La superbe Genesis G80

Crédit photo : Éric Descarries

La superbe Genesis G80, un nouveau pneu de Nokian, les Véhicules de l’année et le Salon de Detroit

Quelle belle façon de commencer l’année que d’essayer la toute nouvelle berline de luxe G80 de Genesis. Si vous suivez ce blogue, vous vous rappellerez que Genesis Motors Canada m’avait confié deux modèles de G80 (un avec le quatre cylindres turbo et l’autre avec le V6 biturbo ) afin de me permettre de voter pour la voiture de l’année de l’AJAC mais ce n’était que pour quelques heures. On était alors au début de décembre. Cette fois, je viens de passer une semaine au volant de cette auto (que je considère exceptionnelle) et, malgré la pandémie et toutes ses restrictions, j’ai réussi à couvrir presque 400 kilomètres en me faisant de petits «road trips» (je vous fais remarquer que je ne m’arrête presque nulle part et que je n’ai aucun contact avec d’autres «humains» sauf ma femme et les gens qui me livrent mon repas-minute à la commande à l’auto).

La superbe berline G80 de Genesis.

La G80 vue de l’arrière.

En ce qui a trait à la ligne extérieure de l’auto, je vous laisse juger par vous-même de la beauté de cette berline. Moi, mon opinion est que c’est une des plus belles voitures à nous être proposées depuis de nombreuses années. Il est vrai, je le reconnais, que la calandre est plutôt massive. Mais il me semble qu’elle s’intègre bien au design général de la voiture. Seule remarque que vous pourriez considérer comme négative, je trouve qu’il n’y a pas suffisamment de protection pour cette calandre. Elle n’est pas flexible et il n’y a pas de pare-chocs pour la protéger. Autrement, la G80 est un véritable plaisir pour l’œil. Son style reprend celui de la «limousine» G90 mais, malgré le fait qu’elle demeure imposante, tout l’ensemble est bien équilibré.

La calandre de la G80 me paraît très vulnérable si elle entre en collision même légère avec un autre véhicule!

Une fois que l’on se glisse à l’intérieur, force nous est d’admettre que les designers ont réussi à combiner à la fois le classique et le moderne. Le dessin du tableau de bord n’est pas torturé sauf que je ne suis pas toujours en admiration devant ces écrans d’infodivertissement qui se tiennent debout sur la planche horizontale telle une télévision à grand écran. Mais, dans le cas de la Genesis, je l’accepte surtout qu’il fournit une foule d’informations. L’instrumentation, elle, bien campée dans son nid devant le conducteur, est si facile à consulter. Encore une fois, j’apprécie l’affichage à tête relevée du compteur de vitesse dans le pare-brise. Comme c’en est rendu la mode, le levier de vitesse est disparu pour laisser place à une commande rotative à la console. Il y a aussi cette drôle de commande des accessoires qui ressemble à un «tapis de souris» pour la radio, la navigation et le divertissement mais, étant un peu de la «vieille école», je lui préfère les autres commandes tactiles ou les boutons que l’on retrouve au tableau de bord ou encore au volant (parfois, la redondance est exagérée…trois commandes manuelles pour la même fonction?) .

Le tableau de bord de la nouvelle version de la G80 est agréable à l’œil.

La finition intérieure est irréprochable et, surtout, de bon goût. Les couleurs sont bien agencées, les matériaux sont agréables au toucher et la broderie de la sellerie est bien exécutée. Les sièges avant sont plus confortables que ceux de bien de voitures de luxe que j’ai essayées récemment et j’ai aimé les nombreux ajustements possibles incluant le chauffage et la ventilation. Inutile d’en ajouter sur les places arrière, la G80 étant aussi une véritable limousine, les passagers y trouveront beaucoup d’espace, de confort et de débattement. Il en va de même pour le coffre dont l’espace disponible est très bon pour deux grands voyageurs. Car, si vous recherchez une véritable grande routière pour de longs trajets, la G80 est l’article tout indiqué!

