La nouvelle tendance !

Crédit photo : Éric Descarries

Dodge Durango SRT, Batmobile, Mustang et Nissan

Comme je l’ai annoncé la semaine dernière, ça repart! J’ai recommencé à conduire des «véhicules de presse» pour en faire l’évaluation, ce que je fais depuis plus de 35 ans! Mais ce que c’est incroyable ce que cette profession a changé. Et le «confinement» est venu lui donner un solide coup qui pourrait avoir des conséquences au cours des prochains mois.

En effet, malgré ce temps d’arrêt inattendu en plein durant une progression incroyable du marché automobile, le mouvement que je craignais a repris de plus belle. Si vous étiez un mordu de l’automobile avant le «confinement», vous deviez voir venir un incroyable raz-de-marée de camionnettes et de VUS qui allait submerger celui des automobiles. Eh bien, il est passé, ce «tsunami». Maintenant que les concessionnaires peuvent accueillir leurs clients presque sans restrictions, force nous est de constater que le segment des camionnettes de tous genres et de tous gabarits est à déplacer celui des automobiles!

Notez que je fais partie des responsables de cette nouvelle tendance. Depuis des années que je fais la promotion des véhicules «utilitaires» malgré le fait que je sois un amateur de sports motorisés et de voitures sportives. Avec le temps, l’auto est devenue une sorte de démonstration de son statut social. Ironiquement, alors que dans le passé, démontrer son «statut social» se faisait au volant d’une berline Lincoln, Cadillac, Mercedes-Benz ou même Bentley ou Rolls-Royce, de nos jours c’est aux commandes d’un VUS ou d’un VUM des mêmes marques que cela se fait. Mais pour les amateurs de sportives?

Ouaip! C’est exactement le même phénomène! Il fut un temps où les autos sportives n’étaient que des  coupés ou des roadsters à deux places avec des moteurs puissants. Ce n’en est plus nécessairement le cas aujourd’hui. La preuve? Il est désormais possible de se procurer un pick-up de performance, même en version hors-route comme le Ford F-150 Raptor ou encore un VUS à traction intégrale avec un moteur de plus de 400 chevaux comme un Jeep Grand Cherokee SRT ou…un Dodge Durango SRT !

Le grand VUS Durango de Dodge est disponible en version de performance SRT.

(Photo Éric Descarries)

Un Durango SRT? Oui, c’est exactement ce que je conduisais cette semaine. Ce n’est pas la première fois que je mets la main sur un Durango de performance. En fait, je ne vois pas pourquoi, comme tellement de jeunes «spécialistes» le font, je critiquerais un Durango de performance? Après tout, nos amis allemands n’ont-ils pas «imité» les constructeurs américains en créant non seulement d’imposants VUS mais aussi des utilitaires à moteur V8 performant (ce qui ne se serait pas vu il y a environ vingt-cinq ans)?

Le Durango SRT vu de l’arrière à mon endroit de photo préféré, la marina Commodore à Laval.

(Photo Éric Descarries)

J’ai donc conduit un Durango SRT au cours des derniers jours. Et je ne vois pas pourquoi je dénigrerais ce VUS de performance face à sa concurrence européenne. Surtout que le prix, malgré qu’il soit élevé, y est très concurrentiel! Pour avoir un véhicule «concurrentiel», il faut opter pour un BMW X5 M de quelques 600 chevaux qui demande un V8 de 4,4 litres avec DEUX turbos pour en arriver à une puissance «compétitive».

Parce que le Dodge Durango SRT ne propose «qu’un» «vulgaire» V8 de 6,4 litres à culbuteurs qui «ne» fait que 475 chevaux et 470 li-pi de couple SANS turbocompresseur! Ce moteur (que les amateurs de la marque reconnaîtront comme étant un légendaire HEMI !) vient avec la boîte automatique à huit rapports et la traction intégrale. Il n’est pas question, ici, de dénigrer le véhicule allemand mais plutôt de «justifier» les caractéristiques d’un véhicule américain équivalent qui vaut la peine d’être considéré. Il est grandement temps d’arrêter de considérer les VUS de performance américains comme étant destinés aux acheteurs avec des gros bras avec des tatouages tandis que l’on voudrait croire que les véhicules européens équivalents le soient qu’aux gens «distingués» (pseudo) connaisseurs de belle mécanique.

