Des projets plein la tête

Crédit photo : Chrisitian Gingras

Il y a un proverbe qui dit qu’on peut sortir la course du gars, mais pas le gars de la course. Il y a aussi la version qui indique qu’on peut sortir le gars de la course, mais pas la course du gars. Ouin, finalement en relisant les deux dernières phrases, j’aime mieux la seconde qui dit qu’on peut sortir un mec de la compétition, mais pas la compétition du mec.

Toute cette introduction un peu tordue pour dire que j’ai eu le plaisir de discuter tout dernièrement avec le jeune prodige beauceron Raphaël Lessard. Le but étant de connaître comment évoluent ses projets pour 2024, mais aussi comment vont les choses en général.

La course oui, mais ….

La vie de pilote est bien différente du côté nord de la frontière canado-américaine pour le jeune Lessard. Le train-train quotidien de 2024 est diamétralement opposé à ce qu’il était durant sa participation dans la série des Camionnettes de NASCAR en 2020 et en 2021.

Pour combler ses besoins essentiels et payer les factures qui s’y accompagnent, Raphaël travaille pour l’entreprise de transport qui appartenait jadis à son père. Nouveau propriétaire d’une habitation depuis juillet dernier, il doit gérer son temps entre son travail régulier, son rôle de représentant des produits XPN et la course automobile. Il se considère chanceux d’avoir un employeur compréhensif qui lui permet d’avoir des congés lorsqu’il doit répondre à ses obligations de pilote et de tout ce qui l’accompagne.

Une présence remarquée

Raphaël Lessard revient tout juste d’une excursion au Salon de l’auto de Montréal (pas tout à fait certain qu’on peut encore appeler cela un salon de l’auto dans le sens pur du terme, mais le but de ce texte n’est pas de débattre du sujet) durant laquelle il a annoncé sa participation dans la série NASCAR Canada pour les quatre épreuves tenues en sol québécois (je vais revenir là-dessus plus loin dans le texte).

Il est indéniable que le nom Lessard attire toujours les foules. Notre ami a eu la chance de signer des autographes et de rencontrer beaucoup d’admirateurs tout en représentant XPN qui le commandite depuis quelques années. Les journées semblent avoir passé très vite au fil des dégustations et des rencontres.

Les produits que représente Raphaël sont distribués dans plus de 300 points de vente au Québec avec une visée vers le marché canadien. L’entente avec XPN est bien simple, il obtient un pourcentage des ventes de certains produits qui lui sont remis sous forme de commandite. Pour son commanditaire, c’est une excellente façon d’avoir un retour sur l’investissement.

Lessard ne se le cache pas, le but est sur du long terme et l’objectif visé est de bâtir de quoi de solide. Le siège social de l’entreprise XPN est situé à Québec, son propriétaire est un passionné de course. En plus de Lessard, la société commandite Tommy Lemaire en drift.

Et pour la saison qui vient …

Mine de rien, le calendrier de courses de Raphaël Lessard pour la saison 2024 se remplit tranquillement, mais sûrement. Comme mentionné précédemment, Lessard est assuré de participer au 4 épreuves québécoises de la série NASCAR Canada. Cependant, le travail est toujours en cours avec l’option d’ajouter d’autres courses ou même d’être présent pour l’ensemble de la saison. En résumé, la recherche de commanditaire bat son plein.

Il ne faut pas oublier qu’il doit défendre son titre de champion dans la série ACT Québec. D’ailleurs le seul facteur qui ferait que cela deviendrait impossible est une participation à temps plein dans la série de sport automobile numéro un au Canada.

Bien entendu, il participera au défi urbain Chevrolet dans le cadre du Grand-Prix de Trois-Rivières tout en ayant en tête la possibilité de faire quelques épreuves sur terre battue.

Si vous avez vu dernièrement sur les différents médias sociaux le nouveau design des voitures commanditées par « Larue », dites-vous que Raphaël en est en quelque sorte responsable. D’un commun accord, suite à un appel de Louis Larue, la décision a été prise que les bolides de 2024 étaient pour être peinturés en blanc. Comme l’a dit la vedette de ce texte : « Blanc all the way ! ».

Une fin de semaine chargée !

Lessard devra arriver au GP3R en pleine forme, car durant cette fin de semaine, il prendra part à trois courses (deux au GP3R et une à Vallée-Jonction. Le samedi, il devra qualifier son bolide de la série NASCAR Canada en vue de la course du dimanche en plus de prendre part, en fin d’après-midi, à l’épreuve du défi Urbain Chevrolet.

Par la suite, il prendra la direction de Vallée-Jonction pour participer à une course de la série ACT. Il devra partir derrière le peloton puisqu’il ne pourra être présent à la séance de qualification. Il risque d’y avoir d’autres pilotes dans la même situation puisque quelques joueurs en ACT seront possiblement présents au GP3R. Par contre, si ces derniers ne participent pas au défi urbain, il sera peut-être plus facile pour ceux-ci de se déplacer en Beauce. Cela pourrait rendre le spectacle très intéressant à l’autodrome Chaudière avec plusieurs gladiateurs du bitume qui sont des acteurs importants qui devront partir derrière et remonter la meute pour terminer sur la plus haute marche du podium.

Faire honneur à sa réputation

L’oncle de Spiderman disait à son neveu en ignorant que celui-ci était un super héros : « Avoir grand pouvoir vient avec grande responsabilité ». C’est un peu ce qui vit Raphaël Lessard à chaque fois qu’il prend le volant d’un bolide de course. Il doit faire honneur à sa réputation en étant condamné à être premier.

Il est donc important de conserver l’image du gars qui roule en avant surtout du fait qu’il a passé quelque temps au niveau des ligues majeures. Donc pas le choix, il est pratiquement forcé d’être performant et ce, peu importe la série dans laquelle il roule. Il aime être associé à la victoire, une mauvaise saison pourrait nuire à la suite des choses et à un possible retour du côté de l’oncle Sam.

En 2023, en ACT il était conscient que son arrivée allait faire monter le niveau de compétition parce que les autres pilotes allaient tout faire pour le battre. Il faut dire qu’en tant d’individu, qu’il est habitué de naviguer en eau trouble. On a qu’à se rappeler en 2020 avec l’arrivée de la pandémie, période durant laquelle il débutait ses courses sans aucune pratique ni qualification. L’expérience acquise lui permet de s’adapter rapidement à une situation tant au niveau voitures ou circuits.

Un retour aux USA ?

On ne se le cachera pas, notre ami beauceron s’ennuie des États-Unis et de l’ambiance des grandes séries de NASCAR. Malgré le temps qui passe, il garde toujours l’objectif d’y retourner un jour. Son but, pour le moment, est de bâtir quelque chose de solide au Québec et d’aboutir à temps plein en NASCAR Canada pour peut-être ensuite s’aligner vers les États.

Il est nostalgique de son passage en camionnette, cependant ce qui lui manque le plus, c’est le niveau de compétition au niveau des « Super-Late ». Une voiture de 650 forces de moteur, de 2800 livres avec des suspensions nettement supérieures aux camionnettes. D’ailleurs, quand il a décroché sa victoire en « Super-Late » à Bristol, son temps autour était plus rapide que les voitures de CUP de l’époque. Il ne dirait pas non à un retour dans cette série surtout qu’il est possible d’être compétitif dans celle-ci sans nécessairement faire partie d’une équipe de pointe.

Raphaël garde toujours de bons contacts suite à son passage en sol américain. Des équipes lui écrivent pour l’avoir comme pilote, mais à condition de fournir les commanditaires et les fonds qui viennent avec. Quand il sera prêt, il pourra alors discuter avec les bonnes personnes pour faire un retour.

En conclusion

Raphaël Lessard contrôle ce qu’il peut contrôler. Qui sait, peut-être un jour le reverrons-nous démontrer son talent chez nos voisins du sud. Mais en attendant, il pilote sur les différentes pistes du Québec au plaisir de ses partisans et des amateurs de courses d’ici.

Que les dieux bénissent les rois de la course !

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