Mitsubishi Eclipse Cross et l’avenir de la marque

Crédit photo : Éric Descarries

Curieusement, le nom de Mitsubishi ne ressort pas si souvent dans les nombreux articles sur l’industrie automobile. Pourtant, cette marque japonaise (maintenant dans le giron de Renault-Nissan) est plus populaire qu’il n’y paraît au Québec! Et, à ma connaissance, elle transporte avec elle une intéressante réputation de qualité, du moins selon les dires des propriétaires de véhicules de la marque! Il faut avouer, par contre, que la gamme Mitsubishi n’est pas aussi étoffée que celle de la plupart de ses concurrentes. Il n’y a qu’une seule voiture au catalogue, la sous-compacte Mirage qui n’a pas eue une belle presse à son lancement qui mais qui semble faire le bonheur de ceux qui en possèdent une. Les autres produits de la marque incluent un petit VUM à prix abordable, le RVR (connu sous le nom d’Outlander Sport aux États-Unis), le tout récent Eclipse Cross intermédiaire et le très populaire VUS Outlander qui est aussi livrable en version PHEV à motorisation hybride électrique.


Le Mitsubishi Eclipse Cross est avec nous depuis deux ans.

Si j’ai choisi de rouler pendant une semaine avec l’Eclipse Cross, c’est que je n’avais pas encore mis la main sur ce VUM aux lignes intrigantes malgré qu’il fût sur notre marché depuis un peu plus de deux ans. Comme vous pouvez le voir, l’avant de ce véhicule qui s’insère entre le Outlander et le RVR est presque identique à celui des deux autres modèles. Le reste de la caisse est semblable à celui du RVR mais l’arrière lui est unique surtout à cause de sa longue lunette arrière qui se poursuit dans le panneau du hayon, un peu comme certains produits Mazda et Pontiac du passé. La séparation reteint une barre horizontale qui compose une partie du feu d’arrêt. Mais, encore une fois, je vous laisse juger de vous-mêmes le design de ce véhicule.

La lunette se continue jusqu’au panneau arrière du hayon de l’Eclipse Cross peut aider à la visibilité.

L’intérieur de l’Eclipse Cross est plutôt invitant. Le tableau de bord affiche un design maintenant classique avec une instrumentation relativement lisible pour le conducteur. Entre les deux cadrans, on retrouve un écran d’information dont les pages se changent par une simple commande à la planche de bord. Le centre est plutôt occupé par les commandes du chauffage et des buses d’aération tandis que sur le dessus du tableau de bord trône un écran servant à l’infodivertissement, la radio et la caméra de marche arrière. L’Eclipse Cross que j’ai conduit n’avait pas de système de navigation mais, bien entendu, de nos jours, les constructeurs, dont Mitsubishi, nous suggèrent d’utiliser notre téléphone intelligent (Apple CarPlay ou Android Auto). Toutefois, on retrouvera à la console une sorte de «pad», une souris pour doubler les commandes à l’écran (tactile). Je n’ai jamais été un «fan» de cette sorte de commandes mais, pour plusieurs amateurs de «bébelles» électroniques, ce serait un «must». Heureusement, toutes les commandes que l’on pourrait y retrouver sont dédoublées au tableau de bord et au volant. Incidemment, pour le volume de la radio, on a le choix entre une commande au volant ou des commandes tactiles à l’écran, cette dernière fonction étant facilement atteignable par le passager. Ah oui! Vous remarquerez que le levier de vitesses est du type conventionnel au centre de la console. Mais on peut y passer les «rapports» (des «mouvements» créés par ordinateur pour donner plus de vie aux absences de passages physiques que l’on constate sur une boîte CVT «normale») manuellement ou à l’aide des palettes au volant. Celui-ci est chauffant, inclinable et téléscopique et il s’affiche avec un certain nombre de commandes qui ne sont pas superflues.

Le tableau de bord peut sembler modeste, il est quand même efficace.

En ce qui a trait aux sièges (ajustables en six façons pour le conducteur et quatre pour le passager d’avant), ils sont tous chauffants. Confortable? Mon essai incluait un aller-retour dans le nord du Québec, six heures à l’aller, six autres heures au retour et je pourrais dire que le celui du conducteur ne m’a pas fatigué outre mesure! Les places avant sont bien dégagées et les places arrière plus accueillantes que prévu. Elles offrent plus d’espace pour les jambes que certaines voitures compactes que j’ai conduites dernièrement.