Ce n’est pas la première fois que je traite du Durango SRT. Au départ, le Durango est un véritable succès sur le marché. C’est un VUM capable d’accueillir jusqu’à huit personnes à son bord. Curieusement, alors que FCA ne peut nous proposer un Jeep Grand Cherokee à six ou sept passagers, ce VUS partage sa plateforme avec celle du Durango, celle-ci étant issue d’une configuration partagée avec celle des grands VUS Mercedes à l’époque où Chrysler en était le partenaire! Et cette plateforme permet la configuration de six à huit passagers!

Revenons-en donc à mon Durango d’essai. Celui-ci affichait une ligne qui n’a pas changé depuis bientôt une dizaine d’années. Toutefois, elle demeure d’actualité comme le prouvent les ventes qui placent le Durango parmi les «bons vendeurs» de FCA après les pick-up Ram et les Jeep. La version SRT se reconnaît à ses deux lignes de couleur contrastante (optionnelles) sur la carrosserie et surtout à son capot unique avec des prises d’air très visibles.

Le tableau de bord reprend l’instrumentation variable de FCA qui peut changer selon les besoins du «pilote»…

(Photo Éric Descarries)

L’intérieur de ce Durango est en tous points semblables à celui d’un Durango régulier sauf pour l’instrumentation élaborée qui est gérée par les choix au tableau de bord. En effet, avec ces commandes, il est possible d’obtenir une instrumentation spécifique incluant un compteur de vitesse qui va jusqu’à 300 km/h !

Ce qui est intéressant, c’est que les configurations techniques de ce Dodge peuvent être modifiées par des commandes électroniques disponibles sur l’écran central qui peuvent modifier le comportement du grand VUM Dodge le modifiant de véhicule de tourisme à un véritable «char de course». Il y a même le système «Launch» qui permet des accélérations époustouflantes sans patinage des roues. Mais il faut placer cette commande en conséquence pour ce faire! Ah oui! Cet écran central est aussi celui du système Uconnect de FCA qui est reconnu pour être un des plus efficaces et des plus conviviaux de l’industrie!

Les sièges du centre (des baquets optionnels dans ce cas) sont très confortables et procurent beaucoup d’espace aux passagers. Ce que l’on ne voit pas ici, ce sont les petits écrans dans le dossier des sièges. Ils auraient dû être déployés pour la photo.

(Photo Éric Descarries)

Autrement, ce modèle de Durango est reconduit avec un intérieur confortable et surtout bien aménagé. Les deux sièges d’avant sont des baquets confortables séparés par une console centrale avec bras de vitesse conventionnel (au lieu du bouton rotatif pourtant courant chez les camionnettes de FCA). Les places arrière (des baquets dans le cas de mon véhicule d’essai) sont aussi accueillantes (je m’en suis servi avec ma femme lors d’un petit lunch à une «pizzeria» dans le nord laurentien) avec des places généreuses et la possibilité, dans le cas de l’option disponible dans mon Durango d’essai, d’y avoir des écrans de télé dans le dossier des sièges d’avant. Enfin, la troisième banquette tout à l’arrière peut asseoir deux passagers, de préférence des enfants dans un certain confort. Évidemment, avec tous les sièges en place, on y perd un peu au point de vue chargement arrière. Mais, comme vous pouvez vous en douter, une fois les dossiers repliés, on obtient un bon espace pour le cargo!

La troisième banquette (divisible, comme vous pouvez le voir) procure quand même suffisamment de place pour ses occupants…surtout si ce sont des enfants!

(Photo Éric Descarries)

L’espace pour le cargo n’est pas si restreint que cela même avec la troisième banquette bien en place. Toutefois, il est caverneux avec les dossiers rabattus.

