C’est reparti en grand pour la série NASCAR Canada !
Le peloton de 32 voitures, le plus imposant pour une course inaugurale depuis 2013, s’est donné rendez-vous au Canadian Tire Motorsport Park (CTMP) sous un soleil radieux pour le CarGurus 200. C’est l’Ontarien Gary Klutt qui a bravé la tempête pour signer une victoire sur son circuit de prédilection.
Casse-tête pneumatique et désastre pour Lacroix
Dès les premiers tours de roues du week-end, le sujet sur toutes les lèvres dans les garages était l’introduction des nouveaux pneus McCreary, une filiale d’American Racer qui remplace le pneu « General Tire » utilisé au cours des dernières saisons. Avec un coût réduit de 30 %, cette gomme vient complètement brasser les cartes de façon drastique , la ligne étant mince entre l’accroche et le décrochage.
Ce nouveau paramètre a tout de suite fait une victime de taille : Kevin Lacroix. Le pilote de la voiture 74 a dû s’engouffrer dans la ligne des puits avant même le drapeau vert initial pour remplacer un pneu avant-droit défectueux. Reléguée en fond de grille, sa course s’est rapidement transformée en cauchemar, accumulant plusieurs tours de retard.
Le bal des stratégies et la guerre des mécaniciens
Parti depuis la pole position, Gary Klutt a rapidement prouvé qu’il avait la voiture la plus dominante en piste lors de la longue séquence sous le drapeau vert. Derrière lui, le double champion en titre Marc-Antoine Camirand et son éternel rival Andrew Ranger se sont livré un combat de tous les instants.
Le tournant de la mi-course s’est joué dans la voie des puits. Rentrant à un seul tour d’intervalle, Ranger et Camirand ont poussé leurs équipages respectifs à la limite. Alors que l’arrêt de Ranger s’est avéré laborieux, les mécaniciens de la voiture 96 ont effectué tout un travail pour ravir la position à Ranger directement sous ses yeux.
Le chaos s’installe à Bowmanville
Le déroulement de la course a basculé au 20e tour lorsque Mathieu Kingsbury a lourdement percuté le mur de protection, provoquant la sortie du drapeau jaune. C’est sous ce régime de neutralisation que l’inimaginable s’est produit : un accrochage d’une rare bizarrerie entre Glenn Styres et Jean-Philippe Bergeron vers la fin de l’épreuve.
Un drapeau rouge prolongé en plein soleil a chauffé les pilotes dans leurs cockpits. Pour ajouter au drame, Andrew Ranger s’est vu infliger une lourde pénalité pour être sorti de la ligne des puits sous le drapeau jaune, rétrogradant la voiture 27 à un tour des meneurs alors qu’elle visait la victoire.
Sprint final héroïque et délivrance pour Klutt
Malgré une carrosserie lourdement enfoncée à la suite de son contact avec la voiture 0, Jean-Philippe Bergeron a signé l’exploit du jour. S’accrochant au groupe de tête, il est parvenu à rallier l’arrivée au 6e rang avec une machine, disons, « maganée ». Connor Bell, quant à lui, a complété le top 10 à la 9e place, malgré la perte de son capot en fin d’épreuve.
À l’avant, la mise en application du nouveau règlement du « Choose Lane » (où les pilotes choisissent leur ligne de relance à un repère sur la piste) a semé un vent de folie. Profitant de ses arrêts stratégiques, Gary Klutt a su en tirer profit. En croisant le fil d’arrivée en vainqueur, il met fin à une longue disette : sa dernière victoire dans la série remontait à 2015, obtenue sur ce même tracé.
Louis-Philippe Dumoulin place sa Dodge sur la deuxième marche du podium après une course intelligente, exempte d’accrochages. Le champion Camirand complète le podium.
Top 5 (CarGurus 200)
- Gary Klutt
- L.P. Dumoulin
- Kyle Steckly
- Alex Guénette
- Ryan Klutt
En conclusion
Cette première s’est avérée très longue à la suite d’une multitude de neutralisations qui se sont enchaînées. Cependant, cela a mené à une fin de course endiablée qui a permis de confirmer la supériorité de Gary Klutt en cette première sortie de 2026 pour la série NASCAR Canada.
Les équipes n’auront pas le temps de chômer. Le grand cirque de la NASCAR Canada met le cap sur le Québec pour son prochain rendez-vous, le 6 juin prochain, où un programme double attend les pilotes sur l’ovale de l’Autodrome Chaudière à Vallée-Jonction.
Que les dieux bénissent les rois de la course.







