Le tout nouveau Mercedes-Benz GLB 250 et notre patrimoine automobile

Crédit photo : Éric Descarries

C’est au seul Salon de l’auto que j’ai eu l’opportunité de visiter cette année, celui de Montréal, que j’ai vraiment découvert le tout nouveau petit VUS GLB du constructeur allemand Mercedes-Benz. Trônant sur un petit podium tout au fond d’une pièce réservée à plusieurs marques de prestige, le «petit» GLB se distinguait des autres véhicules de la marque.

Puis, la semaine dernière, j’ai (enfin) eu la chance de l’examiner de plus près et de le conduire. Voici donc le tout nouveau Mercedes-Benz GLB 250. Serait-il le remplacement du GLK?

Le petit Mercedes-Benz GLB est certes un remplacement de choix à l’ancien GLK.

En fait, dans la famille Mercedes-Benz, le GLB se place, vous l’aurez deviné, entre le compact GLA et le plus grand GLC. Mais il diffère grandement des deux autres modèles ne serait-ce que par son attitude plus «camion». En effet, si on l’observe de près, on note que le GLB a une allure plus «carrée» (mais pas autant que l’ancien GLK) avec un pare-brise plus vertical et un arrière moins profilé. Autrement, les designers de ce VUS lui ont donné des lignes plus arrondies autour des phares à l’avant et des feux à l’arrière. Mais ce pavillon «carré» a une raison. Le GLB peut être à sept passagers!

L’arrière du GLB conserve l’élégance typique de Mercedes-Benz.

Et c’est ici que ce petit Mercedes fait un pied de nez à la concurrence. Oh! Sept passagers, c’est vite dit! Oui, il y a de la place (en masse) pour les deux occupants d’avant, du bon espace (ou presque) pour ceux du centre et…deux petites places tout-à-l ’arrière (optionnelles) bonnes pour des enfants ou de (très) petites personnes. Si tout est en place, il ne reste presque rien pour les bagages…

La planche de bord du GLB est très moderne.

OK, allons-y selon ma méthode d’analyses conventionnelle.  Lorsqu’on ouvre la portière du GLB, on voit immédiatement un tableau de bord avec…aucun instrument! En effet, il faut mettre le contact (en pressant le bouton au tableau de bord…si on a le transpondeur dans ses poches) pour voir apparaître cette instrumentation virtuelle sur un grand écran qui traverse la planche de bord du centre à la portière du conducteur. Une fois ce «jeu vidéo» apparu, le conducteur a droit à une instrumentation complète et facile à lire. Juste à côté, il y a la suite de l’écran où l’on retrouve les commandes de la radio, de l’infodivertissement et du système de navigation plus élaboré que l’on pense. Le tout peut se gérer par un «pad» (une souris, quoi!) entre les deux sièges d’avant (ce que je n’aime pas vraiment car, à moins de l’avoir maîtrisé après plusieurs heures de pratique, il sera certes une distraction au conducteur !). Une grande partie de ces commandes est dédoublée à l’écran tactile lui-même alors qu’il y a des commandes redondantes au volant! Ouf! Mais, une fois illuminé, l’effet est saisissant!

L’instrumentation au DEL est impressionnante.

Les sièges baquets avant, ajustables de multiples façons grâce à la traditionnelle commande de Mercedes-Benz aux portières, sont accueillants et confortables. Ils sont aussi chauffants! Les (trois) places arrière sont aussi confortables (peut-être moins au centre…) alors que l’espace pour les jambes est raisonnable. Il faut dire que ces sièges sont aussi ajustables en partie par commande manuelle. Mais, encore une fois, les petites places arrière sont…petites. Y accéder n’y est pas si mal mais ce n’est pas l’idéal. Autrement, l’habitacle offre un bon dégagement pour la tête et la visibilité y est très bonne. 

Les sièges avant sont très confortables mais j’ai de petites réserves concernant le «pad» au centre. La sellerie est remarquable.

Les places du centre sont aussi accueillantes et minutieusement finies.

Mais les places arrière (optionnelles) sont vraiment destinées à de (très) petites personnes. Notez quand même les porte-gobelets au centre!

