Mustang story…

Crédit photo : Éric Descarries

J’ai (encore) eu l’opportunité de conduire une Mustang pendant toute une semaine il n’y a pas si longtemps. Ceux qui suivent ce blogue régulièrement se rappelleront certainement que j’ai eu plusieurs Mustang comme voiture de presse au cours de ma carrière et plus encore dernièrement. Comment cela se fait-Il? C’est tout simplement que Ford lance diverses versions de cette voiture que l’on a longtemps connu comme «pony car» (vous comprendrez que le terme «pony» est dérivé de la marque Mustang). Et plus encore depuis les dernières années. Encore là, tout récemment, nous avons eu droit à des Mustang Bullitt, des Mustang Shelby, des GT et tout récemment des Mach One et des California Special. Sans parler des toutes nouvelles Mach E électriques (qui seraient, selon Auto Week, la voiture la plus vendue en Norvège au moment d’écrire ces lignes)…

Les plus récentes versions de Mustang, la Mach One (grise) et la California Special (blanche). Remarquez la similitude de nouveau déflecteur avant sous le pare-chocs.

Mais pourquoi tant de Mustang et peu, sinon pas de Camaro? Je trouve cela bizarre moi aussi. Ce qui est malheureux, c’est que General Motors du Canada ne nous propose pas de Camaro (la dernière que j’ai conduite remonte à septembre 2019 , une RS 1LE à quatre cylindres turbocompressé). Depuis ce temps…silence radio! Il est vrai que la Camaro ne se vend plus comme avant alors que même les Challenger se vendent plus. Mais, tout comme c’en est le cas pour la Mustang et même la Challenger (que FCA- Stellantis me propose régulièrement), Chevrolet nous dévoile aussi certaines nouvelles variantes de la sa Camaro…Alors, pourquoi n’y en a-t-il pas dans son parc de voitures de presse?

Alors, je reviens à la GT California Special que j’ai eue la semaine dernière. Les toutes premières California Special ont d’abord vu le jour en février 1968 chez quelques concessionnaires Ford de ce célèbre état américain alors que la fièvre des «pony cars» et des «muscle cars» battait son plein. Bien entendu, cette auto (en version coupé seulement) dont la différence majeure n’était que des décorations extérieures à la Shelby (prises d’air sur le côté, feux de la Thunderbird, des phares de route et plusieurs décalques) n’était disponible d’abord qu’en Californie puis en très petit nombre sur la Côte Ouest. Il était possible de la commander avec n’importe laquelle motorisation (du six en ligne au 428 avec boîte automatique ou manuelle) alors que moins de 5000 unités ont été produites. Aujourd’hui, une California Special originale peut commander un prix assez élevé sur le marché des «anciennes».

Les California Special au travers le temps.

(Photo Ford)

Ford a ravivé l’option California Special en 2007 (jusqu’à 2009) mais cette fois, elle était basée sur une GT. L’option est revenue de 2011 à 2014 puis en 2016 et 2017, toujours sur une version à toit fuyant de la GT ou en cabriolet. La toute dernière version de California Special est toujours basée sur une GT. Donc, sa mécanique demeure un ensemble de composantes «muscle car» incluant un V8 Coyote de 5,0 litres qui fait rien de moins que 460 chevaux et 420 livres-pied de couple. Cet ensemble dirige sa puissance aux roues arrière qui sont combinées à une suspension indépendante qui a alourdi la Mustang mais qui lui a donné une tenue de route unique pour un véhicule de ce gabarit. Notons, outre les freins plus puissants, des pneus Pirelli plus mordants qui aident la Mustang GT à mieux mordre sur le pavé.

La Mustang GT California Special dont il est question ici.

La même California Special vue de l’arrière. Remarquez l’ornement l’identifiant au bas du capot du coffre à droite.

