La Volkswagen Passat R-Line 2020, Raphaël Lessard et le Foton Big General

Crédit photo : Éric Descarries

Ceux qui suivent l’actualité automobile savent que le segment des automobiles intermédiaires est en net déclin en Amérique du Nord. La preuve? Ford, un des plus importants constructeurs sur notre continent, a décidé de terminer la production de sa populaire Fusion l’été dernier. Pendant un bon moment, cette belle berline intermédiaire dont les lignes semblaient inspirées de celles des Jaguar et des Aston Martin trônait presque au sommet des ventes des autos de ce segment. C’était la bagarre avec la Toyota Camry, la Nissan Altima, la Subaru Legacy et la Honda Accord. Il y avait aussi la Chevrolet Malibu dans la course alors que FCA avait déjà abandonné la production de la Chrysler 200! Curieusement, après avoir connu un bon départ (et pas longtemps après avoir sorti la version Sport à moteur V6 turbo et traction intégrale de la Fusion), les ventes commencèrent à péricliter. Et pas juste pour Ford. Il faut voir comment les consommateurs se sont mis à bouder la pourtant très populaire Toyota Camry pour se lancer dans les RAV4 !

La toute récente livrée de la VW Passat «made in USA» affiche une calandre et des phares différents.

C’est dans ce contexte que le constructeur allemand Volkswagen a quand même décidé de réviser et de relancer sa berline Passat, une version bien «américaine» de berline allemande construite dans ses toutes récentes usines de Chattanooga au Tennessee. Dire que la Passat 2020 est «toute nouvelle» serait présomptueux.  N’importe lequel observateur un peu futé saura la reconnaître de loin. Toutefois, il y a eu certains changements intéressant à plusieurs niveaux sur cette auto.

Les designers de Volkswagen ont bien réussi, selon moi, à redessiner l’arrière de la Passat avec élégance.

Au départ, il faut le souligner, la Passat nord-américaine ne repose pas sur la plus moderne plateforme MQB de Volkswagen comme les autres Passat (européennes) de ce monde. La «nouvelle» Passat retient l’ancienne plateforme qui, en soi, n’est pas mauvaise…juste un peu «ancienne». Donc, la Passat 2020 est construite sur la même architecture que celle que l’on connaît depuis 2012. De plus, sous son capot, on retrouvera le même (et seul) moteur à quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres qui fait 174 chevaux mais maintenant 206 li-pi ce qui est légèrement plus que la version de l’année dernière (184 li-pi).  Il vient combiné à la seule boîte de vitesses possible, soit l’automatique à six rapports et la traction avant.

Physiquement, on reconnaîtra la Passat 2020 à sa nouvelle calandre semblable à celle des Jetta qui plonge plus profondément dans le pare-chocs avant et à ses phares DEL plus minces et plus effilés. Toutefois, ce qui distingue la nouvelle version avec plus d’évidence, c’est l’arrière complètement redessiné avec des feux plus effilés aussi. Disons que j’aime bien!

La Passat 2020 a un tableau de bord légèrement modifié…

Si vous êtes un fan des Volkswagen, vous noterez que l’intérieur est à peine transformé. Le tableau de bord semble reconduit avec son instrumentation plus «ancienne» avec cadrans traditionnels Toutefois, vous y noterez également un nouvel écran de 6,3 pouces et un nouveau centre d’infodivertissement incluant les prises Apple Car Play et Android Auto. Personnellement, ce que j’ai noté, c’est que Volkswagen a finalement changé la position du bouton de volume de la radio. Dans le passé, j’ai souvent mentionné que lorsqu’on le manipulait, on touchait en même temps une fonction tactile qui modifiait aussitôt le mode de fonctionnement de la radio. Plus maintenant…(j’aimerais cela me vanter que chez Volkswagen, «on» m’a lu mais…). La version R-Line qui m’a été prêtée comportait des palettes de changement de vitesses au volant (celui-ci a un plat à son cercle inférieur) et quelques touches personnalisées à la finition intérieure comme des sièges plus moulants et quelques touches aux coutures de la sellerie. Ce thème se retrouve aussi au compartiment arrière qui, lui, mentionnons-le, est très accueillant pour les passagers tout en leur procurant du bon espace de débattement pour les jambes et la tête. Quant au coffre, il est plutôt généreux mais ses deux énormes charnières peuvent écraser un objet qui sera dans leur trajectoire en refermant le capot. Heureusement, vous vous en doutez, ce coffre peut s’agrandir en abaissant les dossiers des places d’arrière.

Les places arrière de la Passat «américanisée» sont quand même très généreuses.

Le coffre est suffisamment grand mais il y a ces grandes charnières…

Sur la route

Il est toujours plaisant de conduire une Volkswagen, ne serait-ce que par sa tenue de route étonnante. Toutefois, la Passat nord-américaine est un peu différente de ses sœurs européennes. Accusant un poids d’un peu plus de 3300 livres, l’auto «peine» un peu à atteindre le cap des 100 km/h en moins de huit secondes. Toutefois, en «jouant» avec les palettes au volant, j’ai obtenu des reprises plus rassurantes. Définitivement, l’auto est silencieuse et offre un confort de roulement capable de rivaliser avec ce qui se fait de mieux sur le marché. Cependant, on ne reconnaît pas nécessairement la tenue de route solide et la fermeté de la suspension des autres Volkswagen dans «notre» Passat. Ce n’est pas nécessairement un péché mais c’est un peu déroutant. La direction est aussi plus légère mais, ironiquement, elle demeure plutôt précise. Toutefois, le freinage avec disque à chaque roue pourrait paraître décevant à l’amateur de la marque. La pédale est un peu «molle» et la réaction plus lente que sur les autres Volks. Mais tous mes arrêts se sont faits avec sécurité. Seule ombre au tableau, les pneus Falken 235/40R-19 (montés sur de superbes jantes identifiées par le nom Bonneville) qui équipaient l’auto y étaient bruyants! On pouvait en sentir un certain grondement selon l’angle de la direction.

Le seul moteur disponible sous le capot de la Volkswagen Passat demeure le quatre cylindres 2,0 litres de la marque.

On ne peut pas dire que la «nouvelle» Passat n’est pas recommandable, au contraire. Elle est spacieuse et confortable mais elle ne reproduit pas les performances et caractéristiques auxquelles la faction allemande de Volkswagen nous avait habituées.

En ce qui a trait à la consommation, la Passat R-Line nous a donné une moyenne de 11,31 l./100 km en situation presque exclusivement urbaine. Cette Passat R-Line affichait un prix de 36 495 $ auquel il faut ajouter les 1315 $ de frais de transport et de préparation.

Enfin, un Québecois gagne en NASCAR

(photo Kyle Busch Motorsport)

Depuis le temps que je couvre la série NASCAR sous toutes ses formes, j’étais on ne peut plus heureux d’apprendre que le jeune Raphaël Lessard originaire de Saint-Joseph de Beauce avait gagné la course de la série Ganders RV an Outdoors qui se courait tôt samedi sur le grand ovale du Talladega Speedway. Il était grandement temps que nous ayons un de nos pilotes être le premier au fil d’arrivée. Pourtant, ils sont plusieurs à s’y être essayés.

Notez qu’en plus de sa victoire, j’ai été impressionné par la façon qu’il s’est exprimé en anglais lors de son entrevue à la télé. C’était presque impeccable (même si c’était truffé de clichés nascariens)! Espérons que la séquence se continuera. Avec cette victoire, il a prouvé qu’il était meilleur cette année que son patron, un certain Kyle Busch (champion NASCAR 2019 mais aucune victoire en 2020 !).

Notez, finalement, que même le commanditaire, CANAC, est québécois!

Un chef d’œuvre d’imitation des Chinois!

On est parfois un peu durs avec nos amis chinois. On leur reproche trop souvent d’imiter (voire plutôt recopier) certains de nos produits. Mais cette fois, ils se sont surpassés. Voici donc le Foton Big General, un pick-up dévoilé au récent Salon de Beijing en Chine.

Le Foton Big General «made in China»

C’est fou ce qu’il ressemble à…je vous laisse deviner! Toutefois, semble-t-il qu’il soit légèrement plus petit que l’original américain mais un peu plus gros que le Ranger du même constructeur. Il aurait pour moteur un quatre cylindres turbodiesel de 2,5 litres ou un quatre cylindres à essence de 2,0 litres de quelque 235 chevaux. Il serait combiné à une boîte ZF allemande à huit rapports. On imagine qu’il soit à propulsion ou peut-être même à quatre roues motrices sur demande. Incidemment, ce Foton est construit par BAIC, un des plus importants constructeurs de voitures en Chine qui est aussi associé à Mercedes-Benz et Hyundai.

L’ironie du sort est que le Foton Da Jiang Jun (The Big General) pourrait être commercialisé en Australie, là où la camionnette américaine originale qu’il imite est déjà vendue! On s’imagine bien qu’il ne sera jamais question de l’exporter en Amérique du Nord. Ce n’est pas la première fois que nos amis chinois «imitent» un modèle connu. Ils l’ont déjà fait avec le Land Rover Evoque  rebaptisé Landwind X7. Il aura fallu trois ans à Land Rover pour réussir à convaincre les cours chinoises de rendre la production du Landwind illégale…mais il était déjà trop tard!

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Éric Descarries
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