L’imposant Cadillac Escalade et le nouveau Nissan Frontier

Crédit photo : Éric Descarries

Quand j’étais jeune, outre Rolls-Royce, il y avait deux grandes marques d’automobile qui représentaient le segment de grand luxe, Lincoln et Cadillac. Avec le temps, plusieurs autres marques étrangères se sont greffées à ce segment et tout doucement, Lincoln et Cadillac ont perdu de leur lustre. Qui plus est, les constructeurs de ces marques ont commencé à utiliser des bases issues de leurs autos les moins remarquables pour en faire des autos dites de luxe, ce que l’un de mes amis a commencé à baptiser des «Ford ou des Chevrolet saucées dans l’or»! Toutefois, durant les dernières années, ces grands constructeurs américains ont commencé à réagir. Malgré le fait que les structures de ces «nouveautés» soient toujours basées sur celle d’autos ou camionnettes plus régulières, ils les ont suffisamment modifiées pour que les produits affichent maintenant une personnalité qui leur est propre. Évidemment, comme vous l’avez certes remarqué, nouveau marché oblige, ces deux belles marques sont maintenant plus axées sur les VUS et VUM. Lincoln ne propose plus d’automobiles alors que Cadillac n’ait conservé que deux berlines.

Lorsque j’ai pris livraison d’un tout nouveau Cadillac Escalade la semaine dernière, je m’attendais, encore une fois, à un VUS GM issu des GMC Yukon et Chevrolet Tahoe. Et vu que j’ai traité du Tahoe la semaine dernière, je m’attendais à me répéter un peu…Mais ce n’est pas le cas!

Au départ, malgré que la caisse de l’Escalade soit très semblable à celle des Tahoe-Yukon, on voit facilement que l’avant et l’arrière sont uniques à Cadillac. On est loin de la toute première génération d’Escalade qui était ni plus ni moins qu’un Yukon avec une calandre différente, la solution qu’avaient adopté les designers de GM qui venaient de se faire prendre les culottes baissées par Ford dont les ventes du tout nouveau (à l’époque) Navigator avaient pris le marché par surprise. Je me souviens très bien d’avoir eu une discussion à cette époque avec les représentants de GM lors d’une de leurs présentations de produits et mon interlocuteur m’avait dit avec ironie : «On va laisser Ford se casser les dents tout seul». Chez GM, on croyait sincèrement que Ford risquait gros en créant le Navigator! Il leur a fallu se retourner vite!

: La calandre du nouvel Escalade est vraiment impressionnante.

La calandre de l’Escalade se fait très massive mais en même temps, elle se fait reconnaissable aussi surtout que les phares traditionnels y sont absents, remplacés par les barres de DEL que l’on voit très bien. Tout à l’arrière, les feux verticaux plus qu’originaux sont, peut-on dire, très visibles! Quant aux énormes roues…eh bien, elles sont énormes! Toutefois, c’est en montant à bord que l’on constate la grande différence entre l’Escalade et les Tahoe-Yukon !

Les feux arrière verticaux sont presque uniques sur le marché.

En approchant l’Escalade, plusieurs lumières s’illuminent (ce que l’on constate le soir venu, bien entendu). L’ouverture des portières se fait par des contacts à l’intérieur des poignées. La porte s’ouvre et le marchepied se déploie (malgré le froid, la neige et la glace, je n’ai jamais vu un de ces systèmes aussi utilisés sur des produits Ford faire défaut!). Et c’est là que toute la différence se dévoile! L’intérieur de l’Escalade n’a rien à voir avec celui des Tahoe-Yukon. Évidemment, il est plus luxueux incluant des tapis plus épais mais dès que l’on jette un coup d’œil au tableau de bord, on voit que les concepteurs de Cadillac y ont mis leur petit grain de sel. Une fois derrière le volant, on constate que le tableau de bord de l’Escalade est vraiment unique à Cadillac. Dès la mise en contact, un superbe tableau de bord entièrement informatisé s’illumine avec une instrumentation facilement lisible (incluant la réflexion du compteur de vitesse à l’intérieur du pare-brise). À la gauche du volant se trouve un petit écran tactile servant aux informations comme le trajet et les distances parcourues. Ce panneau vitré se prolonge d’un trait vers le compartiment du passager dévoilant ainsi un imposant écran pour la caméra de marche arrière ou le système de navigation. Toutefois, certaines commandes de chauffage et de ventilation demeurent traditionnelles…mais pas toujours facilement repérables (ni manipulables avec de gros gants d’hiver). Curieusement, contrairement aux commandes tactiles du passage des vitesses du Chevrolet Tahoe, le Cadillac Escalade conserve le bon vieux levier de vitesses au centre de la console! Incidemment, cet Escalade avait pour option intérieure un petit réfrigérateur dans la console. De plus, mon Caddy d’essai était équipé du système Night Vision (une option de 2300 $), un accessoire que j’aurais bien aimé essayer (quoique je l’ai déjà fait dans le passé sur d’autres Cadillac) mais que je n’ai pu faire vu les restrictions du couvre-feu (il m’aurait fallu des conditions sans éclairage éloignées de la ville pour ce faire). Il n’y avait pas, toutefois, d’option Super Cruise ce qui, malgré tout, ne m’aurait pas été utile en hiver vu la neige qui recouvre les lignes blanches sur les routes. Qu’importe, j’ai déjà «testé» ce système dans le passé et, de toute façon, je n’en aurais pas été un grand «fan» puisque je suis un peu…«vieille école» et que j’aime avoir le contrôle de mon véhicule.

