La légendaire Mazda MX-5 RF et une Corvette chinoise?

Crédit photo : Songsan Motors

J’entends souvent des jeunes gens, même de jeunes journalistes automobile, blâmer les «baby-boomers» pour les obstacles qu’ils doivent eux-mêmes surmonter aujourd’hui. En fait, si l’on remonte dans le temps, même dans l’Antiquité, les jeunes générations ont toujours critiqué les générations précédentes pour ce qu’elles devaient vivre en leur propre temps.

Je suis un «baby-boomer». Je dois vous dire qu’en tant que chroniqueur automobile, la période que j’ai vécue fut certes une des plus intéressantes de l’histoire de l’automobile. Né après la Deuxième Grande Guerre, j’ai eu la chance de connaître la période des fameux «sports cars». Les «sports cars» furent créés par les amateurs britanniques d’automobiles un peu avant la Guerre. Une fois celle-ci passée, ces mêmes mordus du sport automobile ont su créer de petites automobiles amusantes et faciles à conduire. Loin de vouloir être des véhicules utilitaires, ces petites autos à deux places, la plupart du temps avec habitacle découvert, ont commencé à se multiplier. On vit alors apparaître les MG aux grandes roues de broches mues par un petit moteur à quatre cylindres d’à peine une quarantaine de chevaux et autres voitures du genre. Durant les années cinquante, ces autos ont adopté des carrosseries plus aérodynamiques mais encore plus petites. Ce fut l’époque des MGA, des Austin-Healey Sprite, des MG Midget, des Triumph Spitfire et autres. Pas des plus rapides mais certes des plus amusantes à conduire menant même leurs propriétaires à se prouver en piste, parfois des circuits créés avec des ballots de foin sur des aéroports désaffectés de la Deuxième Guerre. L’époque des «sports cars» était née. Hélas, elle ne durera guère qu’une vingtaine d’années. Les petites autos devinrent plus grosses, beaucoup plus rapides et surtout plus modernes prenant du poids et devenant plus puissantes…trop puissantes. Au milieu des années soixante-dix, la classe des «sports cars» commença à disparaître. Le coup de grâce fut donné lorsque les gouvernements ont demandé aux constructeurs de créer des «sports cars» plus sûrs, plus solides, moins énergivore et, du même coup, beaucoup plus chers, tout comme c’en fut le cas pour leurs autres véhicules.

De petites autos légères, amusantes, presque pas utiles mais faciles à conduire, le tout à des prix abordables, les «sports cars» étaient devenus des véhicules sophistiqués, élaborés, puissants et surtout très chers! Ces autos furent, à partir de là, ignorées par les jeunes amateurs d’automobiles qui se tournèrent vers les «pony cars» à la Mustang ou vers les «Muscle Cars». C’en était fait des «sports cars»!

Mais…pas tout-à-fait. Le petit constructeur japonais Mazda s’est souvenu de cette glorieuse époque. Oh! Il y avait bien quelques constructeurs qui, comme Nissan avec sa Fairlady (qui deviendra la Z) qui continuaient à produire des «sports cars». Mais ces autos étaient devenues rares et un peu trop coûteuses. Les concepteurs plus «sportifs» de Mazda ont alors créé la Miata, de son vrai nom, la MX-5. Lancée au début comme une véritable petite sportive aux origines semblables à celles des roadster sport du passé, cette petite auto à propulsion mue par un modeste moteur à quatre cylindres se voulait une récréation moderne de ce que les «sports car» des années soixante avaient déjà été. Et ce fut un succès commercial. Mais, encore une fois, la popularité du genre a perdu de son souffle. Il n’y a plus beaucoup de «sports cars» sur le marché de nos jours. Pourtant, la Miata…pardon, la MX-5 y est toujours. Mais ce n’est plus la petite voiture à prix abordable censée de procurer du plaisir et de sensations vives à ses utilisateurs.

La plus récente version de la Mazda MX-5, la RF avec toit rétractable ici refermé.

(Photo Éric Descarries)

La MX-5 a été récemment redessinée et, il y a deux ans, son constructeur, qui en avait déjà créé une version à toit rigide rétractable dans le passé, dévoilait une nouvelle version avec toit rigide toujours rétractable mais tenant plus du toit «Targa» que du cabriolet.

La nouvelle Mazda MX-5 RF avec toit découvert.

(Photo Éric Descarries)

La MX-5 «Miata» telle qu’on la connaît aujourd’hui affiche un look plus agressif que dans le passé. Ses phares étroits et effilés sont certes plus aérodynamiques que les phares escamotables de la première génération. Sa carrosserie d’allure plus féline attire facilement les regards et on ne peut que remercier les designers de la firme d’Hiroshima d’en avoir conservé des dimensions réduites.

En quelques secondes, le toit rigide de la Mazda MX-5 RF se cache dans la carrosserie transformant le petit coupé en un roadster amusant.

