Mazda CX-30 et le retour des courses à Tremblant

Crédit photo : Éric Descarries

Le petit constructeur japonais Mazda a récemment lancé un nouveau «petit» VUM sur notre marché et il s’appelle le CX-30. Regardez-le attentivement et vous y trouverez beaucoup de ressemblance avec la Mazda 3. Mais celle-ci a sa propre version d’un VUM, le CX-3 qui connaît une certaine popularité au Québec. Si vous recherchez un plus grand VUM chez le même constructeur, celui-ci vous proposera alors le CX-5 qui, lui, n’a plus besoin de présentation! Donc, logiquement, si Mazda devait créer un VUM compact intermédiaire (il y en a tellement que je ne sais plus où les cataloguer), il aurait été logique de l’appeler CX-4. Mais alors, pourquoi a-t-il choisi CX-30? Parce que, semble-t-il, Mazda a déjà un modèle CX-4 en Chine. Comprends pas! Le marché chinois et le nôtre n’ont rien en commun! Qu’importe, voici le CX-30 !

Le VUM CX-30 fait maintenant partie de la famille Mazda.

Si vous me dites que le véhicule vous semble familier, vous vous joindrez alors aux quelques autres observateurs que j’ai rencontrés. Presque aucun d’entre eux n’a reconnu le CX-30, même pas un propriétaire de Mazda3 ! Toutefois, après quelques secondes d’observation, il m’a dit : «Ah! C’est le nouveau modèle, ça?». Ouaip! C’est le nouveau modèle. Malgré son avant au look agressif et son positionnement un peu plus élevé que celui de la Mazda3, le modèle CX-30 en est une extrapolation plutôt fidèle. Le véhicule est un peu plus «haut sur pattes» avec un habitacle dont le toit est un peu plus haut. Si on a l’impression qu’il y a plus d’espace à l’avant, pour les places arrière, ça demeure un peu plus serré. La grande déception, c’est au niveau du coffre qui, selon les spécifications, serait presque le même (à un pied cube de différence) de celui d’une Mazda3! Toutefois, on se console par le look accrocheur du VUM!

L’arrière du CX-30 reprend le design des VUM de la marque.

L’intérieur ressemble certes à celui de la Mazda3. Le tableau de bord est d’allure plutôt sobre mais sa ligne m’a rappelé le design des Porsche 911 d’il y a plusieurs années. L’instrumentation, bien lisible, est judicieusement disposée devant le conducteur. J’ai apprécié, encore une fois, l’affichage de la vitesse par réflexion au pare-brise. Mazda a choisi de placer l’écran de navigation-radio-information sur la planche de bord. Celui-ci n’est pas des plus grands mais j’ai réussi à bien le lire à tout moment. À noter que le bouton du volume de la radio se situe à la console du centre où il y a également une commande rotative pour les informations à l’écran. Il ne m’aura fallu que quelques minutes pour que je m’y habitue, confondant ceux de la température à ceux de la radio. Le volant peut sembler petit, il aide pourtant à une conduite précise. On y trouve aussi quelques commandes redondantes mais il n’y en a pas trop. Vous remarquerez, sur la photo, que Mazda a tenu à conserver le bon vieux levier de vitesses au centre avec la possibilité de l’utiliser manuellement, ce qui aide à la conduite «sportive».

Le tableau de bord ressemble un peu à celui des Porsche 911 d’antan.

L’intérieur est d’une grande simplicité mais aussi de bon goût. Les matériaux sont aussi de grand choix. Les sièges avant sont très confortables et on y trouve beaucoup d’espace. Le toit surélevé aide à un meilleur débattement pour la tête. Mais on ne peut pas en dire autant des places arrière. L’espace y est bon pour des enfants mais les passagers les plus grands s’y sentiront à l’étroit, ce qui est malheureux car, après tout, la plateforme du CX-30 a un empattement plus long de plus de 75 mm comparativement à celui de la CX-3 dont il découle. Quant au coffre, je l’ai déjà dit, il est limité. Dès que l’objet transporté est un peu volumineux, il faut coucher les dossiers arrière. Toutefois, mon modèle d’essai avait une ouverture et une fermeture électriques du hayon ce qui simplifie l’opération. Quant à la visibilité, elle est bonne de l’avant mais un peu plus difficile de l’arrière. La caméra de recul est grandement appréciée lorsqu’on stationne le CX-30 en marche arrière.