Les places arrière sont certes plus accueillantes que dans certains autres véhicules du même segment.

Enfin, l’espace du coffre peut sembler un peu petit mais il a su contenir tout ce que ma compagne et moi aimons utiliser en voyage. De plus, j’ai bien apprécié la toile cache-bagages. Évidemment, pour plus de chargement, il n’y a qu’à abaisser le dossier des sièges d’arrière.

Le coffre n’est pas immense mais il peut suffire aux deux passagers principaux.

Question mécanique, l’Eclipse Cross est monté sur un châssis avec moteur à quatre cylindres turbocompressé de 1,5 litre de 152 chevaux et 184 li-pi de couple combiné à une boîte automatique à variation continue (CVT) et à un système à traction intégrale unique à Mitsubishi que le constructeur a baptisé S-AWC. Celui-ci saura s’adapter aux diverses conditions routières dont la neige, le sable ou le gravier selon le mode choisi par le conducteur (grâce à une commande à la console). Le freinage à quatre disques est contrôlé et même appuyé par ordinateur (il assistera la puissance du conducteur au freinage au besoin) alors que la direction est assistée par un moteur électrique. Les jantes noires de 18 pouces étaient équipées, dans le cas de ma voiture d’essai, de pneus Bridgestone Ecopia conçus pour limiter la friction au roulement et ainsi économiser le carburant.

Sous ce couvercle se cache le «petit» quatre cylindres turbocompressé de 1,5 litre de Mitsubishi. Il affiche une cylindrée pareille à celle des Ford Fusion qui viennent de tirer leur révérence !

Sur la route

Comme mentionné plus haut, ma semaine d’essai m’a permis de faire des courses locales et d’effectuer un petit voyage de tourisme. En tout, plus de 1400 km dont environ le quart s’est fait en condition urbaine. Ma consommation s’est soldée par une moyenne de 7,7 l./100 km, calcul à la pompe, alors que l’ordinateur de bord indiquait 7,5.

Le petit quatre cylindres turbo de ce véhicule n’est pas nécessairement une fusée mais, pour sa modeste cylindrée, il est capable de permettre d’atteindre le cap des 100 km/h en quelque neuf secondes. Les reprises sont plus convaincantes. Toutefois, avec le régulateur de vitesse, ce même petit moteur change à peine de son en région montagneuses. Il faut dire que le petit moteur est relativement silencieux en vitesse de croisière n’émettant qu’un léger grondement à l’effort. Fait à noter, il ne produit, cependant, aucune vibration à l’arrêt aux feux rouges ! En fait, le bruit le plus audible sera celui des pneus Ecopia sur certains revêtements plus rugueux ce qui s’explique par leur gomme plus dure pour être moins énergivores.

Le freinage est relativement bien équilibré et puissant mais sur pavé mouillé, les pneus plus durs provoquent l’entrée en action de l’antiblocage. La direction, elle, m’a paru tendre en ville et bien stable sur grand-route. Je n’ai surtout rien à redire de la suspension qui est à la fois relativement sportive et confortable, parfaite pour les longs voyages. Quant à la visibilité, j’en ai été surpris, surtout vers l’arrière où j’ai réussi à m’habituer à la lunette divisée. En fait, je l’ai plutôt appréciée car elle me permettait de mieux évaluer la distance que pouvait conserver un véhicule me suivant alors qu’il aurait pu me paraître trop près avec un lunette plus conventionnelle. Puis, elle aide aussi au stationnement (qui n’est pas très difficile avec un véhicule de cet encombrement).

J’ai aussi apprécié la climatisation bien équilibrée qui ne m’a pas fait geler. Et, parlant de temps froid, il est certain que le système de motricité S-AWC sera efficace en hiver en autant que l’Eclipse soit équipée de pneus appropriés. Toutefois, j’ai pu «jouer» un peu avec le système S-AWC sur route de gravier et j’ai bien senti qu’il pouvait m’aider à y garder le contrôle !

