Lexus GX 460 et l’Abitibi

Crédit photo : Toyota Canada

Le véhicule dont il est question cette semaine n’est certes pas le plus vendu de la marque Lexus, la division de luxe du constructeur japonais Toyota, du moins au Canada. Il s’agit ici du VUS intermédiaire GX 460, une véritable camionnette tout-terrain partiellement basée sur le VUS 4Runner de Toyota aussi connu sous le nom de Prado au Japon. Plusieurs gens ne semblaient pas reconnaître mon véhicule lorsqu’ils le voyaient et pourtant ce modèle est avec nous depuis une dizaine d’années! C’est qu’il a été retouché esthétiquement pour 2020 même si il demeure facilement reconnaissable. De plus, son constructeur lui a ajouté des fonctions hors-route plus élaborées ce qui devrait le rendre intéressant aux yeux des amateurs d’excursions hors-route… si ils désirent en faire avec un véhicule très luxueux.

La nouvelle calandre du GX 460 est composée de petits blocs reproduisant la lettre L.

(photo Éric Descarries)

Car c’est d’abord cela un Lexus GX 460. Les retouches esthétiques de 2020 constituent surtout en un avant redessiné avec des éléments de calandre imitant le «L» de Lexus (on dirait une multitude de logos de Ville de Laval!) et des phares au DEL en trois pièces de série. D’autres petites ornementations viennent confirmer que c’est une version de 2020. De l’arrière, les changements sont plus subtils mais notons que le hayon de cette «familiale» s’ouvre comme une portière d’auto (mais de la gauche vers la droite ce qui peut être «naturel» au Japon mais qui me semble à l’opposé des besoins nord-américains qui doivent contourner la portière pour revenir au trottoir si le GX 460 est garé sur une rue courante). Incidemment, ce hayon possède une glace arrière qui s’ouvre (vers le haut, bien entendu) individuellement ce que l’on ne voit plus souvent sur les véhicules de la concurrence. Pour le reste, ce GX 460 conserve sa caisse traditionnelle à quatre portes et demeure un des derniers VUS intermédiaires à proposer une configuration de carrosserie boulonnée sur un châssis rigide que plusieurs amateurs de tout-terrains considèrent comme la configuration la plus résistante dans les sentiers les plus exigeants.

L’arrière du GX 460 vu de l’arrière.

(Photo Éric Descarries)

L’intérieur du GX 460 demeure, lui aussi, un peu…archaïque malgré qu’il soit superbe et surtout bien assemblé. Le tableau de bord affiche, lui aussi, des lignes un peu anciennes mais surtout pas déplaisantes. L’instrumentation principale est concentrée dans une niche face au conducteur alors que le centre du tableau de bord est constitué d’un écran massif (pour la radio, les commandes, l’infodivertissement et la navigation) avec une finition plutôt robuste. La plupart des commandes sont, par contre, plutôt évidentes et faciles à manier. Certaines d’entre elles, toutefois, doivent passer par l’ordinateur à l’écran ce qui ne les rend pas toujours conviviales. Les autres se retrouvent sur le (petit) volant sans, toutefois, le surcharger. La partie centrale descend vers la console qui, elle, se présente avec le massif levier de vitesses et les commandes de fermeté de la suspension et le choix du type de motricité nécessaire aux déplacements hors-route (car il faut mentionner que pour 2020, le «nouveau» GX 460 est livré avec les commandes hors-route et l’aide à la conduite  plus sécuritaire en équipement de série). À noter l’absence des prises pour AppleCarPlay et Android Auto. Le levier servant aux commandes du régulateur de vitesse adaptatif (standard) est plutôt mal placé en angle sous le volant.

Le tableau de bord a un design qui commence à dater mais ses commandes sont bien disposées.

