda à la fin de la saison 2021 et les échanges avec Red Bull, qui a finalement décidé de développer son propre moteur en vue de la saison 2022.

Verdict Finalement, malgré ces oublis, la saison 3 de Drive to Survive ne déçoit pas. À mon point de vue, cette dernière mouture est probablement la moins captivante des trois saisons mais demeure tout de même fort divertissante. Ma perception vient peut-être aussi du fait que la recette est maintenant bien connue et que la surprise et l’étonnement sont moins grands. Il est aussi évident que les protagonistes de la F1 connaissent maintenant eux aussi la recette et sont plus discrets lorsque les micros et les caméras de Netflix rôdent autour. On y fait référence à plusieurs reprises d’ailleurs. Mais d’ici à ce que les acteurs refusent de participer au projet, il ne faut surtout pas bouder notre plaisir de dévorer cette série.

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Christian Gingras
Chroniqueur / Photographe
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