Le chemin pour arriver à ses fins est propre à chacun. À première vue, c’est un casse-tête de milles morceaux qui semble être impossible de mettre les morceaux les uns dans les autres tellement il peut y avoir des imprévus. Je présume que seule la pilote a une idée bien précise sur son plan et comment elle veut l’exécuter. Ça lui prendra le temps que ça prendra pour mettre toutes les pièces du puzzle ensemble mais si, au final, elle participe à des courses dans deux classes pendant deux ans pour se convaincre que c’est le chemin à emprunter pour optimiser ses performances, on ne peut que s’incliner devant sa détermination et son courage. C’est une histoire de famille qui se développe autour des courses et c’est très souvent le début d’une belle aventure.
Mélodie Pulfer baigne dans les courses depuis qu’elle est toute petite. Pas besoin de vous dire que la piqûre d’être derrière le volant et piloter une voiture de course s’est développée assez rapidement. Depuis le tout début, on l’a vue conduire un Slingshot avant de la voir chapeauter deux classes l’an dernier. Non seulement c’est beaucoup d’informations à assimiler dans une seule soirée, mais le désir de vouloir en apprendre davantage a pris le dessus. Comme elle me l’a mentionné durant notre entretien, elle s’est sentie de plus en plus à l’aise derrière le volant de son Modlite pour en faire le saut à temps plein dans la classe. La décision est sans doute devenue plus facile quand elle a entendu son nom un peu plus souvent dans les discussions. C’est parti pour une quarantième collaboration!
Son père aidait plusieurs pilotes et sa mère était dans le milieu depuis belle lurette. Sans dire qu’elle s’est fait tirer par un bras vers la course automobile, elle a eu l’occasion de s’asseoir dans une voiture de course et ce fut le coup de foudre:
«Cela a commencé quand j’avais environ 1 an et demi, 2 ans. Mes parents m’apportaient toujours aux courses parce que mon père commanditait plusieurs coureurs et ma mère faisait partie des courses depuis toute jeune. Sa famille coursait. Donc, elle a toujours été dans ce monde. Un moment donné, j’ai eu la piqûre d’essayer un slingshot, car je voyais que cette classe s’agrandissait et qu’elle devenait de plus en plus populaire».

Évidemment, comme son appétit grandissait, il fallait maintenant passer à la vitesse supérieure et investir de façon concrète:
«Au final, après quelques visites sur marketplace, on a décidé d’en acheter un d’Éric Lauzière ! J’ai fait mes débuts en fin de saison 2021, à 12 ans. Pour au final, adorer ce sport et s’investir à 100% dans cette classe en achetant une nouvelle voiture, remorque et tout pour la saison 2022. Cela va maintenant être ma 4e saison de course et ma première officielle en Modlite en me consacrant à 100% dans cette catégorie et laisser les Slingshots de côté».
Honnêtement, je dois m’incliner devant sa détermination à vouloir être la meilleure et ce, peu importe le prix à payer pour y arriver. Deux classes, ce n’est pas rien et je présume que ce n’est pas tout le monde qui a l’énergie et le temps pour s’investir autant dans une passion.
Comme la prochaine saison promet d’en être une où l’adaptation sera mise de l’avant, Mélodie a été très emballée de ses progrès faits au cours de la dernière saison. Malgré les premières courses un peu plus chaotiques, elle a su garder sa concentration pour développer une belle progression:
«Ma saison s’est bien passée. Je dirais que le début de ma saison a été plus difficile que ce que je pensais. Mon adaptation à ma nouvelle voiture était plus dure que ce je croyais, mais de course en course, ça s’améliorerait. Je faisais les deux catégories et la conduite est extrêmement différente. Donc, c’était plus difficile de m’adapter à la nouvelle. Mais, à la fin de la saison, tout allait super bien. On voyait les améliorations et j’étais beaucoup plus à l’aise avec la voiture».
Je ne peux pas dire à quelle vitesse le cerveau peut emmagasiner l’information, mais ça doit demander un effort gigantesque que de le faire deux fois plutôt qu’une. Vivement le début de la saison pour voir son évolution et se battre avec le peloton.
Deux voitures, deux classes, une soirée de course! Imaginez-vous le scénario d’avoir une mauvaise soirée en Slingshot pour ensuite se diriger vers son Modlite pour une finale de 25 tours. Ça doit demander, encore une fois, un effort de titan pour, non seulement mettre de côté sa moins bonne sortie, pour aller fraîche et dispos sur la piste pour sa deuxième course. Peu importe ce qui se passe, je me demande comment elle fait pour trouver son focus en pilotant deux voitures? Sa troisième saison en Slingshot lui aura été d’une grande aide:
«Le fait que j’en étais à ma 3e saison en Slingshot m’a aidé beaucoup, car je connaissais déjà la voiture et j’étais à l’aise. Du côté du Modlite, c’était nouveau. Donc, c’était plus difficile et la conduite est tellement différente. Donc, je ne pouvais pas me faire des repères entre les deux autos. Après quelques courses, je me suis adaptée aux 2 conduites et ça allait bien».