Quant à l’espace réservé aux bagages, il est presque inutile avec tous les dossiers relevés mais alors que la grande majorité des utilisateurs garderont les dossiers de la dernière banquette abaissés et ils obtiendront un espace nettement plus utilisable. Mercedes-Benz a conçu un espace de rangement pour la toile cache-bagage (brillant!) mais il n’y a pas de pneu de secours. Bien entendu, mon GLB d’essai était «chaussé» de pneus Pirelli Scorpion du type «Run-Flat» (qui peuvent rouler quelques dizaines de kilomètres à plat à basse vitesse) qui se sont avérés plus confortables que prévu (en général, ils sont détestés pour leur rigidité qui nuit au confort de roulement).

Avec tous les dossiers relevés, l’espace réservé aux bagages est minime.

Mais, je me doute que la plupart des utilisateurs refermeront les dossiers d’arrière pour profiter de plus d’espace de chargement.

Brillante idée d’avoir créé ce petit espace de rangement pour la toile cache-bagages quand elle n’est pas utilisée. Mais remarquez l’absence de pneu de secours.

Enfin, s’il y a une remarque spéciale concernant l’habitacle de ce petit Mercedes, il faut souligner la qualité des matériaux utilisés pour sa confection et la grande qualité de l’assemblage en général. C’est ce genre de travail qui fait que la marque à l’étoile se distingue de la concurrence.

Question mécanique, tous les GLB commercialisés au Canada sont des 4MATIC à traction intégrale (les Américains ont droit à la traction avant seulement ce qui est moins utile chez nous). Le moteur qui animait mon GLB d’essai était un quatre-cylindres turbocompressé de 2,0 litres développant 221 chevaux-vapeur combiné à une boîte automatique à double embrayage à huit rapports. Cet ensemble lui permet des accélérations intéressantes (autour des huit secondes pour passer de 0 à 100 km/h) et surtout des reprises convaincantes (et mieux encore si le conducteur a placé les réglages à Sport!). Des disques aux quatre roues et une direction avec assistance électrique viennent compléter le portrait technique.

Le moteur qui animait mon GLB 250 d’essai était ce puissant quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres de 221 chevaux.

Sur la route

Évidemment, il s’agit d’un véhicule compact avec tous les avantages et défauts que cela représente. Le GLB 250 se conduit très facilement et avec une certaine précision même si la direction, aussi stable soit-elle, ne transmet pas beaucoup de sensations de la route. Comme décrit plus haut, la visibilité y est très bonne, surtout du poste de pilotage. Ce petit VUS ou VUM est agile en conditions urbaines et très à l’aise sur autoroute. Mais ce n’est pas un véhicule de course et il ne faut pas s’imaginer que ce sera l’article idéal pour des excursions hors-route. Par contre, la traction 4MATIC peut venir en aide au conducteur un peu plus agressif sur pavé mouillé ou même aider l’aventurier sur de petits sentiers de chalets. Ce système deviendra nettement plus utile et efficace en situation hivernale en autant que ce GLB soit équipé de pneus d’hiver appropriés. En passant, l’habitacle est suffisamment bien isolé des bruits de la route incluant ceux des pneus sur pavé inégal.

Le GLB est facile à garer et son encombrement n’est pas exagéré en situation urbaine. Il y a même un système de caméras à 360 degrés (optionnel) pour aider aux manoeuvres de stationnement. Les passagers se sentiront dans un environnement agréable et luxueux. Et ils se sentiront aussi en sécurité avec tous les avertisseurs électronique et la protection que Mercedes a su ajouter à ce petit véhicule. Par contre, ce qu’ils pourront apprécier, ce sera le silence et la douceur de roulement et cette sensation de finition bien serrée de l’intérieur.

En ce qui a trait à la consommation, au moment d’écrire ces lignes, Mercedes-Benz ne l’a pas encore annoncée. Mes déplacements ont été principalement en situation urbaine et alors que l’ordinateur de bord y indiquait une moyenne de consommation de 7 l./100 km., mes calculs à la pompe se sont chiffrés à 9,4 l./100 km. Notez que ce petit VUS/VUM se nourrit d’essence super.

