Volkswagen Atlas Cross Sport et l’avenir des Salons

Crédit photo : Éric Descarries

Le véhicule qui m’a été confié la semaine dernière ne sera pas une surprise pour bien des amateurs de la marque Volkswagen. Il s’agit de la nouvelle version Cross Sport du grand VUS que le constructeur allemand a mis sur le marché il y a déjà trois ans. Évidemment, on y voit le mot le plus galvaudé de l’industrie automobile : «Sport» ! Combien de véhicules voient le mot Sport ajouté à leur dénomination? Ma femme a déjà possédé une Windstar Sport. Oui, oui, Sport! Jusqu’à quel point une fourgonnette familiale peut-elle être…«sport»? Oh, dans le cas de cette Ford, il y avait des phares de route sous le pare-chocs, un intérieur plus élaboré et surtout…un «spoiler» à l’arrière. Et, bien sûr, lorsqu’est venu le temps d’assurer la fourgonnette toute neuve, les assureurs ont tout de suite sauté sur le nom «Sport» et ont voulu augmenter les primes! Il m’a quand même fallu argumenter pendant un bon moment au téléphone pour leur faire comprendre que cette Windstar  «Sport» n’était pas destinée à négocier le Circuit du Mont-Tremblant…surtout avec deux petits enfants à bord (à l’époque!).

C’est un peu le cas de l’Atlas Cross Sport dont il est question ici. Le véhicule, un imposant VUS pesant plus de 4000 livres n’a rien d’une voiture sport. Toutefois, les designers de Volkswagen lui ont gracieusement révisé la ligne du toit pour qu’elle soit plus fuyante, un peu dans le style d’un VUS Audi Q8 (de la même famille, n’est-ce pas?) ce qui lui donne une allure plus «sport» (prononcez le mot à l’anglaise, ça fait plus…«sport»!). Cependant, ce faisant, l’Atlas perd sa troisième rangée de banc (ce qui en réduit la capacité de sept à cinq passagers) mais obtient un coffre nettement plus utile!

Le nouveau VW Atlas Cross Sport affiche une calandre spécifique avec le nouveau logo de la marque.

(Photo Éric Descarries)

Au départ, l’Atlas n’est pas un véhicule destiné au marché européen et il ne se veut surtout pas le remplaçant du Touareg (qui n’est plus commercialisé en Amérique du Nord!). L’Atlas, c’est un VUS typiquement américain créé pour faire concurrence aux Ford Explorer, Jeep Grand Cherokee, Honda Pilot et autres VUS intermédiaires de notre monde (nord-américain).  En 2019, les concessionnaires de la marque en ont livré presque 9 000 à leurs clients canadiens. En comparaison, en 2018, Ford avait vendu un peu plus de 18 000 Explorer du même créneau au Canada (le modèle a changé au cours de 2019 ce qui a provoqué un période de ralentissement pour le véhicule).  L’Atlas (construit à Chattanooga au Tennessee) connaît donc une certaine popularité au pays, popularité qui pourrait s’accentuer avec le modèle Cross Sport!

L’avant de l’Atlas ne change pour ainsi dire pas en version Cross Sport mais vous allez y remarquer l’adoption du nouvel écusson de VW dans une calandre spécifique. Pour le reste de la carrosserie (plus courte de 7 cm que celle de l’Atlas régulier mais avec le même empattement), il est certain que l’arrière est révisé mais avec goût. Vous n’avez qu’à regarder les photos pour vous faire une opinion.

La version Cross Sport se reconnaît à son toit profilé.

Le «nouveau» logo de Volkswagen.