Elle est animée par une confiance en elle qui semble inébranlable. Malgré tout ce qui pourrait la rendre plus fragile, elle fonce et veut réussir à tout prix.
D’un point de vue extérieur, c’est un chemin qui peut paraître glissant, voire même dangereux, de toujours emprunter deux voies à chaque soir. Je pourrais facilement mettre un vieux deux dollars sur une concentration chancelante, mais visiblement que ça lui a apporté beaucoup de bénéfice dans sa vie personnelle ainsi que sur la piste:
«Ça m’a beaucoup aidée pour ma responsabilisation. Le fait de jumeler les deux classes et de devoir prendre le temps de regarder et analyser les deux voitures, après chaque course, m’a aidée à être plus responsable. Ça m’a aidée aussi pour ma confiance en soi, car j’ai eu une belle saison en Slingshot et une belle fin de saison en Modlite. Donc, ça m’a aidée à être plus confiante en moi».
Il y a tellement d’informations à analyser lors d’une soirée de course qu’il faut être ultra attentive à ce que la piste nous offre au fil de la soirée. Comme les conditions peuvent changer très rapidement, c’est doublement demandant pour la pilote d’être complètement à 100% pour sa deuxième course. Elle a fait ses devoirs la saison dernière en y allant de présence ici et là et la voilà maintenant à temps plein en Modlite pour 2026. C’est vraiment impressionnant!
Il y a toujours quelque chose qui nous anime pour que l’on poursuive notre passion. Ça s’échelonne sur plusieurs années jusqu’à temps que l’on décide que c’est assez ou tout simplement quand l’envie n’y est plus. C’est ce que je m’efforce de savoir à chaque fois qu’on a une conversation ensemble. Pour Mélodie, c’est une espèce d’exutoire qui lui permet d’être seule avec elle-même. Elle met tout derrière elle. Ce qui fait qu’elle peut simplement conduire sa voiture de course:
«Premièrement, l’adrénaline que ça apporte. La vitesse et la conduite de la voiture m’attirent vraiment. J’aime aussi le fait que ça me permet de me défouler, assise dans ma voiture, dans ma bulle, seule! Ça me permet de me vider la tête et de tout oublier. J’adore aussi l’entraide et les amitiés qui se créent dans ce sport. Même si sur la track, c’est un contre l’autre, les soirées après les courses et l’entraide pendant sont comme une grosse famille».
Il va de soi que certains «oublient», une fois que la course est terminée, que c’est réellement terminé. En ayant été dans les courses une bonne partie de ma vie, je peux vous dire que c’est soit que la personne n’avait pas toute sa tête pendant les courses ou encore qu’elle n’accepte tout simplement pas la compétition. Ce qui peut aggraver bien vite la situation. Je trouve plus qu’admirable le parcours de Mélodie et on peut juste être content pour elle.
C’est connu que la famille dans le sport est d’un grand support. Il y a des soirées plus difficiles que d’autres où la pilote a besoin d’avoir une oreille attentive pour l’écouter ou encore une épaule sur laquelle s’appuyer quand les émotions sortent. Mélodie nous racontait que ses parents sont dans les courses depuis plusieurs années. Ça le mérite d’être clair que sans eux, elle ne serait tout simplement pas rendue où elle est rendue aujourd’hui: «Oui beaucoup! Sans l’encouragement et l’aide de mes parents, je ne serais pas rendue là. Ma mère est d’une grande aide pour ma confiance en moi. Elle a toujours les bons mots pour me remonter le moral et pour me donner la force de persévérer. Mon père, lui, est toujours là pour m’observer sur la piste et me donner les meilleurs commentaires. Il analyse tous les petits gestes, bons ou mauvais, pour me donner les meilleurs conseils pour m’améliorer».
Le portrait est plus que complet parce que la figure maternelle l’aide au niveau des émotions alors que la figure paternelle l’aide pour tout ce qui est course. Non seulement elle se crée des souvenirs qui vont la suivre pour le restant de ses jours, mais elle peut continuer de pratiquer la passion qui l’anime jusqu’à temps qu’elle décidera quand ça sera terminé. Elle a le support nécessaire pour allonger sa carrière dans les courses le plus longtemps possible.