L’intérieur de cette Américaine on ne peut plus typique est vaste et accueillant. Les très longues portières ouvrent facilement pour accueillir les passagers d’avant (comparativement à plusieurs européennes souvent vantées, l’accès à l’habitacle de la Mustang est tellement plus facile que celui des Camaro, par exemple). Un simple déclic derrière le dossier des sièges baquets fait basculer ce dossier facilitant l’accès aux places arrière (surtout avec la capote rabaissée). Si les places avant sont largement dégagées, celles d’arrière sont plus serrées pour les adultes mais très accueillantes pour les enfants. (C’est ici, comme je l’ai déjà noté dans le passé, que la Mustang est plus plaisante pour les enfants que sa concurrente la Camaro car les sièges d’arrière sont plus élevés permettant aux tout petits de mieux voir à l’extérieur. Le compartiment arrière de la Challenger est encore plus spacieux mais l’auto n’existe pas en cabriolet).

Le tableau de bord de la California Special est semblable à celui d’une GT.

Détails du tableau de bord de la California Special. Remarquez qu’à la radio, on y jouait un classique des Beach Boys…tout-à-fait approprié pour la California Special !

Les places arrière ne sont pas destinées à de grands passagers. Mais les enfants y seront relativement à l’aise!

Le coffre de la Mustang m’a toujours impressionné! Mais le subwoofer (à droite dans le fond) vient lui voler de la place!

Surprise! Il y a même un pneu de secours dans le coffre!

Comme par le passé, je reviens au coffre de la Mustang qui m’impressionne par ses dimensions relativement utiles. J’y ai souvent logé plusieurs valises et accessoires de plage sans me plaindre. Sauf que si l’on choisit l’option des haut-parleurs haut de gamme Bose, on se fait «voler» de la place par l’imposant «subwoofer» dans le coin arrière droite de la malle!

En ce qui a trait à la finition California Special, ce qui la distingue des GT, c’est un intérieur plus élaboré avec une sellerie spécifique avec l’inscription California Special dans le cuir des sièges d’avant et une ornementation unique nous rappelant la nomenclature du modèle.

Sur la route

La California Special est surtout une GT avec une finition unique. Par conséquent, son comportement routier est celui d’une GT selon les réglages choisis par le conducteur. En effet, lorsqu’on se glisse derrière le volant, on y note plusieurs commutateurs dont l’un d’entre eux est frappé du petit cheval en course. En pressant sur celui-ci, il est possible de changer plusieurs réglages dont celui des échappements (de Normal à Sport à Silencieux à Course). Car les échappements peuvent être bruyants (c’est comme cela que je les aime…c’est un «pony car» après tout!) alors que le mode Silencieux plaira plus à vos voisins de la banlieue tôt le matin au démarrage. Les autres réglages peuvent rendre la direction plus ferme ou encore changer la couleur de l’instrumentation du tableau de bord. Il y a tant de réglages…incluant des réglages pour utiliser l’auto en piste de course ou d’accélération (auriez-vous le courage de l’essayer dans de telles circonstances?)

Malgré tout, la California Special est toujours une GT. Avec la boîte manuelle, il faut savoir doser l’embrayage. Ma femme n’a jamais aimé que je joue de l’accélérateur pour débrayer…jusqu’à ce qu’elle conduise une telle auto. Malgré toute la docilité d’un tel V8, il faut savoir trouver le bon régime pour mâter le V8 Coyote. Toutefois, une fois maîtrisé, celui-ci est «doux comme un agneau». Cependant le mordu de performance appréciera ce V8 lorsqu’il est sollicité. Spécifions ici qu’il me faudrait un chapitre complet pour expliquer les divers modes de conduite et surtout Sport et Race qui permettent de mieux exploiter presque manuellement le potentiel de cette auto. Toutefois, pour en tirer le maximum, il me faudrait un circuit routier et une piste d’accélération…

Ce tout récent V8 (surnommé Coyote) n’a rien à voir avec le 5,0 litres (302) des premières Mustang mais on ne peut le voir, le moteur étant bien enfoui dans son compartiment. Notez la barre de renforcement des tours de suspension, un article qui existait déjà en 1968!