 Le tableau de bord de l’Escalade est très impressionnant avec un grand écran horizontal qui traverse presque l’habitacle.

Le reste de l’intérieur de l’Escalade est, comme vous vous en doutez, somptueux. Il ne manque de rien, des sièges baquets (avec ajustements multiples) avant et du centre somptueux, chauffés et ventilés aux garnitures extravagantes en passant par une chaîne audio avec haut-parleur AKG haut de gamme. Même les trois petites places toutes à l’arrière (parce que l’Escalade Platinum est à sept passagers) sont invitantes. Grâce à la suspension arrière indépendante, le plancher est plus plat et accorde plus de place aux jambes des occupant tout à l’arrière. Quant à l’espace cargo, il ressemble à celui du Tahoe de la semaine dernière: modulable et caverneux, tous les dossiers des sièges pouvant se replier (par commande électrique, bien entendu!).

Les places du centre sont accueillantes et faciles d’accès. Notez les écrans pour les passagers derrière les dossiers d’avant.

Les places tout-à-l’arrière ne sont pas aussi resserrées que dans certains autres VUS à sept places.

Même si les dossiers sont tous à leur place, il reste un peu d’espace de chargement. On peut accéder à ce compartiment en passant le pied sous le signe lumineux que le Cadillac projette au sol…en autant que le camion ne soit pas garé trop à la droite près d’un banc de neige! (Photo Éric Descarries)

Malgré les dossiers en place, il y reste beaucoup d’espace de chargement.

On obtient plus de place en repliant les dossiers des sièges arrière…

Côté mécanique, le Cadillac Escalade partage plusieurs de ses éléments avec le Tahoe de la semaine dernière. Sauf que le moteur, un V8 à essence, est beaucoup plus puissant avec ses 6,2 litres. Il développe 420 chevaux et 460 li-pi de couple (il y a un six cylindres turbodiesel au catalogue de l’Escalade, si cela vous intéresse…). Comme le Tahoe, ce moulin est combiné à une boîte automatique à dix rapports alors que le boîtier de transfert est à traction intégrale. Toutefois, ce qui compte le plus, c’est ce pont arrière à suspension indépendante, une nouveauté technique importante (que l’on retrouve aussi sous les Tahoe et Yukon) qui améliore grandement le comportement routier des grands VUS de GM. Enfin, ne l’oublions pas, mon Escalade d’essai était équipé d’une suspension pneumatique ajustable. Outre la position régulière, celle-ci pouvait se soulever de quelques centimètres pour affronter des situations hors-route «raisonnables» (franchement, on ne voit pas beaucoup d’Escalade dans des excursions hors-route le moindrement exigeantes…) ou se rabaisser pour faciliter l’accès aux personnes moins mobiles (ou habillées trop serré!) ce que j’ai trouvé utile pour ranger le grand VUS dans mon abri Tempo (sinon, il ne passait pas!). Notez qu’en roulant, le grand Cadillac reprend sa hauteur de croisière…

Avec tous ces boyaux, boîtes et protecteurs, il est difficile de voir le moteur de ce Cadillac.

Sur la route

Encore une fois, je voyais l’importance de faire un petit «road trip» pour avoir vraiment le «pouls» de cet Escalade comme je l’ai fait avec tous les véhicules que j’ai conduits depuis le début des confinements de la pandémie. Et encore une fois, j’ai pris la direction du nord  par l’autoroute 15 (des Laurentides) pour revenir par Saint-Donat et la route 125 (sans oublier mon petit arrêt pour une pizza à Val David).

Dès les premiers tours de roues au volant de l’Escalade, on ne peut que se dire qu’on est «en Cadillac» avec l’Escalade. Le véhicule est d’une grande douceur alors que le silence règne dans l’habitacle. Dois-je vous préciser que les occupants jouissent d’un grand confort dans ce grand véhicule? J’ai bien apprécié les sièges (ajustables) qui m’ont supporté sans me fatiguer ! De plus, la finition intérieure remarquable n’émettait aucun bruit de caisse ou d’assemblage. La radio combinée à la sonorisation AKG (36 haut-parleurs!) vaut la peine d’être expérimentée.