C’est un énorme privilège que de vous côtoyer à chaque week-end de courses pour aller prendre des photos. J’essaie de toujours me garder une petite place pour les photos qui sortent du lot. Celle où le moment très intime que vous avez avec vous-mêmes avant d’embarquer sur la piste pour votre finale. Je trouve que c’est une image très forte dans toute sa simplicité. Alors! Mélodie, la question à cent mille dollars? Que te dis-tu dans ta tête ?:
«La première chose que je me dis c’est de donner mon meilleur peu importe ce qui arrive. Je me dis aussi de le faire pour moi-même avant de le faire pour les autres. Car mon but premier, c’est de me rendre fière moi. Je me dis aussi que maintenant que je suis rendue sur la piste, il n’y a plus d’amis. Oui du respect, toujours, mais je me dis de ne pas donner ma place et de tout faire pour réussir à prendre celle des autres, toujours de la bonne façon par exemple».
Elle entre en piste avec la bonne énergie et dans un bon état d’esprit. À elle maintenant de bien «performer» une fois rendue sur la piste.
Malheureusement, il y a toujours ceux et celles qui choisissent une autre avenue et qui se distinguent des autres de la mauvaise façon, c’est-à-dire qu’ils dépassent la limite en y allant de commentaires désobligeants parce qu’ils trouvent qu’elle prend la place d’un autre. Mélodie ne s’en est pas laissé imposer et a décidé de poursuivre son petit bonhomme de chemin:
«Quand j’ai débuté, les petits gars «riaient» de moi au loin parce que, selon eux, les filles n’ont pas leur place, mais ça ne me dérangeait pas. Au contraire, je trouve que nous devons faire notre place et prouver que nous avons autant le droit que les hommes de faire partie de ce sport. Ce sont justement les «jugements» qui m’ont encouragé à persévérer et, à chaque bon résultat, j’aimais montrer aux gars que nous méritions notre place».
Comme elle l’a si bien dit, elle va sur la piste pour elle-même et pour personne d’autre. C’est le plus beau cadeau qu’elle pouvait se faire et tout le mérite lui revient d’avoir osé continuer.

Il faut saluer son courage et sa détermination pour avoir conduit deux voitures pendant un certain temps. Elle devait non seulement jongler avec deux tableaux constamment, mais elle voyait progresser ses performances en piste. Elle a choisi d’y aller à temps plein en Modlite pour la saison 2026. La camaraderie qui existe entre les pilotes et la sensation que procure d’être assise derrière le volant de ce type de voiture l’a convaincue de faire la saison en entier en Modlite:
«Je trouvais que cette classe avait beaucoup de respect et d’amitié comparée à d’autres. Il y a beaucoup d’entraide et c’est ce que j’aime dans le monde des courses. De plus, j’ai eu la chance d’essayer une voiture Modlite aux pratiques de fin de saison à Drummond pour le plaisir et j’ai vraiment eu la piqûre. J’ai vraiment aimé la conduite et le feeling. Donc, j’ai décidé de m’embarquer là-dedans».
Il ne faudrait pas s’étonner de la voir graduer les positions, plus la saison va avancer. Elle est dans de bonnes dispositions avec les idées claires pour connaître une bonne progression.
Et qu’en est-il de ses objectifs pour la saison 2026? Simplement de poursuivre sur cette bonne lancée qu’elle avait en fin de saison l’an passé et c’est plus que motivant à l’approche de la nouvelle saison:
«Mes objectifs sont de continuer à m’améliorer et de persévérer. La fin de saison 2025 s’est bien passée et mes résultats progressaient. Donc, j’aimerais repartir sur cette bonne base. Je n’étais plus très loin derrière et je commençais à compétitionner avec les autres coureurs. Donc, c’est ce que je veux reproduire et en mieux encore. Aussi, j’aimerais que le fait de faire qu’une seule catégorie me permette de connaître mieux la voiture et d’être meilleure dans les ajustements de la voiture en fonction des pistes et de ma conduite».
Elle n’est pas à l’abri de bris mécaniques et de malchances qui font partie du sport, mais disons qu’elle met toutes les chances de son bord pour les éloigner le plus possible.
Bon, une autre histoire de racontée. On a fait le tour à 360 kilomètres à l’heure de sa vie de pilote de course. Elle ne manque clairement pas d’ambition à l’approche de la nouvelle saison et ça promet pour la suite. Avec un bon mélange de vétérans et de recrues dans la série, il y aura très certainement de l’action à chaque week-end de courses. Un peloton qui ne cesse de grossir et ça me fait dire que la série semble en très bonne santé.
Bonne saison #15 !!!