Les places arrière sont dignes d’une limousine!

Le coffre de la berline G80 est amplement suffisant pour accepter les bagages d’au moins deux voyageurs. (

La G80, je le répète, est disponible avec un moteur turbocompressé à quatre cylindres de 2,5 litres qui développe quelque 300 chevaux. J’ai essayé cette version en décembre dernier et j’ai trouvé ce «petit» moulin bien à l’aise dans cette grande caisse. Toutefois, je lui préfère le V6 biturbo de 350 chevaux parce que je considère que dans une telle voiture, la douceur d’un V6 est plus notable et plus appropriée (ce V6 remplace avec brio le V8 qui équipait les G80 de la génération précédente). Peu importe le moteur, la voiture n’est disponible qu’avec une boîte automatique à huit rapports alors que celle-ci fonctionne tout en douceur. Au Canada, les Genesis ne sont disponibles qu’avec la traction intégrale (nos amis américains ont droit à la propulsion arrière seulement ce qui explique la position longitudinale (ou nord-sud) du moteur) ce qui est une sage décision surtout dans notre coin du monde. Chaussée de pneus d’hiver Pirelli Sottozero, cette auto ne connaîtra aucune difficulté à se déplacer sur des routes enneigées alors qu’elle sera plus sécuritaire sur des routes glacées. La suspension indépendante est ajustable par conducteur. J’y reviens plus bas.

Le moteur V6 est un choix plus approprié pour une auto de grand luxe comme la Genesis G80.

Sur la route.

Comme je l’écrivais plus haut, j’ai préféré commencer ma période d’essais en roulant sur des routes du nord de Montréal effectuant ainsi une petite loupe qui m’a permis d’apprécier l’auto sur autoroute avant de prendre certaines routes secondaires à la fois plus sinueuses et même endommagées. Je me suis même permis d’ajouter un nouvel élément à ma charte d’évaluation, celui de la possibilité de manger confortablement à l’avant du compartiment des passagers. Pandémie oblige, on ne peut plus, pour le moment, s’arrêter pour casser la croûte dans un des nombreux petits restaurants des Laurentides. Alors, il faut passer à la commande à l’auto et ingurgiter un repas «fast food» dans la voiture surtout en hiver! Mais, parfois, j’aime bien manger une pizza ce qui demande un peu plus de débattement. Avec ma femme, on s’est concocté un petit panier à pique-nique qui nous suit dans ces «road trip» ce qui nous permet de manger autrement avec un peu plus de confort (parfois, il nous est possible d’apporter notre lunch dans ce panier ce qui est une autre solution). Alors, pour manger à bord, on essaie de s’installer du mieux que possible afin de profiter en même temps de la chaleur de l’habitacle. En reculant au maximum les sièges avant de la Genesis, on obtient suffisamment d’espace (pour deux personnes) pour déballer une partie du lunch (ou ouvrir la boîte de pizza!) et manger dans un certain confort en toute tranquillité. (J’ai hâte de profiter de l’espace arrière d’un grand pick-up ou VUS d’essai pour effectuer ce «test»!).

Blagues à part, question performance, on ne peut se plaindre du V6 de la Genesis (qui, je le répète, remplace le V8 de l’année dernière). Il atteint facilement le cap des 100 km/h en moins de six secondes alors que je vous fais grâce de sa vitesse maximale. Toutefois, lorsqu’arrive le temps de doubler, on appréciera le couple du V6 qui s’acquitte de cette tâche avec aisance et surtout avec confiance. Certains se plaindront de la direction un peu tendre de la voiture surtout si on la compare avec celle de certaines concurrentes européennes. Mais elle demeure précise et, sur les routes sinueuses (la 327 et la 364 entre Tremblant et Saint-Sauveur demeurent mes routes de prédilection pour ce genre d’exercice), j’ai senti quand même une bonne réponse du volant. Il en va de même pour la suspension. Ultra confortable sur autoroute (le silence de roulement y est de mise), on pourrait l’accuser d’être un peu tendre sur des routes parfaites. Mais, du moment où l’on roule sur des revêtements plus accidentés, on apprécie vite cette douceur qui absorbe la majorité des chocs. De toute façon, si le conducteur préfère une suspension plus ferme comme on en retrouve sur certaines allemandes, il n’a qu’à choisir la fonction «Sport» à la commande à la console centrale. Quant à moi, je pense qu’une telle auto a d’abord été conçue pour le confort et les longs voyages. Alors, je préfère la position «confortable»!

En ce qui a trait au confort, à la climatisation ou chauffage et à l’agrément de conduite, cette auto est difficile à battre. La visibilité y est aussi très bonne et les passagers d’arrière devraient profiter d’autant d’avantages. Évidemment, la sonorité de la radio est à la hauteur de la situation alors que le grand écran de plus de 14 pouces au tableau de bord est très utile si l’on doit utiliser le système de navigation.

Évidemment, comme pour toute nouvelle voiture de luxe, la G80 peut se conduire presque seule si le conducteur choisit les commandes appropriées en ce sens. Quant à moi, je préfère garder les commandes de l’auto. J’aime conduire!

En situation urbaine, la Genesis G80 demande un peu plus d’attention compte tenu de son gabarit. Par contre, on appréciera les divers avertissements sonores de proximité en stationnant la voiture. Cette opération demande un peu de dextérité…à moins que l’on se fie au système de stationnement automatique. Un peu de recherche dans les instructions du constructeur et on se rend compte que l’auto peut avancer ou reculer d’elle-même si le conducteur tient le bouton de la télécommande enfoncé à l’extérieur du véhicule. Cette fonction peut vous sembler superflue mais imaginez un instant que deux voitures stationnées trop près de votre Genesis vous empêchent d’atteindre l’intérieur! Alors, il n’y a qu’à peser sur la commande (qui ne répondra que si tout autour est dégagé) et l’auto avancera (ou reculera) tout doucement pour vous permettre d’ouvrir les portières!

Mon essai a été complété par des déplacements en condition urbaine et j’ai obtenu au bout de la semaine une moyenne de consommation de 10,9 l./100 km alors que l’ordinateur de bord indiquait …10,8! Selon les documents  de Genesis, cette version Prestige 3,5 litres afficherait un prix de 76 000 $ mais le constructeur ne m’a pas donné de détails concernant les autres frais (dont ceux de transport et de préparation) sauf que je sais déjà qu’il faudrait ajouter à ce moment au moins les 100 $ de cette ridicule taxe d’accise pour le climatiseur (votée en 1974 ou 75 alors que les autos de l’époque étaient équipées d’un imposant compresseur de climatiseur qui exigeait 5 ou 6 chevaux au déjà gros V8!). Les autos modernes ont de tout petits compresseurs alors que certaines sont à adopter des compresseurs électriques!

Enfin, la Genesis G80 vaut-elle la peine d’être considérée? Il existe encore beaucoup de préjugés sur ces autos sud-coréennes (provenant du groupe Hyundai, précisons-le). Trop de gens les comparent à de «légendaires» marques surtout allemandes qui ont bâti leur réputation à partir de la course ou du sport automobile. Ce n’est pas encore le cas pour Genesis. Toutefois, la réputation de la marque est à se bâtir et ce que l’on peut en déduire, c’est que les Genesis semblent afficher une fiabilité difficile à battre si l’on se fie à de nombreux rapports professionnels! Peut-être que la valeur de revente est moindre que celle de ses concurrentes (dont la valeur de revente n’est pas toujours des plus impressionnantes non plus, selon le modèle, bien entendu) mais, je suis persuadé qu’avant longtemps, Genesis y arrivera. L’autre problème, c’est que Genesis nous arrive avec cette nouvelle génération de G80 (dont mes impressions de conduite de l’ancienne génération étaient tout aussi élogieuses à l’époque, surtout pour les modèles à moteur V8) à une époque où les consommateurs semblent préférer les VUS et VUM à ces belles berlines. Au moins, à ce chapitre, Genesis aura le GX80 à leur proposer, un VUS (ou VUM, c’est selon) dont il sera question dans quelques semaines dans ce blogue!

Une nouvelle approche de Nokian

Plusieurs automobilistes québécois sont familiers avec la marque finlandaise de pneus Nokian parce que ce fabricant scandinave a su leur proposer des pneus d’hiver très efficaces. Mais, dans bien des cas, la reconnaissance du produit s’est arrêtée là. Les pneus d’hiver étaient bons mais on ne souciait guère des versions d’été ou autres! Depuis les quelques dernières années, le petit manufacturier Nokian (qui vient de la ville finlandaise de Nokia) a commencé à varier son catalogue de produits et surtout à s’aventurer sur le continent nord-américain où il n’a jamais joué autre rôle d’importance que celui des pneus d’hiver limité, avouons-le, à des régions spécifiques du continent.

Nokian nous proposera un nouveau pneu dit de toutes saisons pour le printemps, le One.

(Photo Nokian Tyres)

Depuis l’année dernière, Nokian a l’intention de mieux s’installer en Amérique grâce à sa nouvelle usine de Dayton au Tennessee (et non Ohio) en produisant d’abord un tout nouveau pneu toutes saisons destiné surtout aux camionnettes et VUS, le Nokian One HT spécifiquement conçu pour ces véhicules typiquement nord-américains.

Cette fois, Nokian donne un encore plus grand coup en lançant un pneu toutes saisons (donc d’été pour nous), le Nokian One pour automobiles, VUM et VUS légers qui sera fabriqué à Dayton (et aussi en Russie et en Finlande). Affichant des caractéristiques intéressantes dont un renforcement des flancs par câbles d’aramide pour les protéger des chocs des nids-de-poule, ce nouveau pneu spécifiquement conçu et destiné aux automobilistes nord-américains sera disponible en 71 grandeurs pour 91% du marché. Il en sera bientôt question dans ce blogue.

Les Véhicules de l’année selon les journalistes nord-américains

Au cas où vous ne l’auriez pas encore vu, le plus important groupe de journalistes nord-américains de l’automobile a finalement voté pour ce qu’ils considèrent les plus importants véhicules de l’année sur le continent. Divisé en trois catégories, leur vote s’est ainsi terminé par la victoire de la Hyundai Elantra comme auto de l’année, par celle de la Ford Mustang Mach-E (électrique) pour l’utilitaire de l’année et celle du pick-up Ford F-150 renouvelé pour la camionnette de l’année. Les votes de l’Association des  Journalistes Automobile du Canada (AJAC) ne seront connus que plus tard en février.

La Hyundai Elantra a été votée Auto de l’Année par les journalistes nord-américains.

(Photo Hyundai)

La Ford Mustang Mach E toute électrique a été votée, elle, Utilitaire de l’Année.

(Photo Ford)

C’est sans surprise que la nouvelle Ford F-150 entièrement révisée a été choisie Camionnette de l’Année.

(Photo Ford)

Le Salon de Detroit annulé…puis remplacé… La (triste) nouvelle est tombée, l’autrefois si légendaire et important Salon de l’Auto de Detroit (North Americain International Auto Show) qui avait été rapporté de janvier à juin puis à…plus tard a enfin été annulé pour 2021, COVID oblige. Toutefois, tout n’est pas perdu puisque le groupe organisateur de cet évènement tentera le tout pour le tout afin d’en présenter une version extérieure à un complexe de course automobile durant la saison estivale qui vient !

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Éric Descarries
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