La Formule 1 en déroute?

Crédit photo : F1

Le Grand Prix du Canada 2019 ne sera pas retenu pour les grands duels roues dans roues ou pour la multitude d’accidents auxquels on a déjà été habitués. Au contraire, ce sera une décision prise par les commissaires de la FIA qui aura décidé du résultat.

Au 48e tour, Sebastian Vettel perd le contrôle de sa Ferrari à l’entrée de la chicane 3-4. Il revient en piste sur des pneus sales et se dirige vers le mur à la sortie. Il ralentit alors et se garde une distance avec le mur. Mais Lewis Hamilton s’en vient rapidement et il doit lever le pied derrière la Ferrari. Il pourrait passer entre le mur et la Ferrari, mais il joue de prudence.

Une enquête sur l’événement a promptement été déclenchée. La décision ne s’est pas faite attendre et le meneur verra 5 secondes s’ajouter à son temps final de course. Avec si peu de tours à faire et la parité entre les deux bolides pendant la course, la mission de prendre un écart de 5 secondes sur Hamilton s’annonce difficile. Un danger guettait Vettel, derrière son coéquipier Charles Leclerc remontait sur Hamilton à grande vitesse, mais il est resté à 6 secondes de Vettel pour lui assurer le maximum de points.

La réaction du pilote de 31 ans était naturelle. Il était en colère et n’a même pas stationné sa voiture au cercle des vainqueurs. Il s’est plutôt rendu dans les quartiers généraux de la FIA pour faire valoir son point mais il a dû se résoudre et s’est finalement rendu vers le podium. En chemin il s’arrête auprès de la Mercedes et change le panneau 1 placé devant la voiture pour celui laissé vacant puisqu’il s’est stationné à l’autre bout de la ligne des puits, avec le chiffre 2. En entrevue, il a dit qu’il n’avait pas d’autre endroit où aller, qu’il s’est considéré chanceux de ne pas avoir frappé le mur en sortie.

Si on regarde la reprise, Vettel coupe le virage 4 et revient en piste loin de l’autre côté de la piste. Le gazon à cet endroit, de par sa positon géographique, est très sec car il est exposé au soleil presque toute la journée. Avec les pneus chauds, il est facile de ramasser de la terre et se retrouver avec l’équivalent de barres de savon aux roues lorsque la voiture revient sur l’asphalte. La piste est aussi dénivelée en descente dans ce secteur, ce qui augmente le facteur de vitesse entre les deux surfaces. Il a malgré tout été capable de rester à l’écart des vibreurs en sortie, qui font une largeur de voiture. La prudence de Hamilton a donc été payante sur le coup pour les deux pilotes. Il y avait plus de place à l’intérieur de la trajectoire cependant. Et la vitesse de Vettel était à ce point réduite qu’il aurait pu passer devant.

La réaction de Toto Wolff à ce moment précis à été d’appuyer sur le bouton en lien avec le bureau des commissaires de la FIA. Ils n’ont pas eu le choix et ont dû regarder l’incident. La décision a été prise selon les critères suivants : il est revenu en piste de façon dangereuse, il a forcé son adversaire à prendre action pour l’éviter, il a forcé son adversaire à sortir de piste. Disons que ce dernier point est assez tiré par les cheveux puisque Hamilton suivait de façon claire la ligne normale à cet endroit. Mais bon, de l’extérieur on n’y peut rien. Il reste que l’histoire se rappellera de cette course pour les mauvaises raisons. Il s’agit aussi d’un dangereux précédent dans le sport, les pilotes auront-ils peur de faire des manœuvres quelconques de peur de se faire pénaliser au moindre accrochage?

En parallèle, je tiens à féliciter Lance Stroll pour sa 9e place, presqu’une copie carbone de sa course en 2017. Il a effectué des dépassements intéressants en fin de course pour ainsi prendre les deux points qui viennent avec sa position.

Mathieu Brière
Chroniqueur
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