(Photo Éric Descarries)

Les sièges baquets avant de ce Lexus incluent plusieurs ajustements dont la pompe lombaire et ils peuvent être confortables lors d’une longue randonnée…jusqu’à un certain point. Car, c’est à cela que m’a servi le GX 460 et j’ai trouvé le coussin du siège du conducteur plutôt dur. Toutefois, les sièges du centre (qui sont légèrement relevés pour une bonne visibilité extérieure) présentent un coussin encore plus dur qui pourrait devenir inconfortables sur une longue distance. Enfin, les deux dernières places de la troisième rangée tout à l’arrière ne sont vraiment pas faites pour de longues distances ni pour de grandes personnes. Et il faut vraiment faire de l’acrobatie pour les atteindre. Oui, le GX 460 est à sept passagers mais je dirais plutôt que c’est un 5 + 2 car ces dernières places ne sont que des sièges d’appoint.

Les places arrière peuvent avoir leur propre centre de divertissement (les écrans sont dans les dossiers des sièges avant)

(Photo Éric Descarries)

La troisième rangée de sièges n’est pas facile à atteindre et ceux-ci sont peu accueillants.

(Photo Éric Descarries)

Les commandes des modes de conduite sont au centre de la console.

(Photo Éric Descarries)

Si l’on regarde aux capacités de chargement de ce VUS, je dirais qu’elles sont limitées. Au départ, on ne peut pas dire que l’espace cargo est caverneux, loin de là. Il saura être pratique si l’on rabat les dossiers des places tout à l’arrière. Mais si ceux-ci sont relevés, l’utilisateur ne pourra pas profiter d’un grand espace puisqu’il reste à peine quelques centimètres de plancher disponibles, à peine de quoi y placer deux minces valises debout. Mon véhicule d’essai avait une toile cache-bagages pour l’arrière mais on ne sait plus où la ranger si l’on utilise la troisième rangée de sièges! Et le seuil de chargement est passablement élevé…

Il n’y a pas de hayon, c’est une porte. L’espace de chargement y est acceptable avec les dossiers des derniers sièges (à commande électrique) y sont rabattus.

(Photo Éric Descarries)

Si les dossiers de la troisième rangée sont en place, il ne reste pas beaucoup de place pour les bagages.

(Photo Éric Descarries)

L’intérieur de la portière contient les outils du cric.

(Photo Éric Descarries)

Toutefois, la finition intérieure est impeccable et le choix des matériaux est agréable au toucher. On y reconnaît un travail supérieur à bien des véhicules de la concurrence. Il n’y a que la toile coulissante du toit ouvrant en verre que j’ai trouvée «cheap». On dirait que c’est un simple morceau de carton recouvert de tissu que l’on doit tirer ou repousser…à la main (ce qui est devenu rare sur les véhicules de luxe de ce créneau!).

Le moteur V8 de conception ancienne, il faut l’avouer, est caché sous un couvercle de plastique.

(Photo Éric Descarries)

Si l’on s’arrête aux spécifications mécaniques, on constate que sous le capot se cache (littéralement) un moteur V8 (atmosphérique) à essence de 4,6 litres à double arbre à cames en tête qui développe à peine 301 chevaux et 329 li-pi de couple ce qui suffit à déplacer la grande caisse de ce Lexus mais qui peut souffrir un peu en performances vu le poids élevé du véhicule (plus de 5100 livres). Disons que ce n’est pas un moteur très récent. Mais, avec sa boîte à six rapports (les véhicules de la concurrence peuvent avoir de sept à dix rapports) et sa traction intégrale, il est quand même capable de tirer une remorque allant jusqu’à 6500 livres. Incidemment, Lexus recommande l’essence Super pour ce V8 alors que le réservoir d’essence ne contient pas beaucoup de carburant (72 litres ce qui donne à ce VUS une autonomie qui tournera autour des 500 km si les déplacements sont sur autoroute).

La direction est à crémaillère alors que le freinage se fait par quatre disques. La suspension avant est indépendante alors qu’à l’arrière, Lexus a conservé le pont rigide original du 4Runner. Mon véhicule d’essai avait la suspension arrière pneumatique optionnelle. Ce GX 460 était chaussé de pneus toutes saisons Dunlop (de fabrication japonaise sous l’égide de Sumitomo) qui étaient certes plus appropriés à la conduite sur pavé qu’aux excursions hors-route.

