L’inspirante Cadillac CT4-V

Crédit photo : Éric Descarries

Comme je l’ai annoncé la semaine dernière après mon essai de la Cadillac CT5-V, cette semaine sera une suite logique du reportage de la semaine dernière alors que je vous transmets mes impressions sur la Cadillac CT4-V. Mais avant de débuter, telle ne fut pas ma surprise de lire l’article d’un jeune journaliste que je respecte concernant la CT4 dans un grand journal montréalais de dimanche. Il considère la CT4 une de ses grandes déceptions de 2020.

Malgré tout le respect que je lui dois, je me demande si nous avons conduit la même voiture. Car, dans mon cas, j’ai été enchanté de la CT4 dans sa version de performance V. Il faut dire que j’en suis l’évolution depuis son dévoilement à Detroit il y a deux ans! De plus, j’ai conduit l’auto pendant une semaine tout de suite après la CT5. Plus ironique encore, je ne suis pas nécessairement un amateur de Cadillac (je possède deux Lincoln) et qui plus est, je suis de l’âge où l’on devrait rechercher des Cadillac! Mais, je vous le dis tout de suite, ce n’est pas la Caddy qui aurait fait rêver votre père, ni même votre grand-père!

Au départ, il faut dire que cette petite berline de Cadillac a toute une tâche à accomplir. En effet, elle est la seule de souche nord-américaine à se mesurer à des icônes comme les Mercedes-Benz de Classe A, les Audi A3 ou les BMW de la Série 2. Évidemment, elle n’affiche pas le style de ces voitures européennes mais plutôt un style bien à elle quoique inspiré des autres Cadillac. On y voit même des ressemblances étonnantes avec la CT5. Mais les deux autos sont vraiment différentes. Toutefois, rassurez-vous, cette fois, Cadillac n’a pas répété son erreur des Cimarron des années quatre-vingt (des horribles autos basées sur une coque de Cavalier sans grande finition!). Déjà, je dois vous dire que c’est même mieux que les ATS qui les précédaient. Cependant, vous aurez compris que la direction que Cadillac prend avec ses versions V (incluant la finition Blackwing à venir) est inspirée des exploits en course de la grande marque américaine. Encore le weekend dernier, Cadillac a remporté le trophée du constructeur de l’année de la série IMSA Weather Tech Sports Car Challenge avec ses prototypes à moteur V8 central! Les CTS du passé ont aussi écumé les circuits routiers américains il y a quelques années dans les divisions de voitures de production (saviez-vous que Cadillac avait déjà participé aux 24 Heures du Mans au début des années cinquante?).

La «petite» Cadillac CT4-V est plus impressionnante qu’il n’y paraît.

Je vous laisse juger de vous-mêmes des lignes de la CT4-V. Moi, je les trouve modernes sans les exagérations que l’on voit sur certaines autos asiatiques. Elles représentent bien l’ADN de Cadillac sans obligatoirement copier ce qui se fait ailleurs.

Même de l’arrière, la CT4-V a toute une présence sur la route.

Plusieurs observateurs ont noté que l’intérieur de la CT4 manque de panache. Jusqu’à un certain point, c’est vrai. Mais cette fois, Cadillac ne nous offre pas un intérieur surchargé de chrome et de faux-bois (ce que ces mêmes observateurs reprochaient à Cadillac dans le passé!). Il est donc sobre mais demeure relativement bien fini. Le tableau de bord n’affiche pas une ligne remarquable mais tout y est bien disposé alors que l’instrumentation (numérique reproduisant des cadrans ronds) y est claire et précise. J’ai bien aimé, encore fois, l’affichage du compteur de vitesse en réflexion à l’intérieur du pare-brise! On peut le neutraliser si l’on n’aime pas! Moi, je trouve que c’est un élément de sécurité important. Le conducteur retrouvera le levier de changements de vitesses à la console (un peu large, je l’avoue).

La Cadillac CT4 ne présente pas un tableau de bord très «design» mais tout y est bien disposé.

Les sièges ne sont pas tant élégants qu’ils sont pratiques avec des supports latéraux solides. Ils sont chauffants ou ventilés alors que le volant est chauffant. Et celui-ci permet une bonne prise! Quant aux places arrière, elles sont confortables mais comme c’en est le cas pour toutes (ou presque) les berlines de ce créneau (incluant les sacro-saintes européennes), l’espace pour les jambes des occupants peut être relativement limité (alors que la CT5 procurait beaucoup de place!). Enfin, le coffre est quand même respectable. Évidemment, il s’agrandit en abaissant les dossiers des sièges d’arrière.

Les dimensions extérieures de la CT4 ne lui permettent pas d’offrir autant de place pour les jambes à l’arrière que la CT5.

Le coffre est relativement utile avec de bonnes dimensions.