(Photo Éric Descarries)

Sous le capot

Le moteur V8 à essence qui animait ce Durango SRT était un V8 HEMI de 6,4 litres qui n’a plus besoin de présentation. Ce très fiable moulin typiquement américain (donc, auquel on peut se fier!) développait 475 chevaux et 470 li-pi de couple et tout cela, je le répète, SANS turbo ou compresseur mécanique. Il était combiné à cette boîte automatique à huit rapports (développée par FCA avec le manufacturier allemand ZF ce qui me fait sourire un peu car, après tout, les constructeurs américains, inventeurs de la transmission automatique, ne ont-ils pas donné des boîtes auto fiables depuis des dizaines d’années?) et à la traction intégrale, comme sur une Jeep! Ce Durango était aussi équipé de freins Brembo très puissants et de pneus Pirelli de performance.

Une image que les amateurs de Dodge aiment voir! Un HEMI 392 !

(Photo Éric Descarries)

Sur la route

Évidemment, comme vous vous en doutez, conduire le Dodge Durango est un véritable petit plaisir, même si c’est un véhicule imposant! Je me doute que bien des amateurs de petites européennes sportives viendront m’obstiner mais, dans le cas du Durango, pour faire un long voyage, il est difficile de trouver mieux. Cette camionnette Dodge a tout ce que l’on recherche, look, espace, puissance et performance. Bien entendu, il est plutôt difficile de battre des records d’économie de carburant lorsqu’il est question d’un VUS de quelque 5500 livres avec un V8 de 475 chevaux. Mais avec une moyenne de 14,8 l/100 km à la pompe (alors que le constructeur en annonce une moyenne de 15,6) n’est pas si mal surtout si l’on sait que l’on peut disposer d’une capacité de remorquage de plus de 7000 livres! Et que dire d’un temps de moins de six secondes pour passer du point mort à 100 km/h en accélération! Évidemment, voilà un véhicule très agile en situations hivernales si on l’équipe des pneus d’hiver appropriés!

Une petite sortie en direction d’une de mes pizzerias préférées à Val David (petite plogue en passant) m’a permis de renouer avec le Durango SRT.

(Photo Éric Descarries)

J’entends déjà les puristes de l’automobile qui m’obstineront qu’un tel Durango n’aura jamais la tenue de route d’une petite sportive. Je suis d’accord avec eux…mais où trouve-t-on vraiment des routes locales pour mettre un tel véhicule à l’épreuve? En fait, c’est possible…dans la région de Saint-Sauveur en montant vers le nord. Mais alors, vous serez seuls à tenter une telle expérience. Toutefois, c’est possible et vous seriez surpris de constater comment la direction plus ou moins lente mais le freinage très efficace d’un Durango SRT vous surprendront! De plus, si vous utilisez le levier de vitesses pour le frein-moteur (ou les palettes au volant après les avoir activées), vous pourrez conduire ce véhicule comme un vrai «sports car»…un sports car un peu lourd mais…

Les sièges de cet imposant VUS sont plus confortables que l’on puisse l’imaginer et ils offrent un support plus efficace que prévu. Et la visibilité y est très bonne J’aurais bien aimé essayer ce Durango sur piste (il y a des fonctions appropriées à ce genre d’exercice sur les commandes du Durango…il n’y a qu’à les activer à partir de l’écran au tableau de bord…incluant la fonction «Launch» qui vous permettra de faire des courses d’accélérations…). Mais est-ce vraiment sa place? Jusqu’à un certain point, peut-être (surtout grâce aux pneus Pirelli P Zero !) mais en vérité, je crois que les amateurs de tels VUS apprécieront le Durango SRT non pas pour des fonctions spécifiques mais pour son comportement dans l’ensemble…et pour le son mélodieux des échappements.  Ah oui! Il ne faut pas oublier que ce Durango partage la même plateforme que le Jeep Grand Cherokee ce qui lui confère certaines capacités hors-route. Disons qu’avec les pneus Pirelli de performance, ce n’est pas la solution idéale pour se retrouver hors-route. Mais n’est-ce pas agréable de savoir qu’au cas où….ce serait toujours possible? Surtout en hiver…  

En situation urbaine, le Durango est un peu encombrant. Mais il faut mentionner qu’il est relativement agile grâce à un rayon de braquage serré disponible par sa direction pointue.