Les places arrière sont un peu serrées mais l’aménagement intérieur est agréable à l’œil.

Le coffre m’a semblé un peu petit pour un VUM de ce calibre. Il ne pourrait certes pas loger les bagages de quatre passagers!

Il n’y a qu’un moteur au catalogue du CX-30 GT, soit le quatre cylindres SkyActiv-G de 2,5 litres (les versions les moins huppées sont mues par le 2,0 litres) qui ne vient que dans une seule configuration atmosphérique de 186 chevaux avec un couple de 186 li-pi (notez que la Mazda3 vient d’hériter de la turbocompression ce qui devrait arriver sous peu dans le CX-30…du moins, l’espère-t-on !). Celui-ci est combiné à une boîte de vitesses automatique à six rapports (a-t-on vraiment besoin de huit, neuf ou dix rapports dans une telle voiture?) et, dans mon véhicule d’essai, la traction intégrale (AWD) qui devrait s’avérer plus qu’utile lorsque la saison froide sera venue! Évidemment, la direction est à crémaillère avec assistance électrique et les quatre freins sont à disque.

Le moteur du Mazda CX-30 n’est pas (encore) turbocompressé. Mais il est économique.

Sur la route

Quoique plus destiné à la conduite urbaine, j’ai aussi utilisé le CX-30 sur autoroute pour découvrir qu’autant que le CX-30 est parfaitement à l’aise dans la circulation, autant il est agile sur les routes de campagne et surtout silencieux sur autoroute. Ses accélérations ne sont pas étincelantes mais, tout de même, il est capable de passer du point mort à 100 km/h en quelque huit secondes. Ses reprises pourraient sembler légèrement timides pourtant, passer de 90 à 120 km/h peut se faire en quelque six secondes, peut-être mieux si le conducteur sait «jouer» avec le levier de vitesses. Et le moteur émet un son agréable sans trop envahir l’habitacle. La conduite est précise alors qu’aidée par les pneus Bridgestone Turanza qui équipent le VUM d’usine. Il faut dire que les ingénieurs de Mazda ont effectué un beau boulot en créant le système G-Vectoring de conduite et de suspension mais je suis prêt à parier que la presque totalité des conducteurs de CX-30 ne s’en rendront jamais compte. C’est dommage car tout y a été fait pour stabiliser le véhicule en mouvement surtout sur les routes sinueuses. Mais, même si l’on y pratique une conduite plus…«sportive», c’est difficile à observer.

En ce qui a trait à la consommation, j’ai obtenu une moyenne de 7,3 l./100 km alors qu’au tableau de bord, l’ordinateur indiquait…8,5 ! C’est bien la première fois que ça m’arrive! Et avec de l’essence régulière, en plus!

Pour ce qui est du prix, Mazda fonctionne plutôt avec des versions complètes presque sans options sauf pour quelques éléments comme la traction intégrale et les peintures spéciales sur les modèles les moins équipés. Par exemple, la version de base avec traction avant et moteur de 2,0 litres débute à 23 950 $. Dans le cas du véhicule utilisé pour ce reportage, un GT tout équipé, le prix annoncé est de 33 850 $ plus les 100 $ de taxe fédérale pour le climatiseur et les 1950 $ pour les frais de destination et de préparation.

Il n’y a pas de doute que ce CX-30 pourrait être un gros «hit» chez Mazda. Le véhicule est convaincant et surtout agréable à conduire. Puis, connaissant la belle réputation de fiabilité de Mazda, ce serait certes un véhicule à recommander comme il l’a déjà été fait dans plusieurs publications populaires et reconnues. Il ne manque juste qu’un peu plus de place à l’arrière.

De retour à Tremblant !

Je suis, je le répète, un mordu de course automobile. Et je ne m’en cacherai jamais, que ce soit des courses de fort calibre (comme mon NASCAR préféré) ou les courses locales en ovale ou en circuit routier. Toutefois, outre les courses à la télé, je n’ai assisté à aucune épreuve en piste depuis les débuts de l’année 2020.

