Beau, chaud… et tout un spectacle
(Trois-Rivières, Québec) Quand j’étais jeune, il y a bien longtemps, mon père me disait souvent : « Ils parlent de moi à la météo. » Intrigué, je lui demandais pourquoi. Avec un sourire, il répondait : « Beau et chaud. » En ce magnifique samedi de juillet, il aurait toutefois pu ajouter : « Beau, chaud, humide et avec un peu de pluie. »
Malgré cette chaleur accablante, les nombreux amateurs présents sur le site n’ont pas manqué de courage. J’ai l’impression de me répéter d’une édition à l’autre, mais année après année, le Grand Prix de Trois-Rivières se déroule sous un climat chaud et humide. Une légère averse est bien venue rafraîchir l’atmosphère à un moment donné, mais rien qui puisse effrayer les passionnés de sport automobile.
NASCAR Canada

Deux courses qualificatives (sprints) ont déterminé l’ordre de départ de l’épreuve de 45 tours qui sera présentée dimanche. Avec une telle chaleur, la gestion mécanique devenait un enjeu majeur, particulièrement en ce qui concerne les freins et les pneumatiques.
Pourquoi tant parler des pneus? Tout simplement parce que les équipes présentes à Trois-Rivières n’avaient droit qu’à un seul ensemble de pneus pour l’ensemble du week-end. Chaque tour parcouru représentait donc une décision stratégique.
La deuxième course qualificative a offert une lutte spectaculaire entre les deux Alex, Guénette et Tagliani. Les deux pilotes se sont livré un duel intense, quitte à accélérer l’usure de leurs pneumatiques. Ils espèrent certainement que cette bataille ne viendra pas compromettre leurs performances lors de la course principale.
Dans la salle de presse, plusieurs observateurs s’attendaient à voir davantage de tours disputés sous drapeau jaune que sous drapeau vert. Les neutralisations étant comptabilisées parmi les quinze passages prévus pour ces épreuves, cette possibilité semblait plausible. Finalement, comme le disait un ancien capitaine de mon enfance, les sceptiques ont été confondus. Les deux courses se sont déroulées sans la moindre neutralisation. Une excellente nouvelle pour les équipes, qui pourront profiter d’un peu de repos avant l’épreuve dominicale.
Au terme des qualifications, Kevin Lacroix et Marc-Antoine Camirand, vainqueurs de leurs vagues respectives, ont obtenu l’honneur de mener le peloton vers le drapeau vert.
À vive allure
Avec 22 courses réparties sur trois jours, les temps morts étaient pratiquement inexistants. Un programme aussi chargé laissait peu de place à l’improvisation et tout le monde espérait que la pluie ne viendrait pas bouleverser l’horaire.
Même si la série NASCAR Canada demeure l’attraction principale du week-end, les autres catégories méritent également toute l’attention des spectateurs.
La série Radical Cup Canada constitue encore cette année mon coup de cœur. Ces petits prototypes sportifs permettent aux pilotes de s’affronter dans des conditions très équitables. Bien sûr, plusieurs facteurs peuvent influencer l’issue d’une course, mais dans cette série en pleine croissance, le talent du pilote demeure souvent l’élément déterminant.
La Coupe du Maire, malgré un peloton moins nombreux, a certainement fait tourner les têtes. Ce sont les voitures dont plusieurs rêvent de prendre le volant, ou encore de posséder après un gain au 6/49. Lamborghini, Ferrari, McLaren et Porsche ont fait rêver les amateurs présents dans les gradins.

La série Course Vintage Québec m’a également surpris. Je m’attendais à voir les concurrents ménager leurs montures afin de préserver ces véhicules de collection. Il n’en a rien été. Les passionnés de voitures anciennes ont roulé à fond de train, offrant un spectacle relevé tout en respectant leurs adversaires et leur équipement.
Super Production Challenge et Légendes modifiées
Depuis leur arrivée au Grand Prix de Trois-Rivières, les Légendes modifiées démontrent, année après année, qu’elles méritent pleinement leur place dans l’événement. Leur agilité et leur maniabilité sont parfaitement adaptées au tracé étroit et technique du circuit trifluvien.
La série Super Production Challenge est probablement celle à laquelle les amateurs peuvent le plus facilement s’identifier. Les différentes catégories permettent aux pilotes de démontrer leur savoir-faire tout en acquérant une précieuse expérience de compétition.

Conclusion
Cette journée de samedi a, une fois de plus, démontré pourquoi le Grand Prix de Trois-Rivières demeure un rendez-vous incontournable du sport automobile au Québec. Malgré la chaleur, l’humidité et quelques gouttes de pluie, les pilotes ont offert un spectacle de grande qualité, laissant présager une journée dominicale tout aussi captivante.
Que les dieux bénissent les rois de la course !