On serait porté à croire qu’un Mercedes-Benz GLB 250 serait beaucoup plus cher que certains VUM compact populaires mais comparez le prix de base du GLB à celui d’un Escape Titanium à TI (43 990$ face à 40 149 $) et surtout le fait que le GLB soit livrable avec la troisième rangée de sièges (optionnelle). Donc, le véhicule d’essai que vous voyez dans ce reportage avait ce prix de départ de 43 990 $ auquel Mercedes-Benz avait ajouté l’ensemble Premium de 3300 $, le système de navigation de 1000 $, le système de stationnement (Active Parking) de 900 $, les caméras de 360 degré mentionnés plus haut de 650 $, la fameuse troisième banquette tout-à-l’arrière de 1300 $ et le volant (chauffant) avec gaine de cuir de 250 $ ce qui fait un total de 52 280 $. La feuille des prix du constructeur ne mentionne pas le transport et la préparation mais je l’estime à quelque 2000 $. Enfin, il faut ajouter les taxes…

Bien entendu, le GLB 250 est fortement recommandé ne serait-ce que pour la finition impeccable et la qualité de la construction. Je pourrais mentionner les finitions plus élaborées du GLB (dont AMG) mais, je préfère recommander celle en vedette ici ne serait-ce que pour les pneus avec section plus haute qui protège mieux les jantes de nos routes «si belles»!

Question : comment pourrons-nous protéger notre «patrimoine» automobile?

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu, le weekend dernier, le reportage d’un grand quotidien montréalais sur le vigneron Paul Jodoin de Saint-Gabriel-de-Brandon qui collectionne en même temps d’anciens tracteurs. Il en aurait plus d’une centaine! Félicitations!

M. Jodoin fait partie de ces Québécois qui respectent les «vieilles machines» (incidemment, il ne faudrait pas dire «antique» car, en français, ce qui est «antique» a rapport à l’Antiquité, soit une période remontant aux Grecs, aux Romains, aux Égyptiens et ainsi de suite. Ce sont donc des tracteurs anciens…) parmi lesquels j’ajouterais les Gilles Samson (collectionneurs de camions, de bulldozers, d’autoneiges), Claude Rodrigue (collectionneurs de petits véhicules et d’excavatrices) et une foule d’autres Québécois qui, un jour, nous quitteront sans trop savoir où leur belle collection ira. On parle ici aussi de collectionneurs de voitures anciennes ou de grande valeur. La pérennité de ces collections n’est pas toujours assurée car la descendance n’y est peu ou pas intéressée, question de goût ou de finances.

Il est presque ridicule de constater qu’il n’y a pas de musée approprié au Québec (ni même au Canada) pour recevoir ne serait-ce que quelques-uns de ces véhicules dont plusieurs se retrouveront certainement chez nos voisins du sud à un moment donné! Alors que nos gouvernements trouvent toujours de l’argent pour d’autres facettes de notre «patrimoine», rien ou presque n’a été fait pour préserver ces beaux véhicules. On l’a fait pour les avions et les locomotives mais pourquoi n’y a-t-il rien pour les autos, les camions, les véhicules industriels…et cela, même au niveau national? Il n’existe, à ma connaissance qu’un seul «Canadian Automotive Museum» et ce, dans un quartier peu agréable de la ville d’Oshawa et il aurait vraiment besoin d’un sérieux coup de barre!

Lorsque je suis arrivé dans le domaine du journalisme automobile au début des années quatre-vingt, il y avait un certain M. Camille Archambault qui se démenait comme un diable dans l’eau bénite pour que l’on «finance» une sorte de musée pour les camions anciens au Québec, fort possiblement dans la région du Vieux Port de Montréal. Hélas, il aura prêché dans le désert et sera disparu avant même d’être entendu par les gens en place.

Si l’on se donnait la peine de recenser les collections privées, ne serait-ce qu’au Québec, je suis persuadé que plusieurs propriétaires seraient enchantés de loger quelques-uns de leurs beaux exemplaires pour les faire connaître aux visiteurs locaux ou internationaux. Malheureusement, pour la plupart des administrateurs, ces «vieux chars» ne représentent que de la ferraille qui ne leur est utile que pour mousser leur popularité de «grand promoteur de l’environnement».

L’avenir me semble facile à prédire. Une fois disparus, le travail de ces bons hommes (et certainement de quelques femmes aussi) sera facilement dilapidé et presque «donné» aux étrangers (surtout américains) vu que les «jeunes» (qui ne le seront pas toujours, rappelons-leur!) n’y sont pas intéressés. Et ils pleureront alors la perte de notre «patrimoine automobile» comme cela s’est déjà vu durant les années quatre-vingt lorsque le superbe musée automobile d’un certain M. Choinière situé près du Zoo de Granby (il était face à l’entrée mais celle-ci y a été déplacée ce qui a vraiment isolé le musée) a été vendu à l’encan, la majeure partie des véhicules (dont certains avaient une grande valeur canadienne) ayant pris le chemin des États-Unis chez des collectionneurs (et leurs successeurs) qui s’en frottent encore les mains!

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Éric Descarries
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