En ce qui a trait à la mécanique, la CT4 de base arrive avec un quatre cylindres de 2,0 litres qui n’est certes pas un foudre de guerre. Toutefois, la CT4-V est livrée d’usine avec un quatre cylindres de 2,7 litres turbocompressé (originalement conçu pour la camionnette Silverado mais qui fait très bien dans la petite Cadillac…de tout façon, de nos jours, la plupart des moteurs de camionnettes viennent de voitures et vice versa!) qui développe pas moins de 325 chevaux ce qui n’est pas loin des 360 chevaux de la CT5-V !  La boîte de vitesses auto de la version de base est à huit rapports mais la CT4-V a droit à celle à dix rapports! De base, toutes les CT4 sont à propulsion (ses concurrentes sont à traction) mais la V que j’ai conduite était à traction intégrale, un choix que je crois sera unanime parmi les acheteurs de la marque (et qui sera très utile en hiver). Je ne peux malheureusement pas vous parler de la version Blackwing qui n’est pas encore dévoilée (plusieurs observateurs croient que celle-ci aura l’ancien moteur V6 de 3,6 litres turbocompressé de l’ancienne CTS-V mais moi, je m’attends plutôt au V6 turbo de la CT5-V avec un peu plus de puissance…). La suspension est indépendante aux quatre roues alors que le freinage se fait via des disques aux quatre roues avec la technologie Brembo à l’avant.  

Pour le moment, le moteur le plus puissant de la CT4-V est ce quatre cylindres turbocompressé de 2,7 litres.

Sur la route

C’est ici que mes opinions doivent différer. J’ai conduit les deux Cadillac l’une derrière l’autre. Alors que je n’ai pas été impressionné outre mesure par les 360 chevaux de la CT5-V, le quatre cylindres de la CT4-V m’a beaucoup plu. Ses temps d’accélérations de 0 à 100 km/h approchaient ceux de la CT5 tournant autour des six secondes alors que les reprises étaient plus qu’amusantes. Il est vrai que le son du quatre cylindres est plus rauque que celui du V6 mais le «petit» moteur m’a tellement paru plus vivant, plus agile que je ne peux que le vanter. Incidemment, ce même moteur est beaucoup plus silencieux en vitesse de croisière! Il faut dire que la boîte à dix rapports a beaucoup contribué à la sensation de «sportive» que la CT4-V m’a procurée. Les gros pneus Continental 235/35R19 ont fort probablement contribué à la bonne tenue de route de la CT4-V dans les virages serrés des petites routes où je l’ai essayée. Quant au freinage, inutile de vous dire qu’il m’a paru très puissant !

Au niveau de la consommation, j’ai obtenu une moyenne à la pompe (selon mes calculs) de 10,94 l/100 km alors que l’ordinateur de bord indiquait 10,6! Très près et fort possiblement équivalent à ce que la concurrence m’aurait donné!

Une berline Cadillac CT4 V-Series débute à 45 398$. Celle qui a servi à ce reportage incluait des options comme un toit ouvrant de 1295 $, un ensemble Technologie de 1350 $, une sellerie perforée de 1845 $, une illumination avant d’appoint de 475 $, des étriers de freins Brembo avant de 685 $, des jantes spéciales de 3062 $. Ajoutez à cela l’ensemble audio Bose et le système de navigation de 920 $, l’ensemble d’avertissement Driver Awareness de 925 $ et l’aide à la conduite de 1425 $ (en plus de la taxe d’accise de 100 $ pour la climatisation et les frais de transport et de livraison de 2100 $ et on obtient une facture de 59 580 $ …plus taxes! Ne manquait plus que le système de conduite automatique Super Cruise!

Je suis demeuré avec une bonne impression de cette «petite» voiture que je n’ai pas hésité à recommander à un de mes amis qui y était intéressé (il vise plus la version de base mais avec la traction intégrale). C’est fou comment beaucoup de gens croient qu’il faille éviter les autos américaines pour des raisons quelque fois débattables. Dans le cas de la CT4, surtout dans sa version V, je ne vois pas pourquoi on devrait la dénigrer face à sa concurrence étrangère. Je crois que cette «petite» Cadillac est enfin la bonne réponse de Cadillac à cette concurrence !

À venir, la Kia K5

La semaine dernière, j’ai eu l’opportunité de conduire un peu en «avant-première» la nouvelle berline K5 de Kia, une «grande» voiture intermédiaire qui remplace maintenant la Kia Optima (née Magentis) avec laquelle j’ai couvert quelque centaines de kilomètres durant la même journée. C’était, bien entendu, en vue du vote à l’AJAC pour le titre de Voiture de l’Année (il n’y aura pas eu de TestFest ou Festival des Essais cette année, COVID oblige). J’ai bien aimé ce que j’y ai vécu mais je préfère garder mes opinions pour un reportage après une semaine complète avec cette auto. Ce sera certes pour les semaines à venir…

La nouvelle Kia K5 présente une ligne plutôt moderne et surprenante pour une berline de cette catégorie.

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Éric Descarries
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