Je ne suis pas jeune. Mais, j’ai vécu cette époque des «pony cars » et des «muscle cars». Mes jeunes frères avaient des Mustang avec des V8 «small block» et «big block». Moi, je préférais des autos plus imposantes ou encore mes «indécrottables» Ranchero (autos-pick-up, j’en ai eu trois!). J’ai donc vécu l’époque de ces Américaines avec de puissants V8 mais peu de puissance de freinage ou encore de précision de direction. Aujourd’hui, je possède toujours un roadster Cobra (une réplique) de cette époque avec freins et direction sans assistance (ce qui fait réagir mon fils d’une trentaine d’années qui me demande comment nous faisons à l’époque pour conduire de tels monstres…ce qu’il a tout de même aimé!). Mais alors, les Mustang modernes sont tellement plus dociles et maîtrisables! Ce ne sont certes plus les Mustang d’autrefois! Et pourtant, ces dernières sont toujours utilisées dans des courses de voitures d’antan (Vintages) où elles sont toujours gagnantes! C’est fou comment elles ont évolué! En passant, saviez-vous que la Mustang est la voiture sport la plus vendue au monde? Ses ventes dépassent même celles des Porsche en Allemagne!

En pressant la commande avec l’ornement du petit cheval sur le volant, on peut obtenir ces «options» qui changeront l’instrumentation de la California Special en celle de bolide de course…c’est fou comment l’électronique a modifié le monde de l’automobile!

Seule note négative, il n’est plus possible d’obtenir une Mustang à un prix «abordable» de nos jours. La Mustang n’est plus proposée en version dénudée avec un gros moteur. Même la plus modeste des Mustang d’aujourd’hui est un véhicule de luxe! Dans le cas de la California Special à boîte manuelle, passer du point mort à 100 km/h peut se faire en moins de cinq secondes (on peut le vérifier avec la commande au tableau de bord, pas besoin d’un chronomètre) ce qui est impressionnant pour une auto de presque 4000 livres. Sa tenue de route est tout simplement rassurante (les gros pneus Pirelli y sont pour quelque chose) en autant que l’on ne se prenne pas pour un Gilles Villeneuve sur les routes publiques. Oh! Il y a toujours un petit tremblement dans la structure sur les (si superbement entretenues) routes du Québec mais c’est quand même acceptable. La vitesse maximale? Selon le constructeur, ce serait autour des 250 km/h! Mais veut-on vraiment en arriver là? J’ai préféré profiter de cette légendaire auto, la capote rabaissée (c’est si facile de l’abaisser avec une simple commande au cadre du pare-brise!) avec la musique des Beach Boys (XM Sirius 105) sortant des haut-parleurs B&O…Cependant, est-ce vraiment une auto pour nos hivers? Pas nécessairement quoique j’ai déjà utilisé un coupé GT en plein hiver alors que la voiture était équipée de pneus Pirelli Sottozero qui la rendaient plus sûre. Mais, nous, les plus vieux, nous utilisions des Mustang en hiver durant les années soixante avec de vulgaires «snow grips» qu’à l’arrière. Et ça fonctionnait!

Sérieusement, c’est toujours agréable pour un amateur de voitures comme moi de mettre la main sur une Mustang, surtout une GT California Special. Ce qui est le plus impressionnant, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de voitures de ce genre avec autant de puissance et de comportement routier sûr à ce prix (surtout à ce prix !) disponible sur le marché de l’auto.

Oh! Ce prix? Un cabriolet Mustang GT de base commence à 54 460 $. Dans le cas de ma voiture d’essai, il faut lui ajouter l’ensemble 401 A (régulateur de vitesse automatique adaptatif, GPS, etc…) de 2200 $, l’ensemble décoratif California Special de 2500 $, les soupapes d’échappement actives de 1000 $, le chauffe-moteur d’hiver de 150 $, le pneu de secours de 200 $, la radio haut de gamme de 1000 $, la taxe fédérale du climatiseur de 100 $ et les frais de transport et préparation de 1800 $ (et quelques autres petites dépenses supplémentaires) et on en arrive à un total de 63 440 $ …plus taxes.