(Photo Éric Descarries)

L’habitacle à deux places se veut une réplique modernisée de celui des «sports cars» des années cinquante et soixante. Cependant, modernité oblige, l’aménagement intérieur est nettement plus élaboré avec un tableau de bord moderne inspiré de celui des berlines de la même marque incluant le petit écran de la radio-navigation-caméra de recul se tenant debout comme une mini-télé au centre du tableau de bord. Il conserve, toutefois, son instrumentation à cadrans ronds semblables à ceux des «sports cars» d’antan. Évidemment, les sièges baquets sont à la fois invitants et confortables mais la sellerie et les garnitures de cet habitacle sont tellement élaborées qu’elles n’ont plus rien à voir avec les décorations simplistes du passé. Imaginez, il y a même un porte-gobelet mais son positionnement entre les dossiers des sièges le rend peu pratique. Pas plus que le petit coffre qui est juste au-dessus! Et l’effet du vent qui fouettait les cheveux des jeunes des années cinquante et soixante n’existe presque plus alors que les rideaux amovibles du passé ont été remplacés par des glaces électriques et un pare-vent arrière entre les dossiers des sièges.

N’eut été de l’écran vertical au centre de la planche de bord, le tableau de bord de la MX-5 reproduirait assez bien la disposition des planches de bord plates des «sports cars» des années cinquante et soixante.

(Photo Éric Descarries)

Une des caractéristiques du passé que la MX-5 Miata reproduit bien, toutefois, c’est la petitesse du coffre. On y accède en pressant un bouton sous le capot arrière (ou en tenant le bouton sur la télécommande, un autre accessoire qui n’existait pas du temps des «sports cars») mais, que pour découvrir un petit espace à peine utile que pour un sac ou deux! Tiens! Ce mignon défaut ravive la popularité du porte-bagage fixé sur le capot du coffre, un accessoire qui sera apprécié des couples aimant faire de la route!

Ce qui fait vraiment «sports car» des années cinquante et soixante? Le coffre vraiment minuscule de la MX-5.

(Photo Éric Descarries)

La MX-5 Miata ne vient qu’avec une seule configuration mécanique : un moteur à quatre cylindres de la configuration Sky Activ de  2,0 litres qui développe 181 chevaux et 151 li-pi de couple. Il vient combiné à une boîte de vitesses automatique ou manuelle à six rapports et, bien entendu, la propulsion arrière seulement. Rien pour «écrire à sa mère», comme on dirait mais amplement suffisant pour déplacer la petite caisse de moins de 2500 livres! La suspension demeure indépendante aux quatre roues ce qui donne à la MX-5 une tenue de route exceptionnelle alors que la direction à crémaillère très rapide et les freins à disque aux quatre roues complètent le tableau déjà enviable. Les jantes BBS optionnelles de 16 pouces de ma voiture d’essai étaient chaussées de pneus Bridgestone Potenza dont on ne cesse de vanter les mérites sur route.

Le seul moteur disponible sous le capot de la MX-5? Ce quatre cylindres SkyActiv de 2,0 litres de 181 chevaux. Quand même…

(Photo Éric Descarries)

Sur la route

Chaque année depuis les quelques dernières années, j’ai pris l’habitude de faire une petite balade dans les Laurentides avec une voiture de sport avec le toit rabaissé surtout si la température automnale est encore clémente. Lors de ces dernières années, j’y ai été en Fiat 124 et en Fiat 124 Abarth, des voitures jumelles basées sur une caisse de MX-5 (aussi construites à Hiroshima mais avec moteur Fiat) qui seront bientôt abandonnées. La semaine dernière, c’était avec la véritable base de ces autos, la MX-5.

Malgré que l’on fût en automne, il y a toujours plusieurs belles journées qui permettent aux amateurs de balade en cabriolet de profiter du bon air et surtout des superbes couleurs des Laurentides. Je me suis donc dirigé vers Tremblant où j’ai bifurqué vers Brébeuf puis Huberdeau en prenant le Chemin de la Rouge. De là, je suis passé par Arundel pour finalement me retrouver sur ma route préférée la 364 entre Weir et le Lac-des-Seize-îles, un chemin tortueux dont la vitesse est limitée à 90 km/h! Mais, si vous voulez l’essayer, puis-je vous conseiller de ne pas prendre le risque de dépasser cette limite ? Même au volant de la MX-5, le tracé est exigeant et…on ne sait jamais qui peut sortir d’une entrée privée. Toutefois, même en respectant cette limite, on peut apprécier la superbe tenue de route de la MX-5 en conduite sportive (ne vous surprenez pas d’y rencontrer plusieurs motocyclistes ou encore des proprios de sportives comme ceux des deux Porsche Boxster que j’y ai vues). J’ai aimé la boîte de vitesses manuelle de la MX-5 avec ses passages courts et ses enclenchements précis. La direction de cette petite auto est légère mais aussi très précise. Et les freins répondent rapidement. Encore une fois, on peut souligner l’efficacité des pneus Bridgestone Potenza. Et surtout le plaisir de conduire une auto avec confiance !

Désormais disponible avec le moteur SkyActiv, la MX-5 semble avoir acquis une sensation de puissance qui lui manquait cruellement à ses débuts. Ses accélérations de 0 à 100 km/h sont plus remarquables que dans le passé. Il ne lui faut qu’environ six secondes pour cet exercice selon la vitesse d’exécution du conducteur au levier (cette performance peut varier s’il s’agit de la même voiture mais avec la boîte automatique). Évidemment, la même remarque vaut pour les reprises. De plus, le son du moteur sied mieux à cette voiture que le son de l’ancien moteur. Et on sent que le 2,0 litres SkyActiv tire meilleur parti de son couple que l’ancien moteur. En ce qui concerne la vitesse maximale de l’auto, on peut s’attendre à ce qu’elle tourne autour des 200 km/h.

Les mêmes remarques peuvent s’appliquer à la conduite sur autoroute. Toutefois, même avec le toit refermé (j’ai oublié de mentionner que celui-ci se déploie et se replie très rapidement sans autre intervention du conducteur que d’appuyer sur la commande, même le verrouillage se fait automatiquement), les sons de l’extérieur pénètrent facilement dans l’habitacle. Ce son n’est pas assourdissant mais il demande que l’on parle un peu plus fort entre occupants.

En condition urbaine, on peut facilement être intimidé par les plus gros véhicules qui nous entourent surtout que l’on est assis très bas dans la MX-5. Garer l’auto est plutôt simple mais y entrer ou en sortir demande un peu d’acrobatie. Quant à la visibilité, elle est un peu resserrée vu, encore une fois, aux dimensions réduites de la voiture.

En ce qui a trait à la consommation, ma semaine au volant de ce petit roadster s’est soldé par une moyenne de 8,1 l./100 km. J’ai beau montrer mon enthousiasme pour ce petit roadster qui se rapproche le plus des «sports cars» d’antan, il reste que son prix pourrait effrayer plus d’un consommateur intéressé. C’est d’ailleurs pourquoi ce qui devrait être un «char de jeune» est devenu plus la coqueluche des gens plus âgés, les baby-boomers! Ainsi, le petit véhicule gris qui m’a été prêté par Mazda Canada (une version GT haut de gamme) affichait un prix de base de 40 100 $. La finition GT l’a fait grimper à 46 750 $ plus les frais connexes dont le transport et les taxes! La Mazda MX-5 se présente avec beaucoup de qualités et une finition presque exemplaire mais,…me semble que si le prix de base tournait autour des 30 000 à 32 000 $, elle serait plus attirante…

Une réplique de Corvette à la Chinoise!

Révélée sans tambour ni trompette au récent Salon de Beijing, la Songsan Motors SS Dolphin en a surpris plus d’un par sa très grande ressemblance à une…Corvette 1958! Plus longue d’un pied et plus haute de quatre pouces, cette Dolphin (Dauphin? Seuls les Chinois peuvent en arriver à un tel nom pour une sportive) est, en fait, un véhicule hybride-électrique branchable (moteur à quatre cylindres combiné à un moteur électrique) dont les performances sont quand même notables étant capable de passer du point mort à 100 km/h en quelque cinq secondes (la Corvette 1958 pouvait le faire autour de sept secondes). Toutefois, son prix (en argent chinois) équivaudrait à plus de 85 000 $ !

La SS Dolphin chinoise ressemble «un peu» à la Corvette 1958.

(Photo Songsan Motors)

Toutefois, de l’arrière, la ressemblance pourrait être plus frappante…

(Photo Songsan Motors)

La semaine dernière, dans ce blogue, il était question de la camionnette chinoise Foton qui, elle aussi dévoilée à Beijing, ressemblait à s’y méprendre à une Ford F-150 mais en légèrement plus petit. Et elle aussi était mue par un moteur à quatre cylindres (à essence ou au diesel). Comme quoi nos amis chinois 1-) semblent manquer d’imagination ou 2-) veulent vivre «l’American Dream» qu’ils n’ont pas connu autre qu’au cinéma !

Par contre, l’intérieur de la Dolphin n’a rien à voir avec les Corvette de l’époque !

(Photo Songsan Motors)

Il y a quelques jours, les dirigeants de General Motors, le constructeur des Chevrolet Corvette, ne se sentait pas menacé par les «imitations» chinoises soulignant que l’écusson et le nom de Chevrolet n’y ont pas été recopiés alors que la Dolphin (me semble que ce nom-là ne passerait pas bien dans un Rod Run ou une réunion de voitures de performance…) n’est pas une copie «parfaite» de la Corvette affichant un avant au look un peu grotesque. N’empêche que…

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Éric Descarries
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