Sur la route

Malgré le fait que Toyota aime bien que l’on vante les capacités hors-route du GX 460, je tenais plus à le conduire sur une grande distance ce à quoi ce véhicule est surtout destiné.  En vérité, je croirais plus que l’acheteur de Lexus GX 460 recherchera sa capacité de traction dans la neige et l’équipera des pneus en conséquence.  Je douterais qu’un proprio de GX le lance dans des sentiers exigeants surtout qu’il est équipé de carénages et marchepieds qui accrocheraient partout.

J’ai donc utilisé ce GX 460 pour un voyage de Laval à Amos au nord du Québec. Cela voulait dire beaucoup d’autoroute et de routes plus ou moins secondaires. Cela voulait dire aussi des heures au volant d’une camionnette d’ancienne génération mais adaptée pour aujourd’hui.

Première constatation, le véhicule n’est pas un «foudre de guerre». Ses accélérations sont honnêtes mais il lui faudra de huit à neuf secondes pour atteindre la vitesse de croisière permise, soit 100 km/h. De plus, pour dépasser, les reprises sont bonnes mais elles peuvent être un peu laborieuses si la route est en pente ascendante.  Toutefois, en vitesse de croisière, on y constate un silence et une douceur de roulement difficiles à trouver sur d’autres véhicules. Lorsqu’il roule avec le régulateur de vitesse adaptatif, la boîte de vitesses rétrograde souvent dans les pentes ascendantes.

Cependant, en ce qui a trait à la tenue de route, il faut se souvenir que l’on est au volant d’une camionnette…et d’une camionnette de conception un peu ancienne. La direction est légèrement floue et nécessite de la correction au fur et à mesure que la route se présente. Ce Lexus a droit à trois types de fermeté de suspension soit la version de grand confort (ce qui peut être agréable en situation urbaine), régulière (celle que j’ai utilisée pour mon long voyage) et «sport» qui se veut plus ferme mais que je ne considère pas nécessaire à moins de vouloir «brasser» cette grande caisse ce qui ne devrait pas apporter grand satisfaction au «pilote». Il y a aussi une commande pour les déplacements hors-route du véhicule, ce à quoi je reviendrai plus loin. Autrement, sur une longue route, le Lexus GX 460 est un compagnon de voyage agréable qui procure à la fois douceur et silence de roulement dans un confort remarquable avec une visibilité appréciable (sauf pour la vue arrière si la dernière banquette est en place et que les appuie-tête sont relevés).

Mais, pourquoi voudrait-on en faire un véhicule hors-route agressif? Je me le demande, surtout lorsqu’il est livré avec des pneus plus destinés à de longs voyages qu’à des excursions hors-route, aussi limitées soient-elles? C’est à quoi sert cette commande de choix de motricité hors-route à la console…Mes excursions hors-route se sont limitées à des déplacements sur route de gravier et sentiers privés peu exigeants. Évidemment que la traction intégrale serait des plus appréciées en hiver avec les pneus appropriés. En situation urbaine, le GX 460 peut sembler un peu encombrant mais avec des dimensions quand même raisonnables ce qui le rend relativement facile à garer. Il y a même une caméra que l’on peut mettre en action dans la calandre pour vérifier ses distances.

Toyota Canada a créé cette version «off road» de son Lexus GX 460 pour les grands Salons.

(Photo Toyota Canada)

Ce Lexus est modifié à l’extrême, oseriez-vous?

(Photo Toyota Canada)

Si la consommation peut sembler un peu élevée en ville, sur une longue distance, le V8 n’est certes pas si gourmand. Pour un voyage où j’ai accumulé plus de 1000 km, j’ai obtenu une moyenne de 10,88 l./100 km alors que l’ordinateur de bord indiquait …10,9 !