La seule ombre au tableau en serait le prix. Un Durango SRT à traction intégrale débute à 74 395 $. L’ensemble Technologie (aide à la conduite) vous coûtera 950 $ de plus (mais si vous aimez la conduite sportive, en avez-vous vraiment besoin?), l’ensemble de divertissement pour passagers d’arrière (écrans vidéo) vous en coûtera 2150 $ alors que la décoration intérieure SRT vous arrachera encore 3250 $. Mais l’attelage de classe IV avec ses avantages électroniques ne vous coutera que 825 $ ! Le freinage Brembo très puissant vaudra 1295 $ de plus mais tout l’intérieur ultraspécialisé SRT de 3250$, la console centrale arrière de 250 $, les ceintures de sécurité rouges de 95 $ et la stéréo Harmon Kardon de 1995 $ pourraient être à considérer. Si vous aimez les bandes bleues qui passent sur la carrosserie, sachez qu’elles vous coûteraient 1495 $ de plus alors que la surveillance des angles morts exige un déboursé supplémentaire de 500 $ ! Enfin, il faudra se plier aux exigences fédérales d’un écoprélèvement de 1000 $ (!) et cette taxe toujours aussi insidieuse de 100 $ pour le climatiseur. Ah oui! Il ne faut pas oublier les 1895 $ de frais de transport et de préparation ce qui nous mène à 90 195 $… plus taxes.

Il y a plusieurs autres formes de Durango dont celle de base mue par le V6 Pentastar de quelque 305 chevaux. Sans être spectaculaire, ce grand VUS de Dodge joue un rôle important sur le marché car il répond aux attentes de bien des amateurs de VUS à traction intégrale capable non seulement de transporter de six à huit personnes mais aussi de tirer des remorques de quelque 7000 livres tout en respectant un niveau de consommation intéressant. Je pourrais vous en parler longtemps car c’est ce genre de Durango que ma propre fille utilise avec son conjoint pour leurs déplacements incluant une caravane de quelque 27 pieds! C’est toujours plus captivant de parler ou de lire sur des VUS «importés» qui seraient capables de briser des records de vitesse à plusieurs niveaux. Mais, en vérité, pourquoi un VUS nord-américain ayant toutes les mêmes qualités que ces camionnettes étrangères mais à un prix plus abordable avec un service plus facilement abordable n’aurait-il pas droit à une certaine reconnaissance? C’est un peu le cas du Durango, surtout dans sa finition SRT!  

Et d’une autre Batmobile…

Au cas où vous ne le sauriez pas, il y a une autre version d’un film de Batman qui soit en préparation. Et cela, évidemment, signifie qu’il y aura une nouvelle Batmobile en vedette. J’aurais voulu vous la présenter la semaine dernière mais, j’en avais plein les bras. La voici donc cette semaine. Elle affiche une ligne qui serait basée sur un «muscle car» moderne (ne dirait-on pas le toit d’une Challenger ?) avec un moteur central et…des exagérations typiquement «batmobiliennes» ?

La toute nouvelle Batmobile à venir.

(Photo TheBatRobert/Twitter)

Une berline Mustang?

De toutes les autos sur le marché, il semble que la Mustang soit celle qui soit la plus sujette aux rumeurs. Après celle de la Mustang électrique (maintenant confirmée), voici celle de la Mustang en configuration berline…Est-ce possible? Comme le disent nos amis américains…«It’s all in the name».

D’autres nouvelles de Nissan

Pour faire suite à mes commentaires de la semaine dernière sur Nissan et sa division Infiniti, on apprenait cette semaine que le constructeur Nissan, qui connaît sa part de problèmes à se tenir la tête hors de l’eau sur le marché nord-américain, aurait décidé de mettre un terme à son aventure dans le domaine des fourgonnettes de livraison en Amérique du Nord. Donc, bye-bye NV (1500, 2500 et 3500), du moins celles de pleine grandeur quoique je ne serais pas surpris de voir les plus petites NV 200 disparaître aussi. Il faut dire que la domination des Ford Transit (bientôt livrable en version électrique) et Transit Connect n’a pas aidé la cause de Nissan! J’espère vous donner des nouvelles plus optimistes de Nissan dans le futur!

C’est déjà la fin pour l’aventure de Nissan dans le créneau des fourgonnettes!

(Photo Nissan)

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Éric Descarries
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