Heureusement, M. Laurence Stroll est venu à la rescousse. M. Stroll, si vous ne le connaissez pas, c’est le père du pilote de Formule Un Lance Stroll et un des principaux propriétaires de l’équipe Racing Point et du constructeur automobile britannique Aston Martin! Cela devrait suffire à en faire un véritable «héro» au Québec car, c’est aussi un Québécois, un homme de Montréal (avec une résidence à Tremblant et une autre en Suisse, si j‘ai bien compris et une agence de voitures Ferrari dans la grande métropole québécoise). Il est aussi le propriétaire du fameux circuit du Mont-Tremblant (qu’il a fait restaurer à coup de millions de dollars il y a quelques années) qui a ouvert ses portes aux équipes de course régionales le week-end dernier. En plus des mordus de la piste, sur place il y avait aussi la première épreuve de la Coupe Micra de Nissan, une série canadienne populaire dirigée par mon bon ami Jacques Deshaies qui avait bien hâte que la saison débute (la série sera de retour à Tremblant cet automne après des arrêts à Calabogie et ICAR)…mais on ne sait pas si les spectateurs y seront admis. Ce n’en fut pas le cas le week-end dernier où seuls les compétiteurs, les membres d’équipe et les journalistes étaient acceptés…avec un masque pour leurs déplacements dans les paddocks.

Il y a de superbes voitures qui évoluent régulièrement au Circuit Mont-Tremblant.

On sait maintenant que le Circuit a été menacé de fermeture (pour le bruit, évidemment) mais, qu’il devrait y avoir des amendes et des compensations pour les voisins immédiats, un ordre de la cour que M. Stroll et son équipe contestent. Malgré tout, nous avons eu droit à la Classique d’été où plus de quatre-vingt voitures de course ont pu évoluer en piste. Il faudrait donc remercier M. Stroll et son équipe d’être aussi persistants et aussi dédiés au sport automobile afin de satisfaire des irréductibles comme moi!

La classe des voitures dites Vintage (comme la Mustang 1966 d’Edwin Béliveau) demeure une des plus intéressantes au Québec. Malheureusement, il manquait plusieurs compétiteurs locaux dans cette catégorie le week-end dernier.

Vous pouvez voir un reportage photographique de la journée d’essais libres du vendredi sur le site de 360nitro.tv si vous voulez avoir un aperçu de l’action qui s’y est déroulée.

La Coupe Micra de Nissan a tenu ses premières épreuves de la saison le week-end dernier à Tremblant.

Plusieurs autos abandonnées

Si vous suivez l’actualité automobile, vous devez maintenant savoir que plusieurs constructeurs abandonnent certains modèles d’automobiles afin de se concentrer sur la production de VUM, VUS et pick-up. Ford a récemment confirmé l’abandon de ses berlines Lincoln (incluant la superbe Continental) alors que Honda a publié l’arrêt de la production de ses Civic en format coupé, de la plus petite Fit et des Accord à boîte manuelle. Alors que Toyota jure de continuer de construire ses autrefois si populaires Camry et Corolla, sachez que les ventes de ces voitures presque légendaires ont baissé à un niveau effrayant. Et cela, pas seulement à cause de la COVID (quoique celle-ci n’a pas du aider). Cette semaine, c’était au tour de Mercedes-Benz d’annoncer l’abandon des ventes de plusieurs coupés et cabriolets des séries S, C, E et de la CLS en plus d’une version de la GT. Selon des sources officielles, les ventes de voitures de luxe aux États-Unis ont baissé de 37 % depuis les cinq dernières années alors que les ventes de VUM ont augmenté de 73 %!

Mercedes a également annoncé la fin de la production de ses autos de Classe C en Alabama (dans l’avenir, elles nous viendront certainement d’Allemagne, comme dans le passé) pour que l’usine se consacre à la construction des VUM. Le constructeur allemand devrait en faire du pareil avec ses modèles de Classe A à son usine d’Aguascaliente au Mexique.

Ce n’est pas encore fini. Il faudra voir comment le marché réagira avec l’abandon de plusieurs autos tant étrangères que nord-américaines au cours des prochains mois. Un dossier intéressant à suivre, n’est-ce pas?

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Éric Descarries
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