Ford Bronco Sport, la petite Bronco, Lightning, le F-150 tout électrique et plus

Crédit photo : Éric Descarries

Pourquoi aura-t-il fallu tant de temps à Ford pour raviver le nom Bronco? Certaines marques légendaires de ce constructeur lui appartiennent toujours : Bronco, Maverick, Thunderbird, Ranchero, Mercury et j’en passe. Il y a fort à parier que toutes pourraient revivre sur un nouveau modèle. Mais, malgré le fait que Bronco n’aurait jamais dû disparaître, la marque n’aurait jamais dû se retirer du marché.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Bronco, sachez que le nom est d’abord apparu au milieu des années soixante sur un simple petit véhicule tout-terrain qui devait alors faire concurrence à la Jeep CJ qui commençait à peine à connaître une grande popularité. À cette époque, les excursions hors-route devenaient de plus en plus populaires, surtout dans le sud-ouest américain. GM a mis quelques années à reconnaître que ce créneau de véhicule pouvait avoir un potentiel de ventes (what’s new ?) mais le géant américain a alors choisi de créer un véhicule totalement différent en créant le Chevrolet Blazer K-5 et son pendant GMC, le Jimmy, tous deux alors basés sur un pick-up de pleine grandeur raccourci. La formule a connu un certain succès alors que Chrysler (nom de l’époque) en est venu au Ramcharger, une version raccourcie du Dodge Ram. Ford a donc été forcé de revoir son Bronco sous la forme d’un F-150 aussi raccourci.

Toutefois, la crise du pétrole a forcé les constructeurs automobile de rapetisser leurs véhicules et Ford a choisi, au début des années quatre-vingt, de créer une autre version de son tout-terrain sur une base de pick-up compact Ranger. Ainsi est né le Bronco II qui a connu, pour sa part, un certain succès. GM a suivi avec ses petits Chevrolet Blazer S-10 et GMC Jimmy S-15.

Avec le temps et «l’évolution», tous ces véhicules ont laissé leur place à des VUS de plus en plus grands et plus gros dont l’Explorer et autres. Pendant ce temps, Jeep, maintenant propriété de Chrysler, DaimlerChrysler, FCA et maintenant Stellantis, a continué de progresser et de connaître une popularité et une reconnaissance mondiale qui lui sont devenues propres. Ford s’est bien aperçu de la situation. Ce géant américain nous a donc présenté un premier véhicule conceptuel lors d’un des plus spectaculaires Salon de Detroit. Mais, rien n’est sorti de cette aventure jusqu’à l’année dernière. Ford avait alors choisi de vraiment «raviver» la marque Bronco. Toutefois, tant qu’à y aller, pourquoi ne pas pousser plus loin et créer une «famille» Bronco? Le premier résultat de cette philosophie en a été la nouvelle Bronco à deux et quatre portes à venir, un véritable tout-terrain sur châssis rigide (basé sur le châssis du pick-up Ranger comme c’en fut le cas pour la Bronco II) capable de concurrencer le maintenant très populaire Jeep Wrangler! Toutefois, l’idée d’une famille a poussé les ingénieurs de Ford à créer une Bronco moins «agressive» pour les amateurs de la marque. Malgré qu’il soit capable de prouesses hors-route modérées, ainsi est né la Bronco Sport, un sorte de VUS compact affichant un air de robustesse mais conservant des caractéristiques et des dimensions de VUS urbain.

La nouvelle Bronco Sport est la version compacte de la Bronco à venir

L’explication est peut-être un peu longue mais elle doit répondre à une question qui m’a été souvent posée lors de mon essai hebdomadaire de la Bronco Sport : «C’est ça la Bronco?». NON ! Ça, c’est la Bronco SPORT! Pour expliquer rapidement la situation, la Bronco (à venir) est partiellement basée sur le châssis rigide du pick-up Ranger. La Bronco Sport, elle, est basée sur la plateforme C2 de Ford qui, pour le moment, se trouve sous la dernière version de l’Escape (et elle sera la plateforme de la mini-camionnette Maverick à venir, un autre «sujet», si je ne m’abuse, de la famille Bronco!).

Même de l’arrière, la Bronco Sport affiche un look plutôt robuste!

Cela étant dit, la Bronco Sport est un VUS compact plutôt urbain disponible en quatre finitions, base, Big Bends, Outer Banks et Badlands. Toutes sont à traction intégrale mais alors que la version Big Bends se veut plus élaborée que celle de base, la version Outer Banks (du nom des bancs de sable à l’est des Carolines aux États-Unis) est beaucoup plus élaborée alors que la Badlands se présente comme la plus aventurière du groupe.

Le véhicule qui m’a été prêté par Ford du Canada était une version Outer Banks de finition très agréable (avec une peinture d’un ton de gris appelé…Area 51 !). Mais, malgré son allure très robuste, il lui manquait quelque chose d’évident : des pneus plus agressifs! Il était chaussé de pneus Michelin Primacy A/S parfaits pour de longs trajets sur autoroute mais pas tout indiqués pour des excursions hors-route aussi faciles fussent-elles!

