Une 200e pour Kyle Busch à Fontana, vraiment?

Crédit photo : Chris Graythen / Getty Images

Parfois, je me demande si NASCAR «n’arrange» pas un peu les courses pour le spectacle? Prenons le cas de la victoire de Kyle Busch (Toyota Camry no 18) dimanche dernier à Fontana. C’était sa 200e victoire en carrière (mais que sa 53e en Cup) égalant ainsi le record établi par le légendaire Richard Petty (Plymouth, Pontiac, Ford, Chevrolet, Oldsmobile, Buick, Dodge no 43…ai-je oublié des marques?). Toutefois, les victoires de Petty ont toutes été acquises en Cup (même sa dernière à l’été de 1984 à Daytona devant le président Reagan…ce qui a aussi semé le doute dans l’esprit de bien des amateurs de NASCAR…). Il faut souligner que Busch n’a pas gagné la course Xfinity la veille (il y a terminé deuxième derrière Cole Custer (Mustang no 00) comme cela malgré une voiture dominante. Est-ce qu’on attendait un évènement plus prestigieux comme celui du lendemain?

Devrions-nous qualifier l’épreuve de Fontana de course…plate? Il y a eu de nombreux dépassements mais à chaque relance, on dirait que le peloton demeurait serré..sauf pour Kyle dont la voiture était nettement plus rapide que les autres! Il n’y avait pas de quoi exciter la foule (plutôt parsemée) sur place. Alors, les dirigeants de NASCAR se sont-ils dit : «Donnons une punition à Busch pour avoir roulé trop vite dans les puits…et regardons-le remonter le peloton comme si toutes les autres autos étaient arrêtées»? Ce qui est arrivé. Ses dépassements spectaculaires à la dernière relance étaient vraiment du jamais vu! Puis il a dépassé les deux meneurs, Brad Keselowski et Joey Logano, qui luttaient côte-à-côte (certains observateurs disaient que courir côte-à-côte ralentissaient leurs autos) comme s’ils étaient arrêtés! Le reste fut une course facile pour Busch!

Cette course ne passera pas à l’histoire comme étant une des plus spectaculaires et ce, malgré la 200e de Busch. Dès le départ, les pilotes ont créé tout un malaise en ne participant pas aux qualifs ou presque. Puis, il y a eu ce tour d’honneur avant le départ de la course où les voitures étaient alignées par rangées de cinq ce qui démontrait l’incroyable largeur de la piste contribuant ainsi à diminuer les luttes en course. Enfin, outre la Toyota de Busch, toutes les autos réagissaient très lentement à cause des déflecteurs plus imposants et les becquets avant tout aussi massifs.

Depuis le début de la saison, on assiste à un duel entre les équipes de Joe Gibbs et de Roger Penske…Quant aux Chevrolet, même si quelques-unes se sont pointées à l’avant, elles n’était pas encore du coup! Il faut toutefois souligner l’excellent travail de Kurt Busch (Camaro no 1) qui a encore terminé le premier de cette marque avec une cinquième position. Notons la faiblesse de Kevin Harvick (Mustang no 4) et la belle prestance d’Aric Almirola, (Mustang no 10), tous deux de la même équipe…

Vivement la course de dimanche prochain à Martinsville. Une piste aussi petite (environ un demi mille) implique des contacts et des accrochages à tous les niveaux. Les principes aérodynamiques y sont beaucoup moins importants et, à moins que je me trompe (un de mes mignons petits défauts…), les moteurs ne sont pas (aussi) bridés. J’y prévois une victoire de Chevrolet.

Éric Descarries
Chroniqueur
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