Le Félin rugit enfin

Crédit photo : Malcolm Griffiths LAT

Première manche européenne de la saison de Formule E, le ePrix de Rome se tient dans des conditions incertaines dès les premiers tours de roues en séance libre. Quelques changements de pilotes ont lieu. Chez Jaguar, Nelson Piquet claque la porte après les contre-performances en début de saison. Et du côté de Dragon, Max Günther fait un retour dans le baquet de Felipe Nasr qui court dans une autre série.

La séance de qualification commence sous le soleil, mais rien de significatif se produit en piste à l’exception des ennuis d’Alexander Sims qui doit s’arrêter en piste. Un Top 6 surprenant sort au bout des 4 segments de qualifications, dont les deux Dragon et une Jaguar, deux équipes en difficulté depuis le début de la saison.

Entre Q4 et la Superpole, un peu de pluie s’abat sur la piste. Sébastien Buemi est le premier à braver l’adhérence précaire et réalise un temps 6 secondes plus lent que précédemment. Günther, Vandoorne, Lopez et Evans améliorent tous le meilleur temps en succession. Au tour d’André Lotterer, qui glisse et rate complètement le virage 13. C’est l’extase chez Jaguar, mais les célébrations sont de courte durée puisque l’Allemand bat le Néo-Zélandais par 36 centièmes de seconde. C’est la première pole position pour Lotterer.

Avant tout, il faut savoir que la zone d’activation du mode Attaque est située à la sortie du virage 6, un 90 degrés qui précède une longue section rapide, forçant les pilotes à prendre une ligne complètement à l’intérieur de la trajectoire. Mais le temps perdu est bien moindre qu’à d’autres endroits. Comme en Chine, le départ n’est pas tenu après le dernier virage, mais plutôt après le virage 12. La piste est mouillée pour le début des hostilités, mais il a cessé de pleuvoir.

C’est un départ !

Les rouges s’éteignent et les 22 pilotes partent sans encombre, sauf Günther qui manque de vitesse. Le premier virage après le départ est une épingle très serrée mais chacun passe sans endommager sa voiture, Lopez a cependant tourné trop large, perdant plusieurs positions. Plus loin, au virage 3, son coéquipier Günther glisse sur la piste mouillée et frappe le mur à deux reprises, lui faisant perdre sn aileron avant. À la chicane 11-12, Lopez entre en contact avec Sam Bird et la Virgin frappe solidement le mur, causant un bris de demi-arbre de roue.

C’est l’hécatombe à l’arrêt de bus, alors que Lopez, Vergne et Paffett sont impliqués dans une collision, alors que l’arrière de la HWA de Paffett a fini sa course par-dessus le train avant de la Techeetah de Vergne. La piste se trouvant ainsi bloquée, un drapeau rouge est sorti, le temps de libérer la zone. La reprise démontre que Lopez a perdu toute adhérence entre les virages 17 et 18 et que Paffett a dû freiner à la dernière fraction de seconde, faisant en sorte que Vergne lui a passé en dessous. Pendant l’arrêt, l’équipe Virgin en profite pour réparer la voiture de Bird, qui a réussi à la ramener aux puits. Paffett n’a pas cette chance et doit abandonner.

Après plus de 30 minutes, les voitures sont ramenées en piste derrière la voiture de tête. Dix pilotes activent leur mode Attaque avant le vert. Dès l’agitation de celui-ci, tout le monde garde sa place, les pilotes sont prudents. Après 2 tours, Frijns et Buemi restent côte-à-côte sur plusieurs virages, mais Buemi reste devant. À l’avant, Evans reste à une distance minimale de Lotterer, les deux s’échappant loin devant Vandoorne. Celui-ci reprend le terrain perdu et commence à talonner la Jaguar devant lui. Au même moment, les deux Venturi subissent des ennuis et doivent s’arrêter à moins de deux tours d’intervalle et Lopez reçoit une pénalité de passage aux puits pour avoir causé une collision.

Avec une dizaine de tours à faire, Evans profite de la fin de son mode Attaque et tente une manœuvre osée sur Lotterer et le dépasse à l’entrée de la chicane, lui laissant tout juste assez de place pour éviter le mur. Les commissaires lui émettront malgré tout un avertissement. Lotterer prend alors ses deux modes Attaque en succession mais il ne peut repasser devant Evans. Les positions demeurent inchangées malgré l’échec de Evans à activer le mode attaque à quelques tours de la fin. Il réussit néanmoins avec trois boucles restantes, lui donnant 225 kW jusqu’au drapeau à damier.

Mais l’inquiétude est palpable chez Jaguar, puisque Evans se fait demander de réduire le rythme afin de franchir la ligne d’arrivée après que le chronomètre atteigne 0:00 et ainsi ne pas compléter un tour de trop. Ce qu’il réussit, par moins de 2 secondes. Il remporte donc la victoire, sa première, et la première d’une Jaguar depuis leur entrée dans le championnat il y a 3 ans. Lotterer et Vandoorne complètent le podium. C’est un grand soulagement pour le Belge, qui a connu une saison de misère.

Il s’agit donc du 7e vainqueur en autant de courses, de 7 équipes différentes. Il ne reste qu’à souhaiter autant de diversité pour la suite de la saison, qui se passera à Paris le 27 avril prochain.

Résultats officiels :

  1. Mitch Evans (Jaguar)
  2. André Lotterer (DS Techeetah)
  3. Stoffel Vandoorne (HWA)
  4. Robin Frijns (Envision Virgin)
  5. Sébastien Buemi (Nissan e.dams)
  6. Oliver Rowland (Nissan e.dams)
  7. Lucas di Grassi (Audi Sport Abt Schaeffler)
  8. Jérôme d’Ambrosio (Mahindra)
  9. Antonio Félix da Costa (BMW Andretti)
  10. Pascal Wehrlein (Mahindra)
Mathieu Brière
Chroniqueur
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