Revenons à la case départ. Ce qui est le plus accrocheur chez cette Bronco Sport, c’est son design très «camion» qui se distingue grandement des autres VUS compacts sur le marché. Au lieu d’afficher un look «soccer mom», cette Ford semble prête à attaquer des sentiers! Au lieu d’une ligne «aérodynamique» avec des phares effilés, la Sport se distingue par un avant très carré et des phares ronds. Le pare-brise est à un angle plus prononcé et le toit plus carré! La calandre est simple mais reconnaissable alors que les ornementations sont en plastique blanc plutôt qu’en métal chromé.

Il fut facile pour moi de comparer la Bronco Sport à une Escape car ma compagne roule en Escape. J’en ai donc une à la portée de la main. Malgré qu’il soit du millésime 2017, elle peut servir à une certaine forme de comparaison. Outre les différences physiques, la première constatation me fut de noter que la Bronco Sport m’a semblé légèrement plus spacieux à l’intérieur. Toutefois, je dois vous dire qu’au volant, la structure de la Bronco Sport m’a paru nettement plus rigide que celle de l’Escape que nous possédons!

Alors que notre Escape est mue par un quatre cylindres EcoBoost turbocompressé de 1,5 litre, la Bronco Sport qui me fut confiée par Ford du Canada avait aussi un moteur EcoBoost de 1,5 litre turbocompressé mais cette fois, il s’agissait d’un bloc à TROIS cylindres. Je m’en suis aperçu aussitôt que j’en ai pris possession ne serait-ce que par le son qu’il produisait!  Toutefois, ne vous laissez pas tromper par le fait que cet EcoBoost n’ait que trois cylindres! Il développe tout de même 181 chevaux et 190 li-pi de couple ce qui lui permet des accélérations de 0 à 100 km/h en quelque neuf secondes grâce à la boîte automatique à huit rapports! Définitivement, on est loin des trois cylindres des Geo Metro des années quatre-vingt-dix! (le petit EcoBoost est aussi disponible dans la Ford Escape) Le reste est presque identique à la mécanique de l’Escape 2021 avec lequel la Bronco Sport partage la plateforme. Toutefois, l’utilisateur de Bronco Sport Outer Banks a le privilège d’utiliser la commande rotative G.O.A.T. (Goes Over Any Terrain ce qui veut dire Aller sur n’importe lequel terrain) qui indiquera à l’ordinateur quelle fonction donner à l’antipatinage et autres commandes électroniques pour conserver une bonne adhérence sur la «route» incluant «sand» (comme dans les Outer Banks) et «snow». Évidemment, avec les pneus Michelin Primacy d’origine, je ne me risquerais pas sur un terrain boueux (fort possiblement que je changerais ces pneus pour de plus agressifs dès la livraison du véhicule) mais la garde au sol du Bronco Sport peut aider à négocier un parcours plus «exigeant».

Même le tableau de bord semble plus robuste, ne serait-ce que par son design plutôt simpliste.

Un rapide coup d’œil à l’intérieur nous indique que les designers de Ford ont voulu conserver un petit aspect «robuste» à la Bronco Sport. Le tableau de bord est d’une grande simplicité avec un bloc d’instruments (très lisibles) devant le conducteur et un écran bien intégré au centre. Le coffre à gants est plus bas devant le passager. La console est simple aussi avec quelques commandes rotatives incluant celle du choix des vitesses et celle des choix de terrains à parcourir (commande rotative G.O.A.T.). Le volant (encore une fois assez simple) est, toutefois assez chargé de commandes. Les sièges sont confortables, sans plus, mais avec un matériau relativement robuste. Les places arrière peuvent être à l’étroit si les passagers ont de grandes jambes mais l’espace disponible est passable. L’espace de chargement est semblable à celui de l’Escape mais avec un seuil assez bas. Remarquez, sur les photos que le plancher de cet espace cargo est recouvert d’un plastique encore une fois robuste mais surtout facilement lavable, tout comme les carpettes aux pieds des occupants. En passant, la visibilité y est très bonne tout le tour.

Les places arrière peuvent être étroites aux personnes avec de longues jambes.

L’espace de chargement peut être équipé de points d’arrimage et de robustes carpettes facilement lavables.

Sur la route (et même hors-route) !

J’ai déjà amorcé l’image de performance de la Bronco Sport avec le trois cylindres un peu plus haut dans ce reportage. Les accélérations ne sont pas foudroyantes mais elles sont acceptables. Quant aux reprises, elles sont confortables en autant que la boîte automatique réagisse rapidement. Dans une situation sur autoroute, j’ai eu la désagréable surprise «d’attendre» plus d’une seconde avant qu’elle ne réagisse en rétrogradant. Mais ce ne fut que la seule fois.