Alors que le Chevrolet Tahoe m’avait donné une certaine satisfaction au niveau de la puissance, les performances de l’Escalade ont été encore plus convaincantes. Passer de 0 à 100 km/h demande moins de huit secondes! Évidemment, les performances en cas de dépassement sont aussi plus que satisfaisantes. Toutefois, malgré tous ces exploits technologiques, il faut se rappeler qu’il s’agit d’un véhicule de près de 3500 kilos et que ce n’est pas une voiture de sport! Chaussé de pneus Bridgestone Blizzak DM V2, ce grand VUS était aussi à l’aise sur chemins enneigés que sur pavé sec. Encore une fois, j’ai parcouru un petit circuit de quelques 250 kilomètres dans les Laurentides et Lanaudière pour évaluer le comportement routier de ce véhicule de GM et j’ai vite réalisé que, malgré la qualité du revêtement des routes, l’Escalade demeurait silencieux avec aucun son agaçant provenant des pneus ! Quant à la visibilité, elle est aussi facile que l’on puisse l’imaginer sauf qu’il faut s’assurer que les appuie-tête de la dernière banquette soient rabaissés si le conducteur veut profiter du rétroviseur intérieur. Aussi, celui-ci devra se méfier de l’imposant pilier de pare-brise qui peut lui cacher un obstacle ou un piéton ou une automobile venant de la gauche!

L’Escalade était chaussé d’imposants pneus d’hiver Bridgestone Blizzak DM V2 d’hiver!

Du moment où l’on voit un tel véhicule sur la route, on se demande quelle pourrait bien en être la consommation. Dans mon cas, j’ai obtenu une consommation moyenne de 16,0 l/100 km alors que l’ordinateur de bord indiquait 14,0. Ce serait plus que celle du Tahoe mais ce dernier avait un plus petit moteur. De plus, l’Escalade est à traction intégrale (j’avais placé celle du Tahoe en propulsion seulement) et le Cadillac est nettement plus lourd (6300 livres sans liquides). GM en publie une consommation urbaine de 16,8 l/100 km alors que l’Escalade devrait donner une consommation de 12,4 l/100 km sur autoroute…sous des conditions idéales, pas par temps froid avec de la neige et ainsi de suite! Curieusement, malgré son moteur très puissant, Cadillac ne lui annonce une capacité de remorquage que de 7500 livres!

En ce qui a trait au prix, tenez-vous bien! Le prix de base d’un Cadillac Escalade Premium Platinum est de 117 798 $. Ajoutez à cela le petit frigo mentionné plus haut (805 $), la peinture spéciale à trois couches (1395 $), l’équipement Night Vision (2300 $), la taxe fédérale pour la climatisation (100 $) et les frais de transport et préparation (2100 $) et on en arrive à une facture finale de 124 498 $…plus taxes!

L’Escalade est aussi livrable en version allongée ESV (mais qu’à sept ou huit passagers) ce qui en fait une véritable limousine pour les grands hôtels de New York (!). Répétons qu’il existe un moteur turbodiesel à six cylindres de disponible au catalogue de l’Escalade. Inutile de me demander si l’Escalade serait un bon véhicule pour voyager, vous avez votre réponse ici même. Évidemment, ce n’est pas le véhicule le plus facile à stationner en ville. Mais vous ne passerez pas inaperçu où que ce soit que vous passerez!

Un nouveau Nissan Frontier voir le jour!

Comme je vous l’expliquais la semaine dernière, vu qu’il n’y a plus de Salons de l’auto, les constructeurs préfèrent nous dévoiler leurs nouveautés par Internet. Cette semaine, la vedette a été la version redessinée du pick-up Frontier de Nissan.

Nissan a enfin dévoilé son Frontier redessiné.

On l’attendait de pied ferme, ce nouveau Frontier! Le constructeur japonais Nissan nous aura fait languir pendant des années avant ne nous en présenter une nouvelle version. Mais le voici enfin. Et contrairement à ce que certains journalistes s’attendaient, il ne ressemble en rien aux versions européennes de petit pick-up Nissan, le Navarra.

L’intérieur du nouveau Frontier est certes plus moderne que celui qui tirera sous peu sa révérence.

Au contraire, Nissan a plutôt préféré recréer une sorte de version miniaturisée du grand Titan pour l’Amérique du Nord. Disponible avec une caisse de 5 ou 6 pieds, ce concurrent des Toyota Tacoma, Ford Ranger et Chevrolet/GMC Colorado/Canyon sera disponible dès l’été prochain avec un moteur V6 de 3,8 litres de 310 chevaux et 281 li-pi de couple combiné à une boîte automatique à neuf rapports. Il sera proposé avec la cabine King Cab (incluant la version Pro-4X concurrente des Colorado ZR-2, Canyon XT-4, Tacoma TRD et Ranger Tremor) ou la cabine double d’équipe. Sa capacité de charge sera de 1400 livres et celle de remorquage sera de 6500 livres. Aussitôt qu’il sera disponible, j’essaierai de vous en faire un compte-rendu.

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Éric Descarries
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