La révolution en Formule E

Crédit photo : Formula E

La cinquième saison du Championnat FIA de Formule Électrique commence dès ce weekend dans le secteur historique de Dariya en Arabie Saoudite. La piste de 2.495 kilomètres accueillera les voitures électriques pour la première fois en levée de rideau pour la saison 2018-2019.

La nouvelle SRT05e est toujours conçue par le manufacturier italien Dallara et a un look beaucoup plus futuriste que la SRT01e utilisée depuis 2014. Les roues avant entièrement couvertes, l’aileron arrière de type CDG (laisse un trou d’air propre derrière la voiture, aidant le poursuivant à rester près) et l’apparition du Halo (obligatoire par la FIA) donnent un style unique à la nouvelle monoplace électrique. Le nouveau groupe de batteries fait 65 kg de plus que l’ancien, mais la voiture n’a gagné que 4 kg au total, pour atteindre 900 kg. Mais la nouvelle unité d’énergie permet aux batteries de tenir pour la durée totale de la course, soit 45 minutes, par rapport à seulement la moitié jusqu’en 2017-2018.

En parallèle, la puissance délivrée sera 25% supérieure, pour atteindre 250 kilowatts en qualifications. En mode course, le gain est encore plus important, atteignant 33% avec une sortie de 200 kilowatts. Le FanBoost (d’une durée unique de 5 secondes par course pour 5 pilotes votés par le public) fera monter la puissance disponible jusqu’à 250 kW. Cette performance accrue se fera sentir puisque le 0-100 km/h sera sous la barre des 3 secondes et la vitesse maximale passera de 225 à 280 km/h. Nouveau cette saison, le mode Attaque donnera un surplus de 25 kW pour une durée de 8 minutes par voiture, par course. Cela ajoutera un élément de stratégie et de non-conservation de l’énergie, forçant les pilotes à rouler plus doucement lors de certains segments de l’épreuve. Le freinage régénératif permettra d’emmagasiner 250 kWh.

Du côté des équipes, beaucoup de changements et de nouveaux venus sont de la partie. Voici un bref résumé de chacune des équipes présentes dans le championnat 2018-2019 de Formule Électrique.

Audi Sport Abt Schaeffler

Équipe de la première heure en Formule E, l’écurie Abt a toujours été aux avant-postes. Lucas di Grassi a terminé deuxième au championnat 2017-2018, après avoir été consacré champion l’année précédente à Montréal.

En revanche, son coéquipier Daniel Abt l’a eu beaucoup moins facile et a dû attendre au ePrix de Mexico pour remporter sa première victoire, pour ensuite récidiver chez lui à Berlin quelques mois plus tard. L’équipe d’usine Audi sera bien sûr à surveiller tout au long de la saison.

DS Techeetah

Après deux saisons en partenariat technique avec Renault, l’écurie Techeetah s’est tournée vers DS, ancienne division de Citroën. Passant de la cinquième à la deuxième position au classement en un an, Techeetah saura faire profiter les revenants Jean-Éric Vergne et André Lotterer de l’expertise technique de l’équipe.

Le Français Vergne, champion défendant cette saison-ci, a incidemment remporté sa première victoire en 2017 lors de la deuxième épreuve tenue à Montréal. L’Allemand Lotterer en est à sa deuxième saison en Formule E.

Envision Virgin Racing

Après quatre saisons avec Citroën comme partenaire, l’équipe Virgin s’est tournée vers Audi et utilisera le même groupe propulseur que l’écurie d’usine. Fidèle à l’équipe depuis la première course, Sam Bird tentera de poursuivre sur ses succès passés et sera épaulé par Robin Frijns. Ce dernier est de retour après une saison de pause.

Mahindra

Le constructeur indien Mahindra est en Formule E depuis le début. Des saisons en dents de scie, ponctuées par une troisième place au championnat des constructeurs en 2016-2017, ont marqué le parcours de cette écurie. L’Allemand Pascal Wehrlein fera ses débuts en FE à la deuxième manche, lié par contrat à Mercedes jusqu’au 31 décembre.

Pour prendre sa place à Dariya, Felix Rosenqvist fera son chant du cygne avant son arrivée en Indy Car. Dans l’autre monoplace, nous verrons le vétéran belge Jérôme d’Ambrosio, qui vient de quitter Dragon Racing avec qui il était depuis 2014.

Nissan e.dams

Connue sous le nom de e.dams Renault pendant 4 ans, l’équipe change de nom pour Nissan en cette nouvelle ère. Après avoir emporté les trois premiers titres constructeur, e.dams a perdu beaucoup de terrain en 2017-2018 en terminant cinquième malgré la constance de Sébastien Buemi.

Le champion 2015-2016 est de retour dans l’entité Nissan-Renault avec un nouveau coéquipier, le Britannique Oliver Rowland. Ce dernier a incidemment couru pour DAMS en F2 en 2017.

Jaguar

Première équipe d’usine 100% britannique inscrite en Formule E, Jaguar n’a pas eu les succès espérés à son arrivée. Au sein de l’écurie depuis le début, le Néo-Zélandais Mitch Evans a inscrit le seul podium de Jaguar à Hong Kong l’an dernier. Il est de retour cette saison-ci également, avec son coéquipier de l’an dernier Nelson Piquet Jr.

Le champion de la saison inaugurale a connu une saison 2017-2018 très difficile, comptant cinq abandons, mais trois 4e places. La nouvelle voiture les propulsera peut-être plus près des avant-postes.

Venturi

L’écurie monégasque en est aussi à sa cinquième saison, avec des débuts marqués par la spectaculaire cabriole de Nick Heidfeld à Pékin en 2014. Sans être en avant de façon régulière, l’équipe a quand même trois podiums à son actif, mais a dû se contenter d’un sommet à la sixième place au championnat 2015-2016.

Cette saison, un grand transfuge de la F1 arrive, soit le vice-champion 2008 Felipe Massa. Son coéquipier, le Suisse Edoardo Mortara, en est à sa deuxième saison au sein de Venturi.

NIO

Originalement connue comme étant China Racing, et ayant permis à Nelson Piquet Jr de remporter le championnat inaugural de Formule E, l’équipe NIO est en voie de reprendre la vitesse perdue lors des trois dernières saisons.

Fidèle au poste depuis l’An 2, Oliver Turvey est à nouveau au volant d’une des deux voitures de l’écurie. Son nouveau coéquipier est le Français Tom Dillman, qui a participé à trois épreuves l’an dernier chez Venturi.

Geox Dragon

Fondée en 2007 par Jay Penske, fils de Roger Penske, l’équipe Dragon Racing entre en Formule E en 2014. Après avoir fini vice-championne, avec notamment cinq podiums dont une victoire en 2014-2015, l’écurie a eu sa part d’ennuis depuis, n’inscrivant que trois podiums et une autre victoire en trois ans. Un nouvel alignement pourrait les relancer.

L’expérimenté José-Maria Lopez, qui a notamment inscrit un podium à Montréal, sera secondé par la recrue allemande Max Günther. Le jeune pilote de 21 ans sort de la F2, après avoir remporté une victoire et réalisé une troisième place.

BMW i Andretti Motorsport

Bien connue dans l’univers de la course, particulièrement en Amérique du nord, l’équipe Andretti a étendu ses activités en 2014 en s’inscrivant au premier championnat de Formule E. Après quatre saisons difficiles, l’écurie américaine a conclu un partenariat avec le constructeur allemand BMW, lui permettant ainsi d’accéder à la Formule E.

Nouveau dans le championnat, le Britannique Alexander Sims, un habitué des championnats GT et d’endurance, sera le coéquipier du Portugais António Félix da Costa. Ce dernier est un visage bien connu dans les paddocks de FE. Il ne faut pas s’attendre à des miracles en cette première saison pour BMW, mais leur évolution sera intéressante à surveiller.

HWA Racelab

Nouvelle équipe pour la nouvelle génération de la série, HWA est en fait une division de Mercedes-AMG qui a eu beaucoup de succès en DTM. L’arrivée officielle de Mercedes se fera par cette entité dans un an. D’ici là, la monoplace sera mue par un groupe propulseur Venturi.

Fort de son deuxième titre en DTM, Gary Paffett fait le saut en Formule E avec Stoffel Vandoorne, lui-même sorti de deux saisons difficiles chez McLaren en F1.

Mathieu Brière
Chroniqueur
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