Oh! Et la consommation? Si l’ordinateur de bord avait calculé ma consommation moyenne de la semaine (50-50 autoroute-ville) à 14,1 l./100 km, mes calculs à la pompe ont plutôt été de 15,4 l./100 km. Ce qui vous semble énorme est quand même raisonnable pour une si grande sportive de plus de 450 chevaux, n’est-ce pas?

L’arrivée de la Mustang Mach E électrique risque de jeter un peu d’ombre sur les Mustang à moteur à combustion interne. Toutefois, je crois qu’il restera encore suffisamment de mordus de la voiture à moteur V8 pour que cette maintenant légendaire voiture survive encore une dizaine, que dis-je, une vingtaine d’années!  

Maudit sauvage!

J’ai vu, de mes yeux vu, un conducteur de BMW X5 M faire marche arrière en manœuvre de stationnement sur la rue Jean-Talon le week-end dernier et non seulement s’appuyer sur le pare-chocs d’une (vénérable) Honda Civic mais même la pousser pour pouvoir se dégager et reprendre la route. Jusqu’ici, rien d’alarmant. Sauf que le «chic» monsieur avait une attache de remorque de type «heavy duty» à l’arrière de son X5 et que cet accessoire a laissé toute une marque sur le pare-chocs de la petite auto. J’ai frappé sur la carrosserie du X5 et le conducteur en est sorti. Je lui ai signalé qu’il avait fait des dommages sur la Civic. Il m’a répondu qu’il ne s’était aperçu de rien! (Faut-il croire que les X5 M, un véhicule neuf sûrement très «cheap» n’a pas de caméra de marche arrière…?). Je lui ai suggéré de laisser sa carte d’affaire dans le pare-brise de la Civic (il devait sûrement en avoir une) mais il a remonté dans sa voiture sans dire un mot et il est reparti (j’ai toujours son numéro de plaque). Coudon! À quoi sert notre technologie moderne payée si cher sur nos véhicules si l’on s’en fout! Ce n’était pas une Civic récente mais elle me semblait bien entretenue. Quelle déception de voir un propriétaire de voiture de luxe ne pas avoir plus de respect pour des gens moins fortuné! Je vous laisse le soin d’utiliser l’adjectif que vous voulez pour le «chauffeur» du BMW. J’ai le mien!

Un Explorer notable!

Selon son proprio, il lui aura coûté quelque 4000 $ pour faire «wrapper» son Explorer.

Vu dans un petit centre commercial de Laval, un VUS Ford Explorer «wrappé» pour imiter une vieille voiture toute rouillée! Son propriétaire, un tatoueur local, m’a dit qu’ainsi, il «avait moins peur de se le faire voler»! Original, n’est-ce pas?

Adieu Avalon et NSX!

Nouvelle de dernière heure, selon Automotive News, Toyota aurait l’intention d’arrêter la production de la grande berline Avalon durant les prochains mois. Ce modèle se rapprocherait trop des Camry les plus luxueuses (ce qui fait qu’il ne se vend plus!).

Toujours selon Automotive News, 2022 serait la dernière année de production de la superbe Acura NSX…

Et, finalement, pas de Salon de New York! Enfin, les organisateurs du Salon international de l’auto de New York viennent d’annoncer que celui-ci, qui a été déplacé d’avril à la troisième semaine d’août, sera finalement annulé (blâmer le reprise de la Covid-19!). On ne s’attendait pas à de nombreux dévoilements mais il y avait au programme celui du nouveau coupé Z de Nissan, de la version 4xe de la Grand Cherokee, de la nouvelle Subaru WRX et de l’Elantra en version N…

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