Le plus difficile à évaluer dans le cas du Mitsubishi Eclipse Cross, c’est sa position sur le marché. Il est plus grand que le RVR mais à peine plus petit que l’Outlander (toutefois, celui-ci propose plus d’espace de chargement). L’Eclipse Cross se place dans le segment déjà occupé par le tout nouveau Mazda CX-30 (dont il a récemment été question dans ce blogue), le Subaru Crosstrek et les plus petits VUM dont le Nissan Qashqai. On pourrait y ajouter le Toyota CH-R mais celui-ci ne propose pas la traction intégrale. Un Eclipse Cross comme celui que j’ai conduit affiche un prix de base de 31 298 $ auquel il faut ajouter quelque 450 $ d’options, 100 $ de taxe pour le climatiseur, 15 $ de taxes de pneus et 1900 $ de frais de transport et préparation ce totalise 33 763 $ avant les taxes. Une visite chez le concessionnaire Mitsubishi pourrait vous mériter certains rabais du constructeur, entre autre.

C’est incroyable le nombre de Mitsubishi que j’ai pu identifier sur la route, surtout des VUS Outlander. Toutefois, plusieurs amateurs d’automobile auraient intérêt à jeter un coup d’œil sérieux à l’Eclipse Cross qui m’a paru un véhicule à l’allure plus sportive que la majorité des petits VUM qui sont sur le marché actuellement! Il a de la gueule!

Où en est Mitsubishi actuellement ?

Mitsubishi est un des plus importants constructeurs d’automobiles, de camions et autres véhicules au Japon. Il est aussi un des plus anciens alors que son nom se retrouve également sur plusieurs autres produits dont des appareils électroniques et ainsi de suite.

Le nom Mistubishi a été rendu populaire par Chrysler au cours des années quatre-vingt. Ce grand constructeur automobile se relevait déjà d’un important problème financier mais, pour suivre les tendances du marché, il lui fallait proposer de petits véhicules et des moteurs plus modernes. C’est là que Mitsubishi en est devenu son partenaire créant ainsi des modèles adaptés à l’image de Chrysler (dont les camionnettes Raider, les sportives Stealth et autres véhicules uniques). Ce partenariat s’est dissipé avec le temps. De nos jours, Mitsubishi fait partie du trio Renault-Nissan-Mitsubishi qui a beaucoup fait parler de lui avec la saga de son grand président (maintenant déchu) Carlos Ghosn.

Pris dans cette tourmente, Mitsubishi a annoncé son retrait du marché européen mais il se retrousse les manches pour remettre ses opérations étatsuniennes sur pied. C’est pourquoi il prépare certaines nouveautés intéressantes qui devraient nous arriver sous peu.

Et si le nouvel Outlander ressemblait à cette étude de style que Mitsubishi a déjà présentée ?

Crédit photo: Mitsubishi

Et quand on dit «nous», cela inclut le Canada, un des marchés les plus en santé de Mitsubishi où les produits connaissent une grande popularité, surtout les VUS Outlander. Récemment, le constructeur japonais dévoilait ses plans pour certaines révisions dont un redesign complet du Outlander qui pourrait être plus gros et plus imposant (certaines rumeurs veulent qu’il soit basé sur un produit Nissan, peut-être le Rogue), un redesign notable du Eclipse Cross avec un autre intérieur (qui inclurait un nouveau système d’infodivertissement) et, bien entendu, les retouches apportées à l’avant de la petite Mirage pour 2021.

Y aurait-il un pick-up intermédiaire dans l’avenir de Mitsubishi ?

Photo: Mitsubishi

Il est important de mentionner les multiples nouvelles études de style (concept cars) qui ont été présentées par Mitsubishi au cours des dernières années. On espère que certaines d’entre elles dont un petit pick-up intermédiaire intéressant verront le jour afin de garnir les salles d’exposition des concessionnaires de la marque. Ils le méritent bien!

Cadillac Lyriq

La division Cadillac de voitures de grand luxe de General Motors a finalement dévoilé la version «finale» de sa voiture totalement électrique, la Lyriq.

Toutefois, malgré le fait que l’on sache qu’elle se fiera à de nouvelles batteries dite Ultium avec certaines autonomies dépassant celles d’aujourd’hui et le fait que l’auto reposera sur une nouvelle plateforme utilisant les batteries pour la structure, Cadillac n’a pas trop dévoilé de spécifications de sa Lyriq. L’auto pourrait être sur le marché dès 2023 !

Le prototype Lyriq de Cadillac nous donne une idée du design qu’adopteront ses véhicules tout électriques.

 

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Éric Descarries
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