Une soirée de gros blocs à la hauteur des attentes à Granby
Texte d’Éric Léveillée
Même si je ne serai pas parmi vous lundi soir, je tenais à vous partager mes impressions de cette soirée de vendredi à l’Autodrome Granby.
Au Québec, lorsqu’on voit le mot gros bloc sur une cédule de courses, on sait généralement à quoi s’attendre : des estrades bien remplies, une ambiance électrisante et un spectacle qui attire les amateurs. Cette fois-ci n’a pas fait exception.
Je dois toutefois avouer que mes attentes étaient mitigées avant le début de la soirée. Avec un programme composé uniquement de pilotes locaux, je me demandais si les conditions de piste pourraient permettre à des moteurs moins performants de rivaliser avec les favoris. Dès mon arrivée sur le site, le copropriétaire et promoteur Jean-François Tessier m’a rapidement fait changer d’idée. La surface de course, très humide en début de programme, annonçait une piste extrêmement collante et rapide.
Dès les qualifications, il était évident que certains pilotes avaient trouvé la recette. Michael Parent a littéralement survolé le circuit avec une prestation remarquable, tandis que Sébastien Gougeon a démontré dès sa troisième qualification qu’il serait un sérieux prétendant à la victoire.
Parmi les belles surprises des qualifications, le pilote Sportsman recrue Félix Julien a particulièrement retenu mon attention. Peu connu de plusieurs amateurs, il a offert une conduite presque sans faute pour terminer deuxième de sa qualification. Voilà assurément un pilote à surveiller dans les prochaines semaines.
Lightning Sprint
La finale des Lightning Sprint s’est déroulée à un rythme effréné. Et lorsqu’il est question de vitesse, difficile de ne pas penser à Keven Boucher-Carrier. Plus le rythme est élevé, plus il semble être dans son élément. Il a signé une performance digne des grands soirs.
Mention également à Xavier Lauzon et au vétéran Éric Sunborg, qui ont eux aussi offert un excellent spectacle.
La présence de seulement 16 voitures dans cette catégorie soulève encore quelques interrogations. Toutefois, avec l’arrivée du mois de juillet, tout indique que les plateaux devraient dépasser la barre des 20 voitures sur plusieurs pistes québécoises.
Modifiés : du grand spectacle
Quelle course ! Et je le répète : quelle course !
Les amateurs ont eu droit à du spectacle et à des rebondissements du premier au dernier tour.
Dès le départ, la voiture numéro 44 démontrait une vitesse impressionnante et semblait être la voiture à battre. Toutefois, la remontée de Sam Charland dans la voiture 41 a rapidement attiré l’attention. Parti de la 12e position, il est parvenu à dépasser Sébastien Gougeon avant qu’une crevaison ne vienne malheureusement mettre fin à ses espoirs.
S’il y a un pilote qui refuse d’abandonner, c’est bien Jérémy Roy. Malgré trois crevaisons au cours de la finale, il a réussi à revenir dans la lutte et à mettre de la pression sur les meneurs. Une démonstration de persévérance impressionnante.
Autre pilote qui a retenu mon attention : Martin Pelletier. Est-ce seulement une impression ou d’autres partagent-ils le même avis ? Il semble actuellement beaucoup plus à l’aise au volant d’un gros bloc que d’une voiture 358. Après ses performances récentes à Cornwall et à Granby, il est difficile de ne pas être impressionné. Malheureusement, un problème mécanique est venu mettre fin prématurément à ce qui s’annonçait comme une excellente soirée pour lui.
Quant au gagnant, Sébastien Gougeon a livré une prestation magistrale. Il possédait probablement la voiture parfaite, mais c’est surtout son calme lors des nombreuses relances qui a impressionné. Sans jamais perdre sa concentration, il a gardé le contrôle de la situation jusqu’au drapeau à damier. Une très grosse victoire.
Un autre pilote qui semble progresser semaine après semaine avec sa nouvelle voiture est David Hébert. On sent qu’il devient de plus en plus à l’aise au volant de sa voiture Troyer. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour atteindre le plein potentiel de cette nouvelle monture, mais les signes sont encourageants. D’ailleurs, il a été très intéressant de le voir lutter pendant quelques tours avec Félix Roy dans la voiture One. Quant à Roy, sa soirée semblait déjà compliquée alors que sa voiture dégageait de la fumée à plusieurs reprises. Plus la course avançait, plus il devenait évident que le moteur montrait des signes de faiblesse, avant de finalement sembler rendre l’âme en fin d’épreuve.
Sportsman : une soirée historique en perspective
La finale Sportsman présentait plusieurs scénarios fascinants.
La finale a également été marquée par l’impressionnant accident de Félix Murray. Victime d’un bris de conduite à l’entrée de la courbe no 1, le pilote s’est retrouvé sans contrôle et a percuté violemment le mur avant d’effectuer plusieurs tonneaux. L’incident a provoqué un moment d’inquiétude chez les amateurs présents, mais heureusement, Murray s’en est sorti sans blessure. Plus de peur que de mal pour le pilote, qui a vécu toute une frousse dans un accident spectaculaire.
Allions-nous assister à une première où un père et son fils remporteraient les finales Modifié et Sportsman la même soirée ? Ou encore voir une femme signer une victoire historique ?
Personnellement, j’étais partagé. Voir Daphné Hébert inscrire son nom dans l’histoire aurait été un moment marquant, tandis qu’une victoire de Raphaël Gougeon aurait permis un exploit familial remarquable.
Je peux vous confirmer que les tours menés par Daphné Hébert ont créé beaucoup de nervosité dans les gradins… et même chez ma fille Coralie !
Finalement, les Gougeon ont complété un impressionnant doublé dans leurs catégories respectives. Une première au Québec. Soulignons également l’excellente performance du Groupe Nissan Léveillée avec Jacob Nadeau, qui est remonté de la neuvième position pour compléter le podium, tandis que Daphné Hébert a terminé troisième.
Une très belle course du début à la fin.
Conclusion
Sous une température absolument parfaite, les amateurs ont eu droit à une excellente soirée de courses à Granby.
Cette soirée a également rappelé une réalité importante : il vaut parfois mieux avoir huit voitures capables de se battre pour la victoire que vingt-deux voitures offrant peu de compétition.
Une chose est certaine, le spectacle était au rendez-vous.