Derrière le volant, on note que le capot de la Sport est très présent. Il ne plonge pas vers l’avant ce qui serait bien en situation de stationnement mais au moins, le conducteur sait où le véhicule s’arrête. La conduite est aussi agréable et précise que tout autre VUS de sa catégorie mais il faut spécifier que sa suspension est juste un peu plus sèche que celle des VUS de tourisme. Malgré tout, j’ai tourné la commande des comportements à Sport ce qui m’a donné une suspension encore plus ferme mais pas inconfortable! Et les changements de rapports de la boîte de vitesses deviennent plus longs et plus espacés. Le ronronnement du moteur n’est pas désagréable. La direction est précise et le freinage bien à point. Mon petit «road trip» hebdomadaire dans les Laurentides a été des plus agréables!

Le «petit» moteur turbocompressé à trois cylindres est étonnant.

Mais, je me suis aussi permis une petite balade dans la pépinière de mon ami Pierre Archambault à Laval (Pépinor) dans les chemins de tracteur de son grand domaine. Cette route de terre avec ornières profondes et quelques buttes et côtes a facilement été négociée par la Bronco Sport. Notez que je ne l’aurais peut-être pas fait s’il avait plu car, malgré leur grand confort sur la route, les Primacy n’ont pas de rainures assez agressives pour la boue. Après avoir consulté mes amis et conseillers de Pneus Premier Choix à Laval, si le véhicule avait été mien, j’aurais choisi un Yokohama Geolandar G015 A/T ou un Toyo Open Country AT3 ! Mais, sur la terre sèche, c’était plutôt amusant!

Et vous aurez compris que les manœuvres de stationnement sont relativement faciles avec un véhicule de ce gabarit équipé, de plus, de caméras du système Co-Pilot 360 ! Et pour le remorquage, Ford annonce une capacité de 2200 livres selon l’équipement choisi.

En ce qui a trait à la consommation, le petit trois cylindres m’a surpris. Malgré mes «folies», j’ai obtenu une moyenne de 8,3 l./100 km alors que l’ordinateur de bord indiquait 7,9. Ce n’est certes pas si mal pour un petit VUS aussi agréable à l’œil. Car c’est vraiment là son grand attrait, son design unique qui invite à l’aventure!

Si les études démontrent que le prix moyen d’une voiture neuve au Canada est d’environ 42 000 $, vous serez contents (et étonnés) d’apprendre que la Bronco Sport Outer Banks dont il est question dans ce reportage affiche un prix final de 40 199 $ ce qui implique son prix de base de 34 199$ et 4100 $ d’options dont l’aide à la conduite Co-Pilot 360 de 850 $, les carpettes de caoutchouc de 250 $, la carpette pour le compartiment de cargo de 150 $, l’ensemble de remorquage de Classe II de 600 $, les belles jantes de 650 $, le système d’arrimage du cargo de 200 $ et l’ensemble Big Bend (toit ouvrant, système d’avertissement de marche arrière et tapis de recharge pour le téléphone) de 1300 $. Ajoutez à cela les 100 $ de la taxe fédérale d’accise pour le climatiseur et les frais de livraison de 1900 $ !   

Si vous n’avez pas nécessairement besoin de la plus grande puissance du quatre cylindres, il y a de fortes chances que le travail régulier du moteur à trois cylindres vous comble. Quant au succès du Bronco Sport…devrions-nous en douter?

Le Ford F-150 Lightning enfin dévoilé

Ça y est, Ford a levé le voile sur la version toute électrique de son populaire F-150. Qui plus est, il portera le nom de Lightning. On le distinguera surtout à sa calandre dont le contour est illuminé.

Le Lightning 2023 à venir se reconnaîtra à l’illumination supérieure de sa calandre.

(Photo Ford)

Rapidement dit, le Lightning sera mû par deux moteurs électriques, l’un pour l’avant, l’autre pour l’arrière ce qui en fera un véhicule à traction intégrale. Parmi les grandes innovations, notons une suspension arrière indépendante, un coffre à l’avant (où il y aurait eu un moteur thermique) et surtout un prix qui débutera à un peu plus de 60 000 $ au Canada (alors que la concurrence nous annonce des pick-up à plus de 100 000 $).

Il y a un coffre là où il y aurait dû avoir un moteur thermique!

Toutefois, le F-150 Lightning ne sera disponible qu’au printemps de 2022 en tant que modèle 2023. Nous aurons donc largement le temps d’en parler!

Une Versailles hors de l’ordinaire

Notre ami lecteur Gaétan Boucher a trouvé cette photo d’une Lincoln Versailles modifiée en cabriolet sur Internet. Connaissant mon intérêt pour cette marque (qui n’a été créée qu’en berline à quatre portes), il m’a fait parvenir cette image. Alors, quand je gagnerai le Gros Lot, je ferai modifier la mienne en conséquence. Quelqu’un connait-il un carrossier hors pair?

Enfin, merci au lecteur Richard Delisle pour ses bons mots!

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