En ce qui a trait au prix, celui du GX 460 ressemble à ceux des véhicules de la concurrence dont les Porsche Cayenne, Audi Q8, Lincoln Aviator et ainsi de suite. Le prix de base est de 75 950 $. Les options du groupe Exécutif qui équipaient mon véhicule d’essai incluaient des rétroviseurs électrochromiques, une glacière au bloc central avant, le système de divertissement arrière, la caméra dans la calandre, le refroidisseur de liquide de transmission et autres qui ajoutaient 6000 $ à la facture Toyota ajoute quelques petits autres écofrais dont celui de la taxe fédérale de 100 $ pour la climatisation et les 2075 $ de transport et préparation pour un grand total de 84 156, 41 $ !

S’il est vrai que le Lexus GX 460 conserve une ligne un peu «rétro», je suis sûr que le grand VUS saura attirer des amateurs de la marque qui veulent bien lui reconnaître de nombreuses qualités de finition, de fiabilité et de robustesse. Mais je ne suis pas certain qu’ils le choisiront comme véhicule tout terrain. Après tout, risquer d’endommager une camionnette de ce prix, ne serait-ce que par des branches d’arbre s’y frottant! Mais, quand même, le GX 460 ne passera pas inaperçu…

Et pourquoi pas l’Abitibi ?

Cette période de pandémie aura changé le choix des Québécois qui aiment voyager en été. Plusieurs d’entre eux auraient peut-être choisi les routes du sud, les plages des côtes américaines des États-Unis, voire même plus au sud encore. Cette année, il est presque interdit de traverser les frontières. Donc, nos amis automobilistes auront choisi des destinations québécoises que je qualifierais de «traditionnelles», Québec, la Gaspésie, peut-être la Mauricie ou les Cantons de l’Est. Par contre, on entend rarement parler de l’Abitibi ! Pourtant, il y a tellement à voir et à faire dans cette région de notre province!

Comme mentionné dans ma description du Lexus GX 460, je me suis dirigé de Laval vers Amos en Abitibi. Pour m’y rendre, j’ai d’abord pris l’Autoroute des Laurentides (la route 15) jusqu’à ce qu’elle se transforme en route provinciale 117. J’ai donc passé au travers Tremblant, Labelle, Lac Saguay (où il y a un superbe arrêt où pique-niquer sur le bord d’une petite rivière), Mont-Laurier (un peu plus achalandé que je croyais), Grand-Remous et surtout le grand parc provincial de La Vérendrye, une superbe route d’environ une heure trente qui traverse un incroyable région boisée sauvage parsemée de lacs (avec quelques arrêts pour y casser la croute) qui nous mène finalement à la région de Val d’Or (avec son paysage minier unique). De là, j’ai quitté la 117 pour prendre la 111 vers Amos (attention, il faut ralentir dans les petits villages!) où le visiteur prendra connaissance d’une région spéciale plus axée vers les sports extérieurs malgré ses attractions intéressantes.

La ville d’Amos est traversée par la rivière Harricana ce qui invite aux activités extérieures.

(photo Amos)

La ville d’Amos n’est pas des plus grandes de la province mais elle a ses caractéristiques dont la rivière Harricana sur laquelle on peut naviguer, une cathédrale unique au Québec, un centre-ville intriguant avec plusieurs restaurants et quelques hôtels très bien tenus (dont l’Amosphère que j’affectionne personnellement). Évidemment, on ne peut passer sous silence le fameux Refuge Pageau, une sorte de mini-zoo qui demande presque deux heures de visite et où l’on verra des animaux sauvages non pas en captivité mais hébergés car la plupart ont déjà été blessés ou abandonnés tout jeune!

Le refuge Pageau est une des plus intéressantes activités de la région d’Amos. On peut y voir des animaux de toutes grandeurs non pas en captivité mais en hébergement car ils ont été blessés ou abandonnés alors qu’ils étaient bébé. Certains animaux sont en liberté au travers les sentiers des visiteurs. (Photo Refuge Pageau/Marie-Frédérique Frigon) Les amateurs de plein-air aimeront cette région pour ses activités sur l’eau (apportez votre canne à pêche) ou dans la forêt. Il y a même des endroits de camping organisé ou sauvage. Donc, voilà une suggestion intéressante qui devrait vous donner un peu plus de goût de l’aventure dans notre propre province !

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Éric Descarries
Chroniqueur
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