Quant à l’intérieur,  je ne verrais pas pourquoi Volkswagen aurait senti la nécessité de le modifier pour la version Cross Sport. Cet intérieur est donc presque identique à celui des Atlas réguliers sauf pour quelques retouches à la finition et des ajouts à certaines fonctions de sécurité. Le tableau de bord est presque pareil à celui des autres Atlas alors que l’instrumentation graphique est très facile à consulter. Le centre du tableau de bord est occupé par cet écran partagé avec plusieurs autres produits VW incluant la navigation et une radio dont la réception FM (sur ma voiture d’essai) disparaissait avant même d’arriver à Saint-Sauveur dans les Laurentides (mais quand elle fonctionnait, cette radio avait un son de grande qualité grâce aux haut-parleurs Fender). De plus, je continue de reprocher à Volkswagen la sensibilité des commandes de cette radio. Si les doigts de l’utilisateur touchent le contour de l’écran en remontant le volume, l’appareil passe à une autre fonction. Heureusement, la commande de ce volume est dédoublée sur le volant.  Autrement, j’ai toujours aimé l’agencement des couleurs de l’intérieur de ces produits VW mais en version «américaine», on dirait que le constructeur utilise des plastiques moins agréables au toucher.  Sauf…

Le tableau de bord du Cross Sport est presque identique à celui des autres Atlas.

L’instrumentation «vidéo» est quand même agréable à voir et facile à lire.

C’est à la console que l’on retrouve les commandes des modes de conduite hors-route.

Sauf qu’il n’y a «que» cinq places dans ce Volks. Celles d’avant sont reconduites de l’Atlas régulier mais les trois places d’arrière sont un peu plus accueillantes avec un peu plus d’espace pour les jambes des occupants. Ceux-ci seront donc plus à l’aise pour de plus longues randonnées.  Et là où ça compte le plus, le coffre du Cross Sport peut, au départ,  accepter plus de bagages que la familiale plus courante si ses rangées de banquettes arrière ont leur dossier relevé. Évidemment, cet espace peut devenir encore plus grand si les dossiers de la banquette arrière du Cross Sport sont abaissés. Mais ça, vous vous en doutiez! Ce Volks peut accepter jusqu’à un peu plus de 650 kilos de charge.

Les places arrière sont vastes et accueillantes. Mais il n’y a pas de troisième banquette…

La version Cross Sport permet un coffre plus vaste. Il y a un pneu de secours sous le plancher.

En ce qui a trait à la mécanique, l’Atlas Cross Sport qui me fut confié était équipé du V6 optionnel de 3,6 litres que l’on connaît depuis longtemps de Volkswagen. Ce moteur de 276 chevaux était combiné à une boîte automatique à huit rapports et à la traction intégrale 4Motion de la marque.  Cette fonction est adaptable aux divers terrains que le conducteur peut rencontrer en conduite hors-route mais pour ce faire, je lui suggérerais de changer les pneus Continental Cross Contact qui viennent d’usine avec le véhicule. Ces pneus sont plus destinés à la grand-route qu’aux sentiers exigeants. En passant, il est possible d’obtenir le Cross Sport avec un quatre cylindres turbo de 2,0 litres qui fait, lui, 235 chevaux et dont on dit beaucoup de bien.  La suspension est à jambes de force à l’avant et à bras multiples à l’arrière alors que le freinage est à disques aux quatre roues.

Bien caché au fond de son compartiment, le V6 de l’Atlas pourrait être qualifié de «vénérable» vu qu’il est au catalogue de quelques produits Volkswagen depuis un certain bout de temps.

Sur la route

Vu que c’est un modèle «sport» (encore une fois, prononcez à l’anglaise…), j’ai pensé faire un petit «road trip» dans les Laurentides pour juger de moi-même du comportement routier du Cross Sport.

Le moteur V6 est à presque à l’aise dans ce VUS de VW mais on sent qu’il doit travailler un peu plus fort pour déplacer la lourde caisse. Il permet quand même des accélérations de 0 à 100 km en quelque huit secondes. Toutefois, j’ai quelques fois eu besoin des reprises et j’en ai été agréablement surpris. Elles sont vives et efficaces, surtout si l’on sait manier le levier de vitesses (de la boîte auto, rappelez-vous). Malheureusement, la direction ne correspond pas au terme «sport». Elle ne transmet pas suffisamment les réactions de la route. Le freinage, lui, est adéquat.

