Se réinventer

Crédit photo : François Richard

Je vais commencer cette dernière chronique de 2020 par de grandes paroles d’un grand sage (c’est à dire moi-même), histoire de vous placer en introspection sur votre être intérieur profond : dans la vie il y a des hauts et il y a des bas. Cependant, il y a des bas qui sont hauts et des hauts qui sont bas tout comme certains bas qui sont très bas et quelques fois des hauts qui sont vraiment très hauts.

J’essaie de placer 2020 quelque part dans cette pensée et je dois franchement vous avouez que je n’y arrive pas mais, vraiment pas !

La première année de la troisième décennie du 21e siècle en fut une spéciale et pas à peu près.  Jamais depuis la seconde guerre mondiale l’humanité n’aura été plongée dans un contexte aussi particulier.  Dans les livres d’histoires, il y aura l’avant et l’après-COVID. Bien des collègues de travail, des amis et des familles sont divisés sur le sujet. Cela nous rappelle l’époque des souverainistes et des fédéralistes, des Canadiens et des Nordiques ou encore celle de la gauche et de la droite. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je m’ennuie de tout ça.

Se réinventer ….. 

S’il y a une qualité intrinsèque à l’être humain, c’est que celui-ci, au fil du temps, des tragédies et des embûches, a toujours su se réinventer pour évoluer et s’adapter à son environnement. Je pense ici à tous les hommes d’affaires et les entrepreneurs qui ont dû prendre les bouchées doubles pour sauver leurs entreprises, des compagnies qu’ils ont souvent mis au monde en suant à grosses goûtes, certains remettant tout en jeu pour réaliser leurs rêves d’entrepreneur.

Le sport, autant amateur que professionnel, a mangé une grosse taloche en arrière de la tête et quand il s’est relevé, il a reçu une baffe en plein visage.  Dans un tel contexte, il peut devenir pertinent de se remettre en question et saisir l’occasion parfaite pour se réinventer.

Merci au « Sim racing »

Plusieurs dirigeants du monde de la course auto qui regardaient jusqu’en février dernier la course en ligne de haut ont soudainement vu une occasion en or de garder contact avec les amateurs. Plusieurs ont reproché, depuis très longtemps, à NASCAR d’être conservateur. Cependant, il faut admettre que les rois de la  planète du stock-car avaient déjà vu le potentiel immense du «sim racing». Ils avaient déjà prêté leur nom à des séries sur Iracing et NASCAR Heat sur console. Là-dessus, nous sommes forcés d’admettre qu’ils ont été visionnaires.

Quand la pandémie est devenue sérieuse, NASCAR a été la première à mettre en place un spectacle télévisuel «virtuel» avec de vrais pilotes permettant ainsi de conserver un contact avec son auditoire. Quel coup de génie d’avoir mis à l’animation Jeff Gordon et Clint Bower. Iracing a vu ses abonnements exploser et on doit remercier NASCAR de les avoir carrément mis sur la MAP. La discipline est tellement devenue populaire qu’Il y a eu des pénuries d’équipement sur le marché pour les nouveaux adeptes.

La F1 et la Formule électrique ont aussi sauté dans l’aventure avec un succès plutôt mitigé. Leur erreur a été d’ignorer Iracing et d’y aller autrement, la formule E sur RFactor alors que la F1 a préféré utiliser son propre jeu qu’elle commandite via Code Master

Au Québec le monde de la simulation était déjà bien établi, et ce depuis le début des années 2000. Certains dirigeants de complexes motorisés québécois ont senti le bon filon et se sont lancés dans l’aventure, cela, souvent, au détriment de ceux qui tenaient la discipline à bout de bras depuis des années. Pour les pilotes, cela représentait des ligues de plus où s’inscrire tandis que pour les administrateurs de ligues existantes, cela représentait un défi différent. Des nouveaux joueurs faisaient leur apparition avec des moyens (financiers et médiatiques) jamais vus auparavant. Il faut dire qu’à l’automne les choses se sont replacées,  avec du recul, force nous est d’admettre que la discipline en entier en est ressortie gagnante.

Chapeau à NASCAR

Si l’on exclut la lutte et les arts martiaux mixtes, l’ensemble du sport professionnel a été mis sur pause dès le début de la première vague. La NFL qui était dans son entre saisons n’avait qu’à respecter les dates de son repêchage et de la période des joueurs autonomes pour garder son «Fan base» alerte.

(Petite parenthèse NFL : Quel plaisir de voir, en ce 28 décembre, les Bills donner une rincée aux Patriots ! Salutations aux partisans des Pats qui vivront au cours des prochaines années ce que les amateurs des Bills ont vécu pendant presque 25 ans. Soyez certains que plusieurs «Pats haters» sauront bien s’occuper de vous !)

                                                                               – Un partisan des Bengals qui a grand espoir en l’avenir

Les grands penseurs du NASCAR ont flairé la bonne affaire et se sont rapidement mis au travail pour relancer la discipline dans le monde réel. Il fallait battre le fer pendant qu’il est chaud alors que pratiquement tout l’espace médiatique sportif était disponible. Le 17 mai,  NASCAR repartait ses activités avec le «Real Heroes 400» avec la ferme intention de faire une saison complète. Durant ce mois, les amateurs ont eu la chance de se mettre sous la dent cinq épreuves de CUP, deux de la série Xfinity et une course de camionnette. Pour ceux qui détestaient la course auto, comme ma conjointe, il y avait de quoi faire une indigestion. Les mois de juin, juillet et d’août furent tout autant occupés.

Que tirer de cette saison 2020 pour NASCAR :

  1. En septembre, le retard sur le calendrier a été rattrapé et le nombre de courses prévues à l’origine a été respecté;
  2. Le circuit routier de Daytona a fait le travail. Sérieusement, ça doit faire 10 ans que j’attendais avec impatience qu’une épreuve de Nascar soit tenue sur cette configuration du circuit déjà utilisée depuis des lustres lors des 24 heures de Daytona;
  3. Report à 2022 de la prochaine génération de voiture pour la CUP. Une décision sage qui par le fait même était devenue inévitable due à la COVID. Cependant, cela donnait un beau prétexte pour avancer l’arrivée de la nouvelle bagnole à plus tard  et s’assurer qu’elle est prête. La marge de manœuvre est mince, il y a peu de place à l’erreur;
  4. Plus de circuits routiers à se mettre sous la dent à compter de 2021. Il aura fallu l’année 2020 pour que les dirigeants de NASCAR constatent que le spectacle offert en circuit routier soit apprécié par une certaine clientèle et que celui-ci méritait une plus grande place au calendrier. Par contre, il est important de ne pas oublier la base qu’est l’ovale;
  5. Le format de l’horaire des fins de semaine complètement chamboulées. Fini les pratiques, fini les qualifications, maintenant on fait quelques tours de réchauffements et la course est lancée. Une idée qui a ses avantages et ses inconvénients. L’idée sera reprise l’année prochaine et sera appliquée à une partie du calendrier seulement. Les équipes à grand budget profiteront de temps passé en simulateur tandis que les autres s’arrangeront comme elles le pourront;
  6. La naissance de la prochaine grande vedette. Plusieurs se demandaient qui remplacerait Dale Jr dans le cœur des amateurs. Nous avons maintenant la réponse, celle-ci se nomme Chase Elliot. Il est le fer de lance de la prochaine génération de pilote qui pointe à l’horizon. Les chaussures sont grandes à chausser pour les vedettes à venir car l’âge d’or de NASCAR est, selon plusieurs, chose du passée.

Les courses locales

Les différents promoteurs locaux ne l’ont pas eu facile en 2020. On connait tous l’expression «Garder la tête hors de l’eau». Pour plusieurs propriétaires de piste c’était plutôt avoir la tête en dessous de l’eau et respirer avec un «tuba».  On ne peut que leur souhaiter le meilleur pour 2021. Certains ont déjà publié leur horaire de courses pour la prochaine saison. Comme la plupart d’entre nous, avec les dernières nouvelles, ils ont le droit d’être optimistes et d’avoir foi en l’avenir. Je n’ose même pas imaginer une copie conforme de la saison dernière pour l’été prochain. Cela serait une catastrophe. L’industrie est déjà fragile avec tous les problèmes de bruit et d’environnement qui lui tombe dessus depuis plusieurs années déjà. Il ne faudrait surtout pas en ajouter.

En conclusion

En 2020 chacun a fait ce qu’il a pu pour essayer de garder le moral et rester financièrement en santé. Lors du retour de NASCAR, les amateurs étaient plus qu’heureux de revoir leurs idoles en piste. Par contre, après un certain temps et avec l’arrivée du beau temps, on pouvait finir par faire une indigestion du nombre élevé de courses qui nous étaient offertes dans une période de temps aussi rapprochée.

J’ai vraiment hâte à l’été prochain pour remettre les pieds à Montmagny et à Vallée-Jonction.  Les programmes offerts devraient être hauts en couleur. J’espère pour eux qu’ils ont des plans de rechange advenant le cas où la pandémie serait encore bien présente dans nos vies.

Au nom de toute l’équipe de 360Nitro.tv,  j’en profite pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2021. Jamais comme auparavant souhaiter la santé n’aura été aussi pertinent. J’en profite aussi pour saluer tous les commanditaires de 360Nitro qui nous supportent. Bien entendu, merci à vous tous qui année après année continue à nous encourager, sans vous nous n’aurions plus raison d’exister !

Je termine donc cette année avec ma signature fétiche : «Que les dieux bénissent les rois de la course et nous ramènent dans les estrades de nos circuits locaux favoris.»

Au plaisir de vous revoir en grand nombre en 2021.

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