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La HRL se tourne vers l’avenir.

Crédit photo : Marc-André Rhéaume

Cette semaine, je vais vous parler d’un projet de recherche et développement que nous avons entamé l’an dernier, le moteur Honda que tous ont découvert aux dernières régates de Beauharnois.

Tout d’abord, je crois qu’il est pertinent de vous raconter comment la HRL en est venu à la conclusion de faire l’acquisition de deux moteurs Honda.

Depuis le début des années 80, la classe 2.5 Litres qui a aussi été connue sous le nom de la classe 145 utilise des moteurs Ford 2.3L.  Selon ce qu’on m’a raconté, Warren Haworth ainsi que Monsieur 145 Willard Wilson avaient activement participé au développement de ce moteur.  Plusieurs années ont passé sans qu’aucune évolution significative ne soit faite sur cette recette.  Il y a quelques années, dans les années 2010, autant la HRL et l’APBA (American PowerBoat Association), ont accepté les têtes de moteurs en aluminium.  Dans un premier temps, les têtes de fonte se faisaient rares et celles en aluminium augmentaient un peu les performances des bateaux.  De plus, selon les informations que je recueille ici et là, il semble que l’ensemble des pièces de cet engin Ford se font de plus en plus rares.

Bien que nous savions qu’un changement de moteur viendrait éventuellement, c’est lorsque le fournisseur des têtes d’aluminium a annoncé qu’il arrêtait la production de ce produit que le sentiment d’urgence s’est fait sentir.  Au bureau de direction de la HRL, nous avons commencé à regarder les options, que ce soit des modifications aux têtes actuelles jusqu’à l’implantation d’un tout nouveau moteur.

Après avoir regardé ce qui s’offrait à nous, la décision a été d’y aller avec la deuxième option, soit le nouveau moteur.  Mais quoi choisir ?  Nord-Américain ou importé ?  Suite aux recherches de notre comité technique, le moteur Honda s’est avéré notre choix pour quelques raisons.  C’est une technologie des années 2000, ce qui nous assure un bon approvisionnement de pièces pour longtemps.  Le fait aussi qu’il y a une personne en Nouvelle-Zélande qui utilise ce genre de moteur dans son bateau et ça semble bien fonctionner.  Finalement, on se rend compte que les jeunes d’aujourd’hui semblent être plus attirés vers les moteurs importés et pour nous, attirer des jeunes vers notre sport est très important.

Une fois notre choix fait, il fallait passer à l’action.  Vu l’urgence de la situation, la HRL a décidé de faire l’acquisition de deux moteurs dans le but d’avoir plus de données en plus de doubler les opportunités de faire des essais.  Il fallait maintenant deux équipes de courses qui étaient disposées à sacrifier une année de championnat pour nous aider à mener ce projet à terme.  Tommy Shannon, représentant des classes 2.5 Litres et Formule 2500 au bureau de direction de la HRL ainsi Mathis-Gabriel Chiasson, chapeauté par Patrick Haworth, ont accepté d’être les cobayes pour 2021.

Presque tout s’est passé comme prévu lors de l’assemblage du moteur.  Je dis presque tout car nous n’avions pas prévu qu’une boîte d’engrenages (gearbox) serait nécessaire.  Toutefois, après réflexion, ajouter une boîte d’engrenages, quoiqu’elle augmente un peu le coût du moteur, est plus économique à long terme, car nos équipes pourront simplement changer leurs combinaisons d’engrenages au lieu de changer des hélices, qui elles, sont assez coûteuses.

Dès le début du projet, le but n’était pas de faire un moteur beaucoup plus performant que les Ford.  Notre but était d’en arriver avec une nouvelle recette dont le résultat en HP serait similaire à ce que nous avions déjà.

À la fin de l’été 2021, nous avons mis nos moteurs sur un dynamomètre et le résultat a été assez satisfaisant.  Nous avons eu 177HP à 7000 RPM.  Le constat est donc que le Ford a plus d’accélération, mais le Honda perdra moins de HP dans les virages, ce qui veut dire que sur un tour complet, le Honda serait légèrement plus performant, mais nous aurons la possibilité de réduire la performance si on se rend compte que les deux moteurs Honda sont trop dominants.  N’oublions pas que le but n’est pas de détruire la compétition, mais d’avoir une solution de rechange pour les moteurs de plus en plus difficiles à construire.

En tant que membre du bureau de direction de la HRL, j’étais très anxieux de voir les performances de nos deux moteurs lors des régates de Beauharnois.  Ce grand moment a passé bien près d’être reporté.  En effet, un retard de livraison des boîtes d’engrenages ont fait passer une nuit blanche à nos deux équipes.  Imaginez-vous, elles ont terminé l’installation des moteurs à 5 heures du samedi matin pour ensuite se diriger vers les puits de ravitaillement pour leur première course qui devait avoir lieu aux alentours de 10h.  Chapeau aux deux équipes, elles étaient prêtes.

Compte tenu du peu de temps qu’elles ont eu pour se préparer et aussi qu’elles n’ont eu aucune chance de faire des essais avant la fin de semaine de course, nous avons été agréablement surpris de voir la performance de nos deux pilotes Honda.  Tommy Shannon a d’ailleurs récolté une deuxième position lors de la finale du samedi. En 2022, Tommy Shannon (F-4) et Mathis-Gabriel Chiasson (S-57) seront toujours nos deux équipes Honda.  Ce sera une année d’évaluation et une décision finale sera prise à l’automne 2022 quant au futur de ce moteur.  Nous sommes toutefois confiants que c’est la voie de l’avenir pour ces deux classes (2.5 Litres et Formule 2500).

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