Vu qu’il s’agit d’une version «sport» (continuez de le prononcer avec le petit accent américain), la suspension se veut un plus ferme que celle du modèle régulier ce qui la rend moins stable sur nos «si belles routes». Donc, si cet Atlas est relativement agréable à conduire et stable sur autoroute, l’expérience est un peu plus laborieuse sur une route secondaire comme la 364, mon chemin préféré (très tortueux) pour juger du comportement routier d’un véhicule. Incidemment, la visibilité n’est pas si mal même vers l’arrière malgré la lunette plus inclinée.  Évidemment, en vitesse de croisière, l’ensemble mécanique demeure très silencieux.

En ville, cet Atlas (légèrement plus court, je le répète) n’est pas si encombrant. Il n’est pas petit mais il est quand même maniable et il se stationne bien grâce à un rayon de braquage pas trop grand. Afin d’économiser un peu de carburant, le moteur arrête et repart très discrètement aux arrêtes prolongés et ce, avec une certaine discrétion. Et si vous considérez faire du caravaning (ou remorquer des véhicules récréatifs) avec le Cross Sport, sachez qu’il est capable de tirer jusqu’à 2268 kilos (ou 5000 livres) avec le V6 (environ 2000 livres avec le quatre cylindres).

La moyenne de consommation de ma semaine au volant de ce VUS (calcul fait à la pompe et non une lecture au tableau de bord) s’est soldée à 10,51 l./100 km ce qui m’a surpris. C’est dans la bonne moyenne (mon parcours s’est fait à environ 60% sur route, le reste en ville). Quant au prix de l’Atlas Cross Sport, il débute à 39 995 $ avec le quatre cylindres et peut grimper au-delà de 56 480 $ comme celui utilisé pour ce reportage (ce prix inclut les 100 $ de taxe d’accise pour le climatiseur et les 1885 $ de frais de transport et préparation).

Le Volkswagen Atlas Cross Sport devra faire face à une concurrence féroce venant d’un peu partout dans le monde. Si vous y recherchez un véhicule au comportement à l’européenne, vous vous trompez. Mais si vous avez besoin d’une véritable camionnette capable de tirer des caravanes, vous avez devant vous un véhicule bien adapté. Et surtout, il est spacieux et confortable!

Une nouvelle terrible!

Une nouvelle terrible nous est tombée dessus cette semaine. Selon des rumeurs bien fondées, il semblerait que le Salon de l’auto de Toronto (le fameux «Canadian International Auto Show») ne se fera pas en «chair et en os» l’hiver prochain mais plutôt en format virtuel!

Je n’ai peut-être pas le droit de critiquer une forme d’évènement que je n’ai pas encore «vécue» mais je me demande comment les amateurs d’automobiles pourront-ils assouvir leur passion alors qu’ils ne pourront monter à bord ni toucher les matériaux ni «taponner» la mécanique sous les capots vu que ce seront des «images» qu’ils verront?

De plus, comme on dit souvent, une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule. Je viens d’apprendre également que le Salon de l’auto de Los Angeles (qui commençait à prendre plus d’importance que les autres salons aux États-Unis) ne se déroulera pas en novembre comme c’était prévu mais plutôt du 21 au 31 mai (pandémie oblige) ce qui le placerait entre celui de New York (du 2 au 11 avril) et le «nouveau» Salon de Detroit (du 19 au 26 juin), deux évènements qui ont été annulés en 2020. Je me demande alors si les constructeurs vont vraiment participer à ces trois évènements, tous de renom, avec toutes les présentations que l’on pourrait anticiper. J’ai bien peur que ce sera un échec… ou une débandade…